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Sénégal : grève générale du 21 au 23 octobre, le gouvernement tente d'éviter le blocage

Par Ibrahime StevePublié le •Société•0 vues
grève générale Sénégal
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La semaine s'annonce tendue sur le front social au Sénégal. Une marche nationale est prévue le mardi 20 octobre 2026 à Dakar, suivie de 72 heures de grève générale du mercredi 21 au vendredi 23 octobre, à l'appel du Front syndical pour la défense des travailleurs (FSDT). Dans l'éducation, l'intersyndicale G7 a de son côté décrété trois jours de grève totale aux mêmes dates.

Face à cette montée de tension, le gouvernement multiplie les gestes. Le Premier ministre a demandé un moratoire de trois mois sur les grèves, et neuf ministres sont attendus face à la presse ce lundi 19 octobre.

L'appel du Premier ministre à une trêve de trois mois

Le jeudi 15 octobre, lors de la deuxième réunion du comité de pilotage du Pacte national de stabilité sociale, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô a demandé aux syndicats de « surseoir à leur mot d'ordre de grève générale », rapporte l'Agence de presse sénégalaise. Il a proposé un moratoire de trois mois dans le cadre d'une trêve sociale.

Ce pacte, signé le 1er mai 2025, réunit le gouvernement, les centrales syndicales et le patronat. Selon Sud Quotidien, repris par SenePlus, le dispositif de suivi indique que 71 % des engagements de l'État ont été réalisés.

Le chef du gouvernement a assuré que les engagements seraient respectés « à l'aune du rétablissement de nos moyens », et annoncé la création de comités de dialogue social dans tous les ministères à partir de décembre.

Ce que réclament les syndicats

Le FSDT, dont le comité de pilotage est coordonné par Mody Guiro, secrétaire général de la CNTS, maintient son plan d'action. « Lorsqu'on négocie, on ne se fie pas seulement aux paroles, il faut des actes écrits et consignés », a-t-il déclaré, selon Sud Quotidien.

Parmi les revendications listées par le Front :

  • la réintégration de travailleurs licenciés ;
  • l'application des accords signés dans l'éducation, la santé, les collectivités territoriales, la justice et les transports ;
  • l'extension de l'indemnité de logement de 100 000 FCFA aux contractuels concernés ;
  • la revalorisation des pensions ;
  • la limitation des CDD à deux ans, renouvelables une seule fois ;
  • la baisse des prix des denrées, des loyers et des transports.

L'école à nouveau sous tension

Dans l'enseignement, le G7, qui regroupe sept des syndicats les plus représentatifs, a annoncé dès le 15 octobre une grève totale de 72 heures dans le moyen et le secondaire publics, selon Pulse Sénégal. Le mouvement intervient quelques semaines seulement après la rentrée scolaire.

L'intersyndicale dénonce « les manquements du gouvernement dans l'application du protocole d'accord signé le 16 avril dernier ». Elle réclame notamment la publication de l'étude sur la refonte des rémunérations dans la fonction publique, promise pour septembre, le partage de l'audit sur les rappels dus aux enseignants, le paiement des indemnités d'examens et le relèvement de l'âge de la retraite à 65 ans.

Le patronat aussi insatisfait

Les employeurs ne menacent pas de grève, mais ne cachent pas leur déception. La Confédération nationale des employeurs du Sénégal (CNES) juge les résultats du pacte « bien en deçà des attentes du secteur privé national », selon Sud Quotidien. Elle demande l'apurement rapide des créances de l'État envers les entreprises, notamment dans le BTP, l'énergie et les services.

Neuf ministres face à la presse

Dans ce contexte, le gouvernement a programmé une conférence de presse ce lundi 19 octobre à partir de 17 heures, avec neuf membres du gouvernement, selon Pulse Sénégal. Parmi eux figurent le ministre de la Fonction publique et du Travail Mamadou Lamine Dianté, celui de l'Éducation nationale Moustapha Mamba Guirassy, le ministre chargé du Budget Bassirou Sarr et le porte-parole du gouvernement Bakary Sarr.

L'annonce officielle évoque une « communication » sur plusieurs secteurs de l'action publique, sans mentionner explicitement les grèves. Reste à savoir si cette prise de parole permettra de rouvrir la négociation avant mercredi, ou si les syndicats maintiendront leur mot d'ordre.

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