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Vaccin contre le paludisme en Afrique : 25 pays, quatre doses, ce qu'il faut savoir

Par Ibrahime StevePublié le •Santé•0 vues
vaccin paludisme Afrique
4 min de lecture

En octobre 2021, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommandait pour la première fois un vaccin contre le paludisme, le RTS,S. Cinq ans plus tard, avec un second vaccin, le R21, recommandé en octobre 2023, la vaccination antipaludique est entrée dans le calendrier de nombreux pays africains. Voici où en est le déploiement, selon les données officielles.

Le paludisme, première cible : les enfants africains

L'enjeu est considérable. Selon la page questions-réponses de l'OMS, mise à jour en février 2026, on estime à 282 millions le nombre de cas de paludisme dans le monde en 2024, et à 610 000 le nombre de décès. La Région africaine concentre 94 % des cas et 95 % des décès. Environ 438 000 enfants sont morts du paludisme en Afrique cette année-là.

Deux vaccins, quatre doses

Les deux vaccins, RTS,S et R21, visent le parasite Plasmodium falciparum, le plus répandu en Afrique. Ils sont « sûrs et efficaces et sont préqualifiés par l'OMS », indique l'organisation.

Ce qu'il faut savoir, selon l'OMS :

  • le schéma comporte quatre doses, à partir de l'âge de cinq mois ;
  • une cinquième dose peut être envisagée dans certaines zones à forte saisonnalité ;
  • lors des essais, les vaccins ont réduit de plus de 50 % les cas de paludisme la première année ;
  • dans les zones à transmission très saisonnière, combinés à la chimioprévention saisonnière, ils préviennent environ 75 % des accès palustres ;
  • aucune étude ne montre que l'un est plus efficace que l'autre ; le R21 est actuellement moins cher.

Un impact mesuré sur la mortalité infantile

Le 8 mai 2026, l'OMS a présenté de nouvelles données, publiées dans la revue The Lancet. Elles portent sur le programme pilote mené de 2019 à 2023 au Ghana, au Kenya et au Malawi, premiers pays à avoir introduit le RTS,S.

Résultat : sur quatre ans, environ un décès d'enfant sur huit a été évité chez les enfants éligibles à la vaccination. La page de l'OMS évoque une baisse de 13 % de la mortalité et une forte diminution des hospitalisations pour paludisme grave. L'étude montre aussi que le vaccin n'a pas fait reculer l'usage des moustiquaires.

« This is very solid evidence of the potential for malaria vaccines to change the trajectory of child mortality in Africa » (« ce sont des preuves très solides du potentiel des vaccins antipaludiques pour changer la trajectoire de la mortalité infantile en Afrique »), a déclaré Kate O'Brien, directrice du département Vaccination, vaccins et produits biologiques de l'OMS.

25 pays africains déjà engagés

D'après l'OMS, au moins 25 pays africains proposent désormais ces vaccins, et plus de 10 millions d'enfants sont ciblés chaque année. Le bureau régional de l'OMS pour l'Afrique indiquait en avril 2026 que plus de 52 millions de doses avaient été livrées depuis 2023.

Le Burkina Faso, qui a déployé le vaccin dans ses 70 districts sanitaires, fait figure d'exemple : les cas notifiés y ont baissé de 32 % entre 2024 et 2025, et les décès d'enfants liés au paludisme ont presque été divisés par deux, selon l'OMS Afrique. Le ministre de la Santé, Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, y évoque une « baisse drastique et historique des cas et des décès » (traduction de Splash Media).

D'autres pays préparent leur entrée. Le Sénégal prévoit d'introduire un vaccin antipaludique à partir de 2027, d'abord dans cinq districts sanitaires, selon une dépêche de l'AFP reprise par Le360 Afrique en avril.

Le financement, principal frein

L'offre de vaccins est suffisante, mais l'argent manque. L'OMS Afrique signale un déficit budgétaire proche de 30 % pour le programme antipaludique. Et de 2026 à 2030, les pays doivent financer une part croissante de leurs vaccins sur leurs propres budgets. Selon l'alliance du vaccin Gavi, citée par l'OMS Afrique, ces arbitrages pourraient se traduire par 600 000 vies sauvées en moins d'ici 2030.

Le vaccin ne remplace pas les autres moyens de prévention : les moustiquaires imprégnées et le diagnostic rapide en cas de fièvre restent essentiels. Pour savoir si votre enfant peut être vacciné et à quel âge, adressez-vous au centre de santé ou à un professionnel de santé, qui connaît le calendrier vaccinal de votre pays.

FAQ

Combien de doses faut-il pour le vaccin contre le paludisme ? Quatre doses à partir de cinq mois, selon l'OMS, avec une cinquième dose possible dans certaines zones.

Le vaccin protège-t-il à 100 % ? Non. Il réduit fortement le risque, mais il doit être associé aux moustiquaires et aux autres mesures de prévention.

Combien de pays africains vaccinent contre le paludisme ? Au moins 25, selon l'OMS en 2026.

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