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Immigration aux États-Unis : les visas d'immigrant accordés aux Africains chutent de 89 %

Par Ibrahime StevePublié le •Actualités•0 vues
immigration aux États-Unis
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L'immigration légale vers les États-Unis a été divisée par deux en quelques mois. C'est la conclusion d'une analyse des données du département d'État publiée le dimanche 18 octobre 2026 par le New York Times et reprise notamment par Business Today et VisaVerge.

Pour l'Afrique et sa diaspora, le constat est brutal : les visas d'immigrant accordés aux ressortissants du continent ont reculé de 89 % par rapport à la moyenne mensuelle de 2023-2024.

Les chiffres clés

Selon les données du département d'État analysées par le quotidien américain :

  • 26 000 visas d'immigrant délivrés en février 2026, contre une moyenne d'environ 52 000 par mois avant le retour de Donald Trump ;
  • 91 pays pour lesquels immigrer est devenu « quasiment impossible », et 61 autres dont les quotas ont été réduits ;
  • -89 % pour l'Afrique, -99 % pour l'Asie centrale, -84 % pour l'Europe de l'Est, -81 % pour le Moyen-Orient ;
  • plus de 90 % de baisse pour les pays à majorité musulmane.

À l'inverse, les visas délivrés aux Canadiens ont augmenté de 142 % et ceux accordés aux Mexicains de 17 %, selon les chiffres relayés par Mediaite. Ces données portent sur février, le mois le plus récent des statistiques publiques citées par le New York Times.

Un visa d'immigrant permet de s'installer durablement aux États-Unis et d'obtenir une carte verte. Il concerne surtout les conjoints, enfants et parents de citoyens américains ou de résidents permanents.

Trois mesures à l'origine de la chute

La baisse est restée modeste pendant la première année du second mandat (environ -10 %), avant de s'accélérer en janvier 2026. Trois décisions l'expliquent, selon les sources citées.

D'abord, la suspension de la loterie des visas de diversité (« DV Lottery ») en décembre 2025. Ce tirage au sort était très populaire en Afrique.

Ensuite, l'extension du « travel ban » au 1er janvier 2026, qui vise 39 pays ou entités selon la liste de la Maison-Blanche relayée par la Deutsche Welle via le Times of Oman. Les restrictions totales touchent notamment le Tchad, la République du Congo, la Guinée équatoriale, l'Érythrée, la Libye, la Somalie, le Soudan, le Soudan du Sud, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et la Sierra Leone. Des restrictions partielles visent l'Angola, le Bénin, la Côte d'Ivoire, le Gabon, la Gambie, le Malawi, la Mauritanie, le Nigeria, le Sénégal, la Tanzanie, la Zambie, le Zimbabwe, le Burundi et le Togo.

Enfin, une pause distincte dans la délivrance des visas d'immigrant pour 52 autres pays. L'administration dit vouloir « améliorer le contrôle des demandeurs de visa face aux risques de sécurité et à l'utilisation future potentielle des aides publiques », selon la déclaration citée par VisaVerge.

Étudiants, touristes, réfugiés : tous concernés

Selon le New York Times, les visas étudiants et de travail ont aussi reculé de 30 % sur un an, et les visas touristiques et d'affaires d'environ 25 % en février. Les admissions de réfugiés ont chuté d'environ 90 %.

David Bier, spécialiste de l'immigration au Cato Institute, un centre de réflexion libertarien favorable à l'immigration, y voit la plus forte réduction depuis l'administration Hoover pendant la Grande Dépression, hors pandémie de Covid-19.

La Maison-Blanche s'en félicite

Le 18 octobre, le compte « Rapid Response 47 », animé par l'équipe de communication de Donald Trump, a partagé un graphique de l'article avec la légende : « NYT : l'immigration légale a fortement chuté sous l'effet des politiques adoptées en début d'année », accompagnée d'un pouce levé, rapporte Mediaite.

Des décisions de justice peu appliquées

Ces restrictions ont été décidées sans vote du Congrès. Fin août 2026, deux tribunaux fédéraux, dans deux procédures distinctes, ont ordonné au gouvernement de reprendre la délivrance des visas. Mais selon le New York Times, la grande majorité des demandeurs concernés attendaient toujours mi-octobre.

Autre signal pour la diaspora : le département de la Sécurité intérieure a indiqué que les Soudanais et les Ukrainiens bénéficiant du statut de protection temporaire (TPS) pouvaient le conserver pour l'instant, selon le New York Times.

Ce que ça change pour les Africains

Pour les familles africaines installées aux États-Unis, le regroupement familial devient incertain, voire impossible pour les pays sous restriction totale. Étudiants et candidats à l'expatriation doivent s'attendre à plus de délais et de refus. Avant tout projet, mieux vaut vérifier la situation de son pays auprès de l'ambassade américaine et consulter un avocat spécialisé.

Questions fréquentes

Tous les pays africains sont-ils visés par le « travel ban » ? Non, une partie seulement. Mais la baisse de 89 % concerne tout le continent, sous l'effet cumulé des mesures.

La loterie DV existe-t-elle encore ? Elle a été suspendue en décembre 2025, selon les sources citées. Les sources consultées ne font état d'aucune reprise.

Les décisions de justice ont-elles débloqué les visas ? Pas encore dans les faits : la plupart des demandeurs attendaient toujours mi-octobre, selon le New York Times.

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