La fronde des planteurs ne faiblit pas. Le samedi 17 octobre 2026, des producteurs de café-cacao membres du Syndicat national agricole pour le progrès en Côte d'Ivoire (SYNAP-CI) se sont rassemblés sur la place publique de Lobia, à Daloa, pour soutenir leur président Koné Moussa et réaffirmer leur volonté de poursuivre la grève.
Selon Linfodrome, les participants venaient des 31 régions du pays. Afrik Soir avance le chiffre de « plus de 10 000 » producteurs, un comptage qui n'a pas été confirmé de source indépendante.
Un prix bord-champ divisé par plus de deux
À l'origine de la colère : le prix garanti aux producteurs. Pour la campagne principale 2026-2027, le gouvernement l'a fixé à 1 200 FCFA le kilo le 1er septembre, rappelle Bénin Web TV. La campagne principale 2025-2026 s'était ouverte à un niveau record de 2 800 FCFA le kilo.
Les autorités justifient ce niveau par la forte volatilité des cours mondiaux. Le syndicat, qui réclamait au départ un prix supérieur à 1 200 FCFA, a lancé un mot d'ordre de grève illimitée à la mi-septembre, avec la fermeture des magasins d'achat dans plusieurs zones de production.
La comparaison avec le voisin ghanéen alimente aussi la frustration. Selon The Rio Times, le Ghana paie actuellement 42 400 cedis la tonne, soit environ 3,65 dollars le kilo, nettement plus que le prix ivoirien.
Les quatre revendications du SYNAP-CI
À Daloa, le syndicat a présenté ses exigences, rapportées par Afrik Soir :
- le départ du directeur général du Conseil du Café-Cacao (CCC), Yves Brahima Koné, et la nomination d'un remplaçant ;
- la garantie par l'État d'une rémunération des producteurs à 60 % du prix CAF (le prix à l'exportation) ;
- une solution pour les stocks de cacao encore détenus par les producteurs et les coopératives ;
- un séminaire réunissant tous les acteurs de la filière.
À Arrah, dans la région du Moronou, des planteurs évoquent aussi des difficultés de commercialisation, des dettes et des paiements incomplets pour des fèves livrées lors de la campagne précédente, selon Bénin Web TV. Le syndicat conteste également le nouveau Système national de traçabilité, obligatoire depuis le 1er septembre avec la carte du producteur.
Koné Moussa, convoqué puis ressorti
Le président du SYNAP-CI avait été convoqué à la gendarmerie, à Abidjan, à la suite de ses appels à la grève, avait annoncé KOACI. Les motifs de cette convocation n'ont pas été rendus publics et aucune poursuite n'a été annoncée.
À Daloa, Koné Moussa a déclaré, selon Afrik Soir : « C'est une honte qu'un producteur soit convoqué à la brigade de recherches. » Il a ajouté ne pas considérer sa sortie « comme une victoire », avant d'appeler ses troupes : « Tant que l'objectif n'est pas atteint, je demande aux producteurs de rester mobilisés en grève jusqu'à nouvel ordre. »
Ce que disent les autorités
Les médias consultés ne rapportent aucune réaction officielle du gouvernement ou du CCC au rassemblement de Daloa. Le Conseil du Café-Cacao a auparavant assuré que le système de traçabilité fonctionnait normalement, sans les dysfonctionnements dénoncés par le syndicat. L'interprofession de la filière avait, elle, demandé aux producteurs dès le 8 septembre de ne pas suivre les appels à la grève, selon The Rio Times.
L'impact réel du mouvement sur les achats reste difficile à mesurer. Selon les chiffres de traçabilité cités par The Rio Times, 50 085 tonnes avaient été achetées entre le 7 et le 20 septembre auprès de 70 525 producteurs. Aucun chiffre public plus récent ne permet de mesurer la quantité de cacao retenue depuis.
Questions fréquentes
Quel est le prix du cacao en Côte d'Ivoire pour 2026-2027 ? Le prix garanti bord-champ de la campagne principale 2026-2027 est de 1 200 FCFA le kilo, fixé le 1er septembre 2026, contre 2 800 FCFA à l'ouverture de la campagne 2025-2026.
Qu'est-ce que le SYNAP-CI ? Le Syndicat national agricole pour le progrès en Côte d'Ivoire est une organisation de producteurs agricoles présidée par Koné Moussa. Il conduit depuis la mi-septembre une grève des ventes de cacao.
Que réclament les producteurs en grève ? Le départ du directeur général du Conseil du Café-Cacao, une rémunération garantie à 60 % du prix CAF, une solution pour les stocks invendus et un séminaire de concertation de la filière.
La grève touche-t-elle les exportations ? Aucun chiffre officiel récent ne permet de le dire. Les dernières données publiques de traçabilité datent du 20 septembre.
