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Alopécie de traction : quand les tresses trop serrées font tomber les cheveux

Par Ibrahime StevePublié le •Beauté & Bien-être•0 vues
alopécie de traction
4 min de lecture

Tresses, nattes collées, tissages, extensions : ces coiffures dites protectrices sont souvent adoptées pendant la saison sèche et à l'approche des fêtes de fin d'année. Bien posées, elles ménagent les cheveux crépus. Trop serrées ou portées trop longtemps, elles peuvent provoquer une chute de cheveux appelée alopécie de traction, que les dermatologues observent fréquemment chez les femmes d'ascendance africaine.

Qu'est-ce que l'alopécie de traction ?

L'alopécie de traction est une perte de cheveux causée par une tension répétée sur la racine. Dans une revue publiée en 2013 dans les Annales de dermatologie et de vénéréologie et mise en ligne par la Société française de dermatologie, les médecins Nicolas Kluger, Brigitte Cavelier-Balloy et Pascal Assouly la décrivent comme « une variété d'alopécie traumatique ».

Toutes les textures de cheveux peuvent être concernées. Mais selon la fiche médicale StatPearls, hébergée par la bibliothèque nationale de médecine des États-Unis et mise à jour en mai 2025, les femmes d'ascendance africaine aux cheveux très frisés sont les plus touchées.

Des chiffres qui interpellent

Plusieurs études menées en Afrique du Sud donnent la mesure du phénomène. D'après StatPearls :

  • jusqu'à 31,7 % des femmes adultes présentaient des signes d'alopécie de traction, contre 2,3 % des hommes ;
  • chez les enfants de 6 à 15 ans, la fréquence variait de 8,6 % à 21,7 % ;
  • chez les écolières africaines étudiées, 17,1 % étaient touchées, contre aucun écolier.

La revue française cite aussi une petite série nigériane, où la fréquence atteignait 7,7 %. Ces chiffres proviennent d'études limitées à certaines populations : ils ne permettent pas de mesurer la fréquence sur tout le continent.

Quelles coiffures sont en cause ?

Les spécialistes citent surtout les coiffures qui tirent en continu sur le cuir chevelu : tresses et nattes serrées, queues-de-cheval tendues, chignons, tissages, extensions et dreadlocks. Les défrisants et le lissage à chaud fragilisent la fibre et aggravent le risque, d'après StatPearls. Les accessoires trop serrés, comme les bigoudis, les barrettes ou les foulards noués trop fort, peuvent aussi jouer.

Les signes qui doivent alerter

L'Académie américaine de dermatologie (AAD) est claire : « Si votre coiffure est douloureuse, c'est qu'elle est trop serrée. » Parmi les signaux d'alerte qu'elle liste :

  • une douleur ou des picotements après la pose ;
  • des croûtes ou des petits boutons autour des racines ;
  • un cuir chevelu qui se soulève « en tente » à la base des tresses ;
  • des cheveux cassés sur le front, une ligne frontale qui recule ou des zones dégarnies là où les cheveux sont tirés.

Les zones les plus touchées sont les tempes et le pourtour du front. Les dermatologues décrivent aussi un « signe de la frange » : une fine rangée de petits cheveux persiste au bord du front, devant la zone dégarnie.

Une chute réversible si l'on agit tôt

La bonne nouvelle, c'est qu'au début, la chute est réversible. StatPearls décrit une maladie en deux temps : d'abord une perte sans cicatrice, qui peut régresser, puis, si la traction se répète pendant des années, une destruction du follicule qui rend la perte définitive.

L'AAD le résume ainsi : l'alopécie de traction peut devenir permanente si elle n'est pas prise en charge à temps. Une fois que la peau est devenue lisse et sans cheveux, ils ne repoussent plus.

Les gestes recommandés par les dermatologues

L'AAD conseille notamment de :

  • desserrer les tresses, surtout sur la ligne frontale ;
  • préférer des tresses et des locks plus épaisses et plus courtes, car les cheveux longs tirent davantage ;
  • ne pas garder ses tresses plus de 6 à 8 semaines ;
  • privilégier les tissages cousus plutôt que collés, et les retirer en cas de douleur ou d'irritation ;
  • alterner les coiffures et laisser régulièrement les cheveux au repos ;
  • choisir des foulards en soie ou en satin et ne pas tirer les cheveux avant de les couvrir.

Pour les enfants, dont les follicules sont plus fragiles, StatPearls et la revue française insistent sur l'information des parents. Pour protéger ses cheveux pendant la saison sèche, Splash Media a aussi publié un guide contre l'harmattan.

Consulter sans attendre

En cas de chute visible, de douleur persistante ou de boutons sur le cuir chevelu, il est conseillé de consulter un dermatologue ou un médecin. Lui seul peut poser le diagnostic, car d'autres causes de chute existent, et proposer une prise en charge adaptée. Les auteurs de la revue française notent d'ailleurs que les patientes font souvent mal le lien entre leur chute et leur coiffure.

FAQ

Les tresses font-elles tomber les cheveux ? Pas forcément. C'est la tension trop forte et répétée qui pose problème. Des tresses peu serrées, portées pour une durée limitée, présentent moins de risques selon l'AAD.

Combien de temps garder ses tresses ? L'Académie américaine de dermatologie recommande de ne pas les porter plus de 6 à 8 semaines.

Les cheveux peuvent-ils repousser ? Oui si la chute est prise en charge tôt. Elle peut devenir définitive après des années de traction. Un dermatologue peut évaluer la situation.

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