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Enfants réfugiés privés d'école : 5,8 millions selon le HCR, le Tchad en première ligne

Par Ibrahime StevePublié le •Société•0 vues
enfants réfugiés privés d'école
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C'est l'un des constats les plus durs du dernier rapport du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) sur l'éducation : en 2025, près d'un enfant réfugié sur deux n'allait pas à l'école. Publié début octobre sous le titre Voies d'avenir : éducation, opportunités et autonomie, le document met en lumière plusieurs pays africains, du Tchad au Cameroun, en première ligne de ce défi.

Les chiffres clés du rapport

Selon le rapport annuel du HCR sur l'éducation 2026, fondé sur des données de 2025 :

  • 5,8 millions d'enfants réfugiés en âge d'être scolarisés n'allaient pas à l'école, sur environ 13,1 millions ;
  • soit 44 %, contre 46 % en 2024 ; le nombre absolu reste pourtant stable, car la population réfugiée a augmenté ;
  • 33 % de taux brut de scolarisation au préscolaire, 65 % au primaire et 32 % au secondaire ;
  • 11 % dans le supérieur, un record, avec plus de 450 000 étudiants réfugiés.

Ces chiffres ont été repris par l'agence DevelopmentAid et par le média togolais La Cinquième, qui situe la publication du rapport au 2 octobre.

Un écart béant dans les pays pauvres

Le fossé se creuse dans les pays les plus fragiles. Dans les pays à faible revenu, 49 % des enfants réfugiés sont scolarisés au primaire, contre 92 % de l'ensemble des enfants. Au secondaire, l'écart est encore plus net : 14 % contre 38 %.

Dans les pays touchés par des conflits, seuls 12 % des réfugiés suivent un enseignement secondaire, contre 41 % en moyenne nationale. Et l'accès à l'université y tombe à 2 % pour les réfugiés, contre 13 % pour les nationaux.

« L'éducation est une protection. Mais c'est aussi un chemin vers les opportunités et l'autonomie », a déclaré le Haut-Commissaire Barham Salih à la sortie du rapport, selon le HCR (traduction Splash Media).

Le Tchad, terre d'accueil sous pression

La couverture du rapport montre une jeune réfugiée soudanaise scolarisée au secondaire dans le camp de Farchana, dans l'est du Tchad. Le pays accueille environ 1,3 million de réfugiés soudanais, dont plus de 900 000 arrivés depuis 2023, selon une déclaration conjointe du HCR et du Programme alimentaire mondial publiée en avril 2026.

Dans l'est du pays, une personne sur trois est réfugiée. Les services éducatifs y sont saturés, avec parfois plus de 100 élèves par enseignant, selon la même source. « Ce que nous observons dans l'est du Tchad illustre le coût humain des insuffisances de financement », déclarait alors Patrice Ahouansou, représentant du HCR au Tchad.

Le Cameroun, un modèle d'inclusion

À l'inverse, le Cameroun fait figure d'exemple. Le HCR note une hausse de la scolarisation au secondaire après l'intégration des réfugiés dans les écoles publiques. Campagnes de rentrée, aide aux frais de scolarité et d'examen, coordination avec les autorités éducatives : le rapport cite ces leviers. Des enfants réfugiés centrafricains y fréquentent les établissements publics aux côtés des élèves camerounais.

À l'école primaire de Gado-Badzéré, dans l'est du pays, la classe de la jeune Solange compte plus de 150 élèves. Son enseignante, Jacqueline Aissinga, résume l'état d'esprit local : « Ce qui leur est arrivé pourrait nous arriver. Alors, nous ouvrons nos mains » (traduction Splash Media).

Le rapport cite aussi la République démocratique du Congo, où deux évaluations menées dans le Sud-Ubangi et le Nord-Ubangi montrent que les enfants réfugiés et ceux des communautés hôtes obtiennent des résultats comparables. Le meilleur indicateur de réussite reste le fait d'avoir déjà fréquenté l'école.

La baisse de l'aide menace les progrès

Le HCR s'inquiète du recul des financements. L'aide publique au développement a chuté d'environ 23 % en 2025, la plus forte baisse annuelle jamais enregistrée selon des données préliminaires de l'OCDE citées dans le rapport. L'aide à l'éducation avait déjà reculé de 8 % entre 2023 et 2024.

Les effets sont déjà visibles. Au Soudan du Sud, le taux de scolarisation préscolaire des réfugiés est passé de 28 % à 3 % après le retrait du soutien des bailleurs à Maban et Jamjang. Au Kenya, une école secondaire du camp de Hagadera compte 12 enseignants pour 1 500 élèves.

Pour Barham Salih, ces coupes « risquent d'anéantir des décennies d'investissements collectifs et de fermer des perspectives à toute une génération de jeunes » (traduction Splash Media). Le HCR maintient son objectif de 15 % de réfugiés inscrits dans le supérieur d'ici 2030.

FAQ

Combien d'enfants réfugiés ne vont pas à l'école ? Environ 5,8 millions en 2025, soit 44 % des 13,1 millions d'enfants réfugiés en âge scolaire, selon le HCR.

Pourquoi l'Afrique est-elle particulièrement concernée ? Parce que plusieurs grands pays d'accueil africains, comme le Tchad, sont des pays à faible revenu ou touchés par des crises, là où l'écart de scolarisation entre réfugiés et nationaux est le plus fort selon le HCR.

Quelles solutions fonctionnent ? Le HCR met en avant l'inclusion des réfugiés dans les systèmes scolaires nationaux, comme au Cameroun, avec une aide aux frais de scolarité et d'examen.

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