Le marché sénégalais du sucre va de nouveau se refermer. Dans un communiqué publié le samedi 17 octobre 2026, le ministère de l'Industrie et du Commerce annonce que « les importations de sucre seront de nouveau arrêtées à compter du mois de novembre 2026 », pour une durée de huit à neuf mois, rapporte Le Soleil.
Signé par le ministre Serigne Guèye Diop, le texte précise que la durée exacte dépendra de l'évolution de la production locale et des besoins réels du marché.
Une mesure calée sur la reprise de la CSS
La suspension est directement liée au calendrier de la Compagnie sucrière sénégalaise (CSS), entreprise privée installée à Richard-Toll, dans le nord du pays. Le ministère indique qu'il arrêtera la délivrance des Déclarations d'importation de produits alimentaires (DIPA) dès que la CSS aura effectivement repris ses activités industrielles.
Selon le communiqué cité par Le Soleil, la CSS dispose actuellement d'environ 30 000 tonnes de stock. Les autorités exigent par ailleurs le maintien d'un stock de sécurité équivalent à un mois de consommation nationale. La CSS a elle-même bénéficié de DIPA pour compléter son offre pendant la période d'ouverture du marché.
Les syndicats de l'entreprise avancent un chiffre différent : environ 50 000 tonnes de sucre invendu, selon The Rio Times, qui cite aussi le leader syndical Amary Diouf dénonçant une « prolifération » des autorisations d'importation.
Protéger l'industrie sans pénaliser les ménages
Le gouvernement affiche un double objectif : favoriser la production nationale et soutenir l'outil industriel, tout en protégeant le pouvoir d'achat des ménages et la stabilité des prix.
L'équation n'est pas simple, et le ministère le reconnaît. Il se dit « pleinement conscient » que le sucre importé est aujourd'hui relativement moins cher que le sucre produit localement. Ni le communiqué ni la presse consultée ne précisent comment cet écart de prix sera compensé pour les consommateurs.
Pour Xalima, la réussite de la mesure dépendra d'une production locale suffisante, d'un contrôle effectif des prix et d'une concertation régulière avec les commerçants, pour qui la prévisibilité des décisions est déterminante afin d'éviter les ruptures d'approvisionnement.
Une deuxième fermeture en moins d'un an
Ce n'est pas une première. Le ministère indique que les importations avaient déjà été suspendues de novembre 2025 à août 2026. Selon The Rio Times, un communiqué de juillet datait toutefois cette précédente fermeture du 15 décembre 2025, et le marché avait été rouvert le 15 juillet 2026, avant les grands événements religieux du Magal de Touba et du Gamou. Les dates exactes de la période précédente varient donc selon les documents officiels.
Le média, qui s'appuie sur des données sectorielles, évalue la production annuelle de la CSS à environ 140 000 tonnes, pour une consommation nationale d'environ 300 000 tonnes par an. Ces ordres de grandeur ne figurent pas dans le communiqué du ministère et n'ont pas pu être confirmés auprès d'une source officielle. S'ils se vérifient, ils posent la question de la capacité du stock et de la nouvelle récolte à couvrir la demande pendant toute la durée de la suspension.
Ce qui reste à préciser
Plusieurs points restent ouverts : la date exacte d'entrée en vigueur, liée au redémarrage de l'usine, le dispositif de contrôle des prix au détail, et la réaction de la direction de la CSS, qui ne s'était pas exprimée publiquement au 19 octobre.
Questions fréquentes
Quand le Sénégal arrête-t-il d'importer du sucre ? À partir de novembre 2026, dès la reprise effective de la production de la Compagnie sucrière sénégalaise, selon le ministère de l'Industrie et du Commerce.
Combien de temps durera la suspension ? Huit à neuf mois, selon le communiqué. La durée exacte dépendra de la production locale et des besoins du marché.
Pourquoi le gouvernement suspend-il les importations ? Pour soutenir la production nationale et l'outil industriel, tout en visant la stabilité des prix et la protection du pouvoir d'achat, selon le ministère.
Le prix du sucre va-t-il augmenter ? Le ministère reconnaît que le sucre importé est moins cher que le sucre local, mais n'a pas annoncé de mesure chiffrée sur les prix au détail.
