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Initiative IA à 10 milliards : la BAD et le PNUD passent au déploiement depuis Abidjan

Par Ibrahime StevePublié le •Tech•0 vues
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4 min de lecture

Annoncée en février 2026 à Nairobi, l'initiative « AI 10 Billion » entre dans sa phase concrète. Mi-octobre, une délégation du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) s'est rendue au siège de la Banque africaine de développement (BAD), à Abidjan, pour accélérer sa mise en œuvre, selon le communiqué officiel de la BAD publié le 14 octobre.

L'objectif affiché est ambitieux : mobiliser 1 milliard de dollars par an pendant dix ans pour transformer le potentiel de l'intelligence artificielle en gains de productivité sur le continent.

Ce que prévoit l'initiative

L'« AI 10 Billion » est un partenariat conçu par la BAD, le PNUD et des partenaires du secteur privé. Selon le communiqué de la Banque, l'initiative pourrait contribuer à créer 25 millions d'emplois en Afrique d'ici 2035.

Les chiffres clés, tels que présentés par la BAD :

  • 10 milliards de dollars à mobiliser, soit environ 1 milliard par an sur dix ans ;
  • 25 millions d'emplois potentiels d'ici 2035 ;
  • 5 pays pour démarrer, puis 20 pays d'ici fin 2027 ;
  • jusqu'à 1 000 milliards de dollars de PIB supplémentaire grâce à l'IA d'ici 2035, selon un rapport de la BAD de juin 2025.

Ce même rapport estime que 58 % de ce potentiel se concentre dans cinq secteurs : l'agriculture, le commerce de gros et de détail, l'industrie manufacturière, la finance et la santé. La BAD rappelle aussi que plus de 300 millions de jeunes Africains arriveront en âge de travailler au cours de la prochaine décennie.

À noter : lors du lancement en février, l'annonce relayée par allAfrica évoquait « jusqu'à 40 millions » d'emplois d'ici 2035. Le communiqué d'octobre retient le chiffre de 25 millions, sans expliquer l'écart.

Trois étapes dans chaque pays

La méthode est la même partout, explique la BAD. D'abord, un diagnostic national pour repérer les secteurs où l'IA peut produire les plus grands gains de productivité. Ensuite, l'identification et la préparation de projets publics et privés jusqu'à ce qu'ils soient prêts à recevoir des financements. Enfin, la mise en place d'une plateforme d'investissement réunissant gouvernements, investisseurs et communautés économiques régionales.

« La productivité est l'un des principaux critères », a souligné Solomon Quaynor, vice-président de la BAD chargé du secteur privé, des infrastructures et de l'industrialisation, cité dans le communiqué. Il ajoute : « nous mobiliserons des capitaux publics et privés autour de cet objectif ».

La délégation du PNUD était conduite par Keyzom Ngodup Massally, directrice du pôle IA pour le développement durable du PNUD. Gouvernements, institutions de financement, investisseurs privés et philanthropes sont invités à rejoindre l'initiative.

Quels pays en premier ? Pas encore de réponse

C'est la grande inconnue. Ni le communiqué de la BAD ni le compte rendu de Developing Telecoms ne nomment les cinq pays pilotes. Aucun projet précis ni montant déjà engagé n'a été rendu public à ce stade.

Il faut donc lire ces 10 milliards comme un objectif de mobilisation, et non comme une enveloppe déjà disponible. La CPCCAF, réseau des chambres consulaires africaines et francophones qui a relayé l'annonce, présente d'ailleurs le dispositif comme un objectif de mobilisation sur dix ans.

L'Afrique francophone en quête d'une place

Pour les pays francophones, l'enjeu est réel. Le 6 juillet 2026, l'organisation Niyel a présenté à l'ONU des « Lignes directrices pour une intelligence artificielle éthique, inclusive et responsable en Afrique francophone », élaborées avec six États d'Afrique de l'Ouest : Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Guinée, Mali et Sénégal. Mais, comme le rappelle une analyse publiée par Osiris, ce texte attend encore son adoption officielle.

Les moyens nationaux restent modestes. Le Bénin a budgété 4,68 milliards de FCFA sur cinq ans pour sa stratégie IA et mégadonnées, selon la même source. Le Sénégal dispose d'une feuille de route de 52 actions jusqu'en 2028, et la Guinée a validé la sienne pour 2026-2035.

Face à ces budgets, une initiative continentale de cette taille peut changer d'échelle. Encore faut-il que les pays francophones figurent parmi les premiers bénéficiaires, et que les promesses se transforment en projets financés. Splash Media suivra l'annonce des premiers pays retenus.

FAQ

Qu'est-ce que l'initiative « AI 10 Billion » ? C'est un partenariat entre la BAD, le PNUD et des acteurs privés, lancé en février 2026 au Forum de Nairobi sur l'IA. Il vise à mobiliser 10 milliards de dollars en dix ans pour développer l'usage productif de l'IA en Afrique.

Quels pays en bénéficieront ? Cinq pays pilotes doivent ouvrir la marche, puis vingt d'ici fin 2027. Leurs noms n'avaient pas été communiqués au 20 octobre 2026.

Les 10 milliards sont-ils déjà disponibles ? Non. Il s'agit d'un objectif de mobilisation de capitaux publics et privés, à raison d'environ 1 milliard de dollars par an.

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