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Soudan : à l'ONU, l'arrêt immédiat des frappes de drones réclamé, la paix toujours bloquée

Par Ibrahime StevePublié le •Politique•0 vues
Dessin satirique : deux généraux assis sur une carte du Soudan jouent aux drones avec des manettes de jeu vidéo pendant que des civils fuient avec des bols vides, sous le regard endormi de diplomates réunis autour d'une table où une colombe de la paix est ignorée.
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Le Soudan est dans sa quatrième année de guerre, sans issue en vue. Le 16 octobre 2026, la secrétaire générale adjointe de l'ONU aux affaires politiques, Rosemary DiCarlo, a dressé devant le Conseil de sécurité un constat sombre : les deux camps « ne se rapprochent pas du dialogue », selon le texte de son intervention publié par l'ONU.

Depuis avril 2023, l'armée soudanaise, dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhan, affronte les Forces de soutien rapide (FSR). Le conflit a fait des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés, rappelle The National.

Les drones, première cause de victimes civiles

Rosemary DiCarlo a demandé aux belligérants de « cesser immédiatement leur utilisation des drones », qui « restent la première cause de victimes civiles cette année ». Selon The National, plus de 1 100 personnes ont été tuées par des frappes de drones au premier semestre 2026.

Quelques exemples récents :

  • le 3 octobre, une frappe de drone a touché deux camions sous contrat avec le Programme alimentaire mondial (PAM), tuant un chauffeur ;
  • le 10 octobre, une frappe près de la frontière éthiopienne a tué 41 personnes déplacées, selon ONU Info ;
  • le 15 octobre, une frappe aérienne a tué cinq enfants dans une ville du Kordofan-Nord contrôlée par les FSR ; l'ONG Emergency Lawyers en accuse l'armée, rapporte The National.

Les combats sont les plus intenses dans le Kordofan-Nord, le Kordofan-Sud et l'État du Nil Bleu, et la violence s'étend au-delà, a indiqué la responsable onusienne, citée par Arab News. Elle a aussi évoqué l'anniversaire, à venir, de la chute d'El Fasher, capitale du Nord-Darfour prise par les FSR fin octobre 2025.

Trêve et sanctions : les positions au Conseil

Le représentant adjoint des États-Unis, Jeff Bartos, a plaidé pour une trêve humanitaire immédiate. « Nous avons besoin d'une trêve humanitaire », a-t-il déclaré, selon The National, en promettant de pousser à l'élargissement des sanctions. L'embargo sur les armes du Conseil reste aujourd'hui limité au Darfour, rappelle ONU Info.

L'ambassadrice adjointe du Royaume-Uni, Kate Foster, a réclamé des sanctions plus dures contre ceux qui arment et financent les belligérants. « Le soutien extérieur qui alimente ce conflit doit cesser », a-t-elle affirmé. Rosemary DiCarlo s'est elle aussi inquiétée des flux d'armes et des recrutements qui se poursuivent dans les deux camps.

Côté soudanais, le général al-Burhan a affirmé avoir adressé un message au président américain Donald Trump pour réaffirmer son engagement en faveur des efforts de paix soutenus par Washington, selon Arab News. Début octobre, il avait rencontré en Égypte Massad Boulos, conseiller de Donald Trump pour les affaires arabes et africaines. Nous n'avons pas trouvé de réaction publique des FSR à la réunion du Conseil.

Une médiation à plusieurs voies

L'ONU dit se coordonner avec le « Quad », l'un des groupes de médiation, qui cherche à obtenir un accord de trêve humanitaire. « Les négociations politiques et sécuritaires ne peuvent pas avancer sur des voies séparées », a insisté Rosemary DiCarlo. Selon Arab News, les deux camps ont tout de même formé des comités sur la libération de détenus et négocié des échanges de prisonniers.

Les civils tentent aussi de peser. Le 12 octobre, au siège de l'Union africaine à Addis-Abeba, une coalition civile anti-guerre conduite par Shehab Ibrahim, en présence de l'ancien Premier ministre Abdalla Hamdok, a rencontré des émissaires de l'UA, de l'ONU, de l'IGAD et de l'Union européenne, rapporte Sudan Tribune. Elle a proposé trois chantiers menés en parallèle : un cessez-le-feu temporaire, l'acheminement de l'aide et un dialogue politique global. Un comité préparatoire commun doit être créé.

La famine menace le Darfour et le Kordofan

Selon ONU Info, 20 millions de personnes souffrent de faim aiguë au Soudan, dont 200 000 à un niveau catastrophique. Le 12 octobre, le cadre IPC, outil de mesure de la faim soutenu par l'ONU, a lancé une nouvelle alerte : la sécheresse couvre plus de la moitié du pays et, dans deux camps de déplacés du Jebel Marra oriental, la malnutrition aiguë des enfants dépasse le seuil de famine, selon ONU Info. Au 8 octobre, moins de la moitié de l'appel humanitaire était financée.

Pourquoi c'est important pour l'Afrique

La guerre au Soudan déborde ses frontières : réfugiés vers les pays voisins, trafics d'armes, insécurité régionale. Elle teste aussi la capacité de l'Union africaine et de l'IGAD à peser face aux puissances extérieures impliquées.

FAQ

Qui s'affronte au Soudan ? L'armée soudanaise du général Abdel Fattah al-Burhan et les Forces de soutien rapide, depuis avril 2023.

Que demande l'ONU ? L'arrêt immédiat des frappes de drones, une trêve humanitaire, l'accès sûr de l'aide et la fin des livraisons d'armes.

Des négociations sont-elles en cours ? Des médiations existent (Quad, UA, IGAD, ONU), mais selon l'ONU, les deux camps ne se rapprochent pas du dialogue.

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