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Sommet Poutine-Trump-Xi en Chine : un projet de rencontre sur l'Ukraine qui inquiète Kiev

Par Ibrahime StevePublié le •Politique•0 vues
Sommet Poutine-Trump-Xi
4 min de lecture

Une rencontre à trois entre les dirigeants russe, américain et chinois est désormais évoquée publiquement. Le lundi 19 octobre 2026, le Kremlin a confirmé que Vladimir Poutine, Donald Trump et Xi Jinping pourraient se retrouver en marge du sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC), prévu à Shenzhen, en Chine, les 18 et 19 novembre, selon Reuters et Euronews.

L'idée a d'abord été rapportée par le Wall Street Journal, selon lequel Vladimir Poutine a proposé ce format pour discuter de la fin de la guerre en Ukraine. Kiev, elle, n'y serait pas associée.

Ce que dit le Kremlin

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a confirmé que le sujet avait été abordé, tout en le minimisant. « Aucune proposition ni aucun accord précis n'ont été discutés ou avancés par qui que ce soit », a-t-il déclaré, cité par Reuters.

Dmitri Peskov a aussi salué la poursuite de la médiation américaine et reconnu qu'un règlement final était impossible « sans la participation de quelqu'un à Kiev qui soit prêt à prendre ses responsabilités ». La formule renvoie à une ligne constante de Moscou : Vladimir Poutine a plusieurs fois exclu de rencontrer Volodymyr Zelensky avant qu'un accord de paix soit prêt, et met en doute sa légitimité depuis l'expiration de son mandat de cinq ans sous la loi martiale, rappelle Euronews.

Donald Trump se dit prêt

Interrogé le même jour, Donald Trump s'est dit disposé à rencontrer ses deux homologues en Chine, selon Euronews. Il a toutefois présenté la dénucléarisation comme le thème principal d'un tel sommet, l'Ukraine pouvant « éventuellement » être abordée. Il a promis de faire « tout ce que je peux pour mettre fin à la guerre ».

Le président américain a aussi eu des mots durs envers son homologue ukrainien : « Zelensky ne sait pas de quoi il parle », a-t-il lancé, estimant qu'il était « temps que quelqu'un d'autre négocie au nom de l'Ukraine ».

Côté chinois, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Mao Ning, a déclaré ne disposer d'aucune information sur une telle rencontre. Aucun calendrier n'est donc confirmé à ce stade.

Kiev refuse d'être mise à l'écart

L'Ukraine a vivement réagi. Son ministre des Affaires étrangères, Andriy Sybiha, a estimé sur X qu'une réunion Russie-Chine-États-Unis encouragerait Vladimir Poutine à poursuivre la guerre, alors qu'un format Ukraine-États-Unis-Russie pourrait y mettre fin plus vite, rapporte Reuters.

Les derniers pourparlers de paix sous médiation américaine remontent à février, avant le déclenchement de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran. Selon Reuters, Moscou et Kiev restent aussi éloignées que jamais sur les conditions d'un accord.

Un contexte de sanctions levées

Ce projet de sommet intervient quelques jours après une décision très commentée. Le vendredi 16 octobre, Donald Trump a signé un décret suspendant les nouvelles sanctions prévues par la loi Graham, votée par le Congrès en septembre, deux jours avant leur entrée en vigueur, selon ABC News. Le texte prévoyait notamment des droits de douane allant jusqu'à 500 % sur les produits russes et jusqu'à 100 % sur les cinq principaux acheteurs de pétrole et de gaz russes.

La Maison-Blanche a justifié ce choix par l'intérêt national. « Appliquer maintenant les sanctions entraverait les efforts américains en cours pour négocier un accord de paix durable et global », a déclaré sa porte-parole Taylor Rogers, citée par ABC News. Washington a aussi autorisé jusqu'en avril 2027 les ventes de diesel russe, selon Al Jazeera.

Les réactions ont été vives. L'émissaire russe Kirill Dmitriev a salué « un moment important et véritablement historique ». Volodymyr Zelensky a jugé que cette décision « semble erronée » et qu'elle « n'arrête certainement pas la guerre ». Au Congrès, le démocrate Chuck Schumer comme le républicain Thom Tillis ont critiqué la mesure, tandis que le Conseil européen a « regretté » la levée des sanctions sur le diesel.

Pourquoi l'Afrique est concernée

Pour le continent, une éventuelle négociation entre les trois puissances n'est pas un sujet lointain. La guerre en Ukraine a perturbé les marchés des céréales, des engrais et de l'énergie, dont dépendent de nombreux pays africains importateurs. Les choix de Washington sur le pétrole et le diesel russes, présentés par ABC News comme une manière de contenir la hausse des prix du diesel, pèsent aussi sur les carburants, alors que le détroit d'Ormuz reste au cœur du bras de fer avec l'Iran, qui presse Washington d'accepter sa proposition de réouverture, selon Reuters.

Sur le plan diplomatique, un dialogue direct entre Washington, Moscou et Pékin redessinerait les équilibres avec lesquels composent les capitales africaines, partenaires à la fois de la Chine, de la Russie et des États-Unis. Plusieurs d'entre elles ont d'ailleurs défendu, depuis 2022, une position de non-alignement sur ce conflit.

Questions fréquentes

Le sommet Poutine-Trump-Xi est-il confirmé ? Non. Le Kremlin parle d'une possibilité évoquée, sans proposition précise, et Pékin dit n'avoir aucune information.

Où et quand pourrait-il avoir lieu ? En marge du sommet de l'APEC à Shenzhen, en Chine, prévu les 18 et 19 novembre 2026.

L'Ukraine y participerait-elle ? Le format évoqué n'inclut pas Kiev, ce que le chef de la diplomatie ukrainienne dénonce.

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