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Détroit d'Ormuz : l'Iran dit avoir frappé 7 pétroliers, le Brent au plus haut depuis mai

Par Ibrahime StevePublié le •Actualités•0 vues
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Huit mois après le début de la guerre entre l'Iran d'un côté, les États-Unis et Israël de l'autre, le détroit d'Ormuz redevient le point chaud du marché pétrolier. Jeudi 22 octobre, Téhéran a revendiqué une série d'attaques contre des navires, aussitôt contestée par Washington. Entre les deux versions, les prix du brut, eux, ont nettement monté.

Ce que dit l'Iran

Selon la télévision d'État iranienne, citée par l'agence Associated Press, sept pétroliers ont pris feu ou ont été endommagés dans la nuit, frappés par l'Iran ou par des mines marines. D'après CBS News, les Gardiens de la révolution affirment avoir visé quatre navires qui transféraient du pétrole d'un bateau à l'autre dans le golfe Persique, en empruntant une route sud du détroit que Téhéran refuse. Trois autres navires auraient heurté des mines à l'ouest du détroit.

Ces informations n'ont pas été confirmées de façon indépendante. Ni AP ni CBS n'ont pu vérifier les chiffres, et aucun bilan humain n'a été communiqué. Si elles se confirmaient, ce serait, selon CBS, le plus grand nombre de navires endommagés en une seule journée dans le Golfe depuis le début de la guerre, le 28 février 2026.

Le centre britannique de surveillance maritime UKMTO, cité par AP, indique de son côté qu'octobre est déjà le mois qui compte le plus d'attaques signalées contre la marine marchande depuis mars, tout en précisant que certains armateurs hésitent à déclarer les incidents.

Trump parle d'attaques inventées

Le président américain a rejeté ces affirmations. Sur son réseau Truth Social, Donald Trump a écrit que l'Iran « fait tout ce qu'il peut pour faire monter le prix du pétrole avant les élections de mi-mandat », prévues aux États-Unis en novembre. Il assure qu'« il passe aujourd'hui plus de pétrole par le détroit d'Ormuz qu'avant le début du conflit », selon CBS News.

Côté iranien, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a déclaré le 21 octobre que des discussions indirectes se poursuivaient par l'intermédiaire de médiateurs, dont le Pakistan et le Qatar, tout en conditionnant tout retour à la table à la fin des sanctions et des pressions américaines. Washington maintient depuis le 14 juillet un blocus des ports iraniens, qui aurait empêché l'exportation de 25 milliards de dollars de brut iranien selon le commandement militaire américain CENTCOM, cité par CBS.

Le baril au plus haut depuis cinq mois

Sur les marchés, la réaction a été immédiate. Le Brent, la référence internationale, a gagné entre 3 et 4 % dans la journée pour atteindre environ 112 à 113 dollars le baril, son plus haut niveau depuis le 18 mai, selon CBS News. Le brut américain (WTI) a progressé de 2,8 %, à 99,80 dollars.

Pour mesurer l'enjeu, il faut rappeler qu'avant la guerre, environ 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié transportés par mer dans le monde passaient par ce détroit, qui relie le golfe Persique à l'océan Indien. Au printemps, le Brent avait dépassé 100 dollars pour la première fois en quatre ans et culminé autour de 126 dollars.

Ce que cela change pour l'Afrique

Pour la majorité des pays africains, qui importent leur carburant, un baril plus cher se répercute vite sur les prix à la pompe, le transport, puis l'alimentation. La Banque mondiale, dans sa dernière note sur l'Afrique subsaharienne publiée le 6 octobre, prévoit une hausse de l'inflation médiane de la région, de 3,7 % en 2025 à 5,5 % en 2026, sous l'effet de la hausse des prix mondiaux du carburant, des engrais et des denrées alimentaires. Elle avertit que de nouvelles tensions géopolitiques pourraient faire monter encore les prix des matières premières et fragiliser les budgets.

Le Fonds monétaire international se montre un peu plus rassurant. Dans ses Perspectives régionales d'octobre 2026, il table sur une croissance de 4,5 % en 2026 et 2027 et estime que l'ajustement de l'offre mondiale, les recettes d'exportation de certains pays et les réformes passées ont amorti le choc de la guerre. Mais il juge les risques « nettement orientés à la baisse », avec des réserves faibles dans de nombreux pays et peu de marge pour encaisser un nouveau choc.

Autre point de vigilance, cette fois pour l'Afrique de l'Est et la Corne : selon AP, l'escalade entre les Houthis du Yémen et l'Arabie saoudite menace aussi le détroit de Bab el-Mandeb, à l'entrée sud de la mer Rouge, face à Djibouti et à l'Érythrée.

Questions fréquentes

Les attaques contre les sept pétroliers sont-elles confirmées ? Non. Elles ont été annoncées par la télévision d'État iranienne et les Gardiens de la révolution. AP et CBS News n'ont pas pu les vérifier, et Donald Trump accuse l'Iran de les inventer.

Pourquoi le détroit d'Ormuz est-il si important ? Avant la guerre, environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié transportés par mer dans le monde passait par ce passage entre l'Iran et Oman.

Quel impact pour les consommateurs africains ? Un pétrole plus cher alourdit la facture d'importation de carburant, ce qui peut faire monter les prix à la pompe, des transports et des aliments. La Banque mondiale prévoit une inflation médiane de 5,5 % en Afrique subsaharienne en 2026.

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