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FMI : la croissance de l'Afrique subsaharienne relevée à 4,5 % malgré le choc pétrolier

Par Ibrahime StevePublié le •Actualités•0 vues
FMI Afrique
4 min de lecture

L'Afrique subsaharienne tient bon dans la tempête. Dans la mise à jour d'octobre de ses Perspectives économiques régionales, intitulée « Croissance résiliente, horizon assombri », le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une croissance de 4,5 % en 2026 et de 4,5 % en 2027 pour la région, rapporte l'Agence Ecofin. La prévision pour 2026 est relevée de 0,2 point par rapport à celle d'avril, précise l'AFP, reprise par IOL.

Ces projections ont été présentées pendant les Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, organisées cette année à Bangkok, en Thaïlande. Le contexte mondial reste tendu : le FMI table sur une croissance mondiale de 3,1 % en 2026, après 3,5 % en 2025, selon Trading Economics.

Une région qui encaisse le choc énergétique

Depuis la fin février, les prix du pétrole, du gaz et des engrais ont fortement augmenté à cause de la guerre menée par les États-Unis contre l'Iran, rappelle l'AFP. Le scénario central du FMI repose sur un baril à 96 dollars en moyenne en 2026, puis 87 dollars en 2027, et sur une réouverture progressive du détroit d'Ormuz, selon Ecofin.

Pour beaucoup de pays africains, importateurs nets de carburant et d'engrais, la facture est lourde : le FMI s'attend à une hausse de 26 % des prix des engrais en 2026. Selon l'institution, la résistance de la région s'explique par l'adaptation des circuits d'approvisionnement en énergie et par la capacité du secteur privé à s'ajuster.

De fortes différences d'un pays à l'autre

Le chiffre de 4,5 % « masque une divergence substantielle » au sein de la région, souligne le FMI, cité par Semafor. Les grandes tendances, selon Ecofin :

  • Pays exportateurs de pétrole : 4,1 % de croissance en 2026, contre 4,0 % en 2025 ;
  • Autres économies riches en ressources naturelles : 3,8 %, stable ;
  • Économies moins dépendantes des ressources : 6 % en 2026, contre 6,4 % en 2025.

Le Nigeria, premier producteur de brut du continent, voit sa prévision relevée à 4,2 % grâce à un « effet favorable des termes de l'échange », note Semafor. L'Afrique du Sud, première économie du continent, plafonne à 1,0 %, prévision inchangée depuis juillet, selon l'AFP.

L'inflation repart à la hausse

Le pétrole cher se retrouve dans les prix à la pompe et au marché. L'inflation médiane dans la région passerait de 3,4 % en 2025 à 4,3 % en 2026, puis à 5 % en 2027, selon les projections citées par Ecofin.

Dette : des marges de manœuvre étroites

Le déficit public médian atteindrait 3,3 % du PIB en 2026 et la dette publique médiane 51,7 % du PIB, selon Ecofin. Les intérêts de la dette absorberaient environ 12 % des recettes publiques médianes (hors dons) entre 2025 et 2027. Les pays de la région ont émis environ 12 milliards de dollars d'euro-obligations en 2026, mais la hausse des taux américains rend l'emprunt plus coûteux.

Le directeur du département Afrique du FMI, Zeine Zeidane, ancien Premier ministre mauritanien, nuance le tableau. « Notre point de vue est que la croissance par habitant reste aujourd'hui assez faible », a-t-il déclaré à l'AFP. Au rythme actuel, il faudrait près de 50 ans à la région pour doubler son revenu par habitant, contre 15 ans en Asie du Sud-Est. Il note toutefois que les ratios dette/PIB sont globalement en baisse grâce à l'ajustement budgétaire et à une meilleure collecte des recettes.

Aide en baisse et menace El Niño

Les risques sont « orientés à la baisse », selon le FMI. D'abord, la chute de l'aide internationale : l'OCDE prévoit un nouveau recul de 12 % de l'aide bilatérale à l'Afrique subsaharienne en 2026, après une baisse d'environ 25 % en 2025, selon Ecofin.

Ensuite, le climat. Un épisode El Niño potentiellement très intense pourrait provoquer des sécheresses en Afrique australe, avec des effets sur la production d'électricité, et des inondations en Afrique de l'Est. « Nous sommes très préoccupés, car cela pourrait avoir un effet majeur sur la production agricole », a déclaré Zeine Zeidane à l'AFP. Il cite aussi l'épidémie d'Ebola en RDC, « difficile à contenir », comme un choc possible pour le pays et ses voisins.

Ce que ça change pour le lecteur africain

Une croissance solide ne garantit pas une vie moins chère : carburant, transport et denrées importées risquent de continuer à peser sur les ménages. Le FMI recommande aux États de poursuivre leur ajustement budgétaire, d'épargner une partie des recettes exceptionnelles tirées des matières premières, de mieux cibler l'aide vers les ménages vulnérables et de protéger l'investissement productif.

FAQ

Quelle croissance le FMI prévoit-il pour l'Afrique subsaharienne ? 4,5 % en 2026 et 4,5 % en 2027, selon la mise à jour d'octobre 2026 de ses Perspectives économiques régionales.

Pourquoi l'inflation remonte-t-elle en Afrique ? Surtout à cause de la flambée du pétrole, du gaz et des engrais liée à la guerre entre les États-Unis et l'Iran et aux perturbations dans le détroit d'Ormuz.

Quels sont les principaux risques selon le FMI ? Un nouveau choc énergétique, El Niño, des financements plus coûteux et la baisse de l'aide internationale.

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