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Intoxication au plomb : l'OMS alerte, six pays africains renforcent le dépistage

Par Ibrahime StevePublié le •Santé•0 vues
intoxication au plomb
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Le message central de l'OMS est sans ambiguïté : selon son aide-mémoire sur le plomb, mis à jour le 10 juin 2026, il n'existe aucune concentration de plomb dans le sang connue pour être sans effet nocif. Le plomb s'accumule dans l'organisme et touche plusieurs systèmes à la fois : cerveau, sang, reins, foie et appareil reproducteur.

L'agence onusienne attribue au plomb plus de 3,5 millions de décès dans le monde en 2023, principalement par ses effets cardiovasculaires, selon des estimations de l'Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME). Lors de la présentation de son futur paquet technique PREVENT, en mai 2026, l'OMS a précisé que jusqu'à 815 millions d'enfants, soit un sur trois dans le monde, seraient touchés, et que les pays à revenu faible ou intermédiaire concentrent 90 % des décès liés au plomb.

Les enfants et les femmes enceintes en première ligne

Les jeunes enfants sont les plus vulnérables. D'après l'OMS, ils peuvent absorber jusqu'à quatre à cinq fois plus de plomb qu'un adulte pour une même quantité ingérée. Le réflexe de porter les mains ou des objets à la bouche augmente le risque, et un enfant qui manque de fer ou de calcium absorbe davantage le métal.

Chez l'enfant, une exposition même faible peut entraîner des troubles du comportement et des difficultés d'apprentissage ; l'OMS indique qu'un taux sanguin de 3,5 µg/dL peut déjà être associé à une baisse de l'intelligence. Pendant la grossesse, le plomb stocké dans les os peut repasser dans le sang et atteindre le fœtus, avec un risque de retard de croissance et de naissance prématurée. Chez l'adulte, l'OMS cite l'anémie, l'hypertension ou une atteinte des reins.

D'où vient le plomb au quotidien ?

L'OMS dresse une liste de sources d'exposition qui parle à de nombreux foyers africains :

  • les peintures au plomb, sur les murs, les meubles ou les jouets ;
  • le recyclage informel des batteries au plomb-acide, qui représentent l'essentiel de l'usage mondial du plomb ;
  • certaines glaçures de céramique, la vaisselle en cristal au plomb et des bijoux ;
  • certains cosmétiques et remèdes traditionnels ;
  • l'eau circulant dans des canalisations ou raccords en plomb ;
  • les activités de fonderie, d'extraction minière et de recyclage.

La réglementation reste lacunaire : au 16 janvier 2024, seuls 48 % des pays disposaient de contrôles juridiquement contraignants sur les peintures au plomb, selon l'OMS.

Six pays africains renforcent le dépistage

Pour cette édition 2026, l'OMS insiste sur la détection. Comme le rapportent l'Agence congolaise de presse et Devdiscourse, l'organisation a rejoint en 2025 une initiative visant à développer les capacités de laboratoire pour mesurer le plomb dans le sang. Six pays d'Afrique subsaharienne sont concernés : l'Éthiopie, le Ghana, le Malawi, le Rwanda, l'Afrique du Sud et la Tanzanie.

« L'intoxication au plomb ne devrait pas priver les enfants de leur potentiel en 2026 », a déclaré Bruce Gordon, directeur par intérim du département de l'OMS chargé de l'environnement et du changement climatique, cité par l'ACP. Il appelle les pays à « agir en amont, en éliminant le plomb des produits et des environnements ».

Ce qui se prépare pour 2027

L'OMS prépare deux outils pour les gouvernements. Le paquet technique PREVENT, attendu en 2027, doit les aider à identifier leurs principales sources d'exposition, à choisir les interventions les plus efficaces, à renforcer et faire appliquer les réglementations, puis à suivre les progrès. Les États membres ont aussi demandé un Plan d'action mondial sur la réduction du plomb, qui doit être présenté à l'Assemblée mondiale de la Santé en 2027.

Pour les familles, le premier réflexe reste l'information : connaître les sources possibles d'exposition dans son logement, son quartier ou son activité professionnelle. Cet article est fourni à titre d'information générale et ne remplace pas un avis médical : en cas de doute sur une exposition au plomb, notamment chez un enfant ou une femme enceinte, consultez un professionnel de santé, qui pourra prescrire un dosage sanguin si nécessaire.

FAQ

Existe-t-il un niveau de plomb sans danger ? Non. Selon l'OMS, aucune concentration de plomb dans le sang n'est connue pour être sans effet nocif.

Quelles sont les principales sources d'exposition ? L'OMS cite notamment les peintures au plomb, le recyclage des batteries, certaines céramiques, certains cosmétiques et remèdes traditionnels, ainsi que l'eau passant par des canalisations en plomb.

Comment savoir si un enfant a été exposé ? L'intoxication passe souvent inaperçue. Seul un dosage du plomb dans le sang, prescrit par un professionnel de santé, permet de la confirmer.

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