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Mobile money dans l'UEMOA : transferts gratuits jusqu'à 8 000 FCFA dès le 2 novembre

Par Ibrahime StevePublié le •Tech•0 vues
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4 min de lecture

Envoyer de l'argent d'un compte Orange Money vers un portefeuille Wave, un compte Moov Money ou un compte bancaire va obéir à de nouvelles règles. La Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) a fixé le cadre tarifaire de sa plateforme de paiement instantané, PI-SPI, qui entre en vigueur le 2 novembre 2026 au Bénin, au Burkina Faso, en Côte d'Ivoire, en Guinée-Bissau, au Mali, au Niger, au Sénégal et au Togo.

Ce qui change le 2 novembre

Lancée le 30 septembre 2025, PI-SPI relie banques, émetteurs de monnaie électronique, institutions de microfinance et établissements de paiement de l'Union. Selon Togo First, les transactions interopérables de monnaie électronique entre particuliers devront désormais obligatoirement transiter par cette plateforme.

Jusqu'ici, l'envoi via PI-SPI était entièrement gratuit, rappelle Afrique IT News. Cette gratuité intégrale prend fin et laisse place à un barème encadré :

  • Envoi gratuit jusqu'à 8 000 FCFA cumulés par jour, pour un même utilisateur auprès d'un même prestataire.
  • Au-delà, banques, fintechs et opérateurs peuvent facturer des frais plafonnés à 0,8 % hors taxes.
  • Réception gratuite, quel que soit le montant. Auparavant, seules les 30 premières réceptions du mois l'étaient, avec des frais plafonnés à 1 % au-delà, selon l'Agence Ecofin.
  • Transferts entre pays de l'UEMOA : les mêmes conditions tarifaires s'appliqueront à partir du 1er juin 2027.

Pourquoi un plafond « par jour »

Le seuil est calculé sur le cumul de la journée, et non opération par opération. Concrètement, envoyer 5 000 FCFA le matin puis 4 000 FCFA l'après-midi fait dépasser les 8 000 FCFA : la deuxième opération peut alors être facturée. La règle vise à empêcher le fractionnement des envois pour échapper aux frais, explique l'Agence Ecofin.

Selon la BCEAO, citée par Togo First et Ecofin, ce seuil maintient la gratuité pour environ 75 % des transactions de monnaie électronique dans l'Union. Les petits montants, qui forment l'essentiel des usages quotidiens, restent donc sans frais.

Une gratuité jugée intenable pour les réseaux d'agents

La Banque centrale justifie ce recadrage par la viabilité du secteur. La gratuité totale menaçait, selon elle, les réseaux physiques de distribution : le nombre de points de service de monnaie électronique a reculé de 5,2 % en 2024, à 1,59 million, un repli que la BCEAO relie à la baisse des commissions versées aux agents, rapporte l'Agence Ecofin. La marge autorisée doit permettre aux opérateurs de financer la gestion de la liquidité et la sécurisation des transactions.

Le marché reste en pleine croissance. En 2025, les établissements de monnaie électronique supervisés comptaient 172,9 millions de comptes, pour des transactions en hausse de 31,4 %, à 164 169 milliards FCFA, selon les données reprises par Ecofin.

Wave rejoint le réseau

Autre nouveauté : Wave, très présent en Côte d'Ivoire et au Sénégal, rejoint PI-SPI, dont il était absent jusqu'ici. Son modèle repose sur des tarifs bas, avec un frais d'envoi de 1 % devenu une référence sur plusieurs marchés. L'interopérabilité gratuite des petits montants pourrait peser sur ses revenus de transfert, note l'Agence Ecofin, qui ne précise pas la date exacte de son raccordement. L'entreprise ne s'est pas exprimée dans les articles consultés.

Au Togo, Mixx by Yas et Moov Money, qui dominent le marché local, pourraient eux aussi voir leurs commissions baisser, estime Togo First, qui anticipe un repositionnement vers les paiements marchands par QR code et les services aux entreprises.

Plus de marge pour les opérateurs, plafonds relevés pour les clients

La BCEAO a parallèlement publié une instruction, datée du 8 octobre et applicable elle aussi au 2 novembre, détaillée par l'Agence Ecofin :

  • la part des fonds des clients que les opérateurs doivent garder en dépôts à vue passe de 75 % à 65 % ; le reste peut être placé en dépôts à terme ou dans certains titres de dette, la monnaie en circulation restant intégralement couverte ;
  • le solde maximal d'un portefeuille passe de 2 à 4 millions FCFA par client identifié et par établissement ;
  • le cumul mensuel des rechargements passe de 10 à 15 millions FCFA.

Ce qu'il faut retenir pour votre portefeuille

Pour la majorité des utilisateurs, qui envoient de petits montants, rien ne change sur la facture. Ceux qui transfèrent régulièrement des sommes plus importantes vers un autre opérateur ou une banque devront surveiller leur cumul quotidien. Les grilles tarifaires précises de chaque opérateur au-delà de 8 000 FCFA n'avaient pas encore été publiées dans les sources consultées : il faudra les vérifier dans les applications à partir du 2 novembre.

FAQ

Les transferts au sein d'un même opérateur sont-ils concernés ? Les nouvelles règles visent les transactions interopérables, c'est-à-dire entre prestataires différents, qui passent par PI-SPI. Les tarifs internes à chaque opérateur relèvent de leurs propres grilles.

Recevoir de l'argent sera-t-il payant ? Non. Selon la BCEAO, la réception reste gratuite quel que soit le montant.

Et pour envoyer de l'argent d'un pays de l'UEMOA à un autre ? Les mêmes conditions tarifaires s'appliqueront aux transferts entre les huit pays à partir du 1er juin 2027.

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