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CEDEAO-AES : à Dakar, les deux blocs lancent les travaux d'un accord-cadre de coopération

Par Ibrahime StevePublié le •Politique•0 vues
Siège CEDEAO à Abuja
4 min de lecture

La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et la Confédération des États du Sahel (AES), qui regroupe le Mali, le Burkina Faso et le Niger, ont tenu le samedi 17 octobre 2026 à Dakar leur première réunion ministérielle d'échanges. Elle s'est conclue par une déclaration conjointe et une décision concrète : la création de groupes de travail thématiques chargés de préparer un accord-cadre de coopération.

C'est le premier face-à-face de ce niveau depuis le départ des trois pays sahéliens de l'organisation régionale, effectif en janvier 2025. Le communiqué, rapporté notamment par PressAfrik et Le Soleil, présente la rencontre comme une séance de « prise de contact et d'échanges ».

Qui était autour de la table

La réunion a été coprésidée par deux ministres des Affaires étrangères. Côté CEDEAO, le Sénégalais Cheikh Niang, ministre de l'Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l'extérieur, qui préside aussi le Conseil des ministres de l'organisation. Côté AES, le Burkinabè Karamoko Jean-Marie Traoré, président du Comité ministériel de pilotage de la Confédération.

Le choix de Dakar n'est pas anodin. Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye assure la présidence en exercice de la Conférence des chefs d'État de la CEDEAO, et les deux délégations l'ont remercié, ainsi que le gouvernement et le peuple sénégalais, pour leur hospitalité. La composition complète des délégations n'a pas été rendue publique

Ce que dit la déclaration conjointe

Selon le texte, les deux parties ont salué un « esprit de fraternité, de respect mutuel et d'ouverture ». Elles rappellent les liens historiques, socioculturels et économiques qui unissent les peuples ouest-africains.

Les relations futures doivent reposer, selon le communiqué, sur le bon voisinage, le respect de la souveraineté des États ainsi que la dignité et le bien-être des populations. Les deux organisations disent rechercher un cadre de coopération « équilibré, réaliste » qui préserve les intérêts de leurs peuples.

La mention de la souveraineté répond à une exigence constante des autorités de Bamako, Ouagadougou et Niamey, qui avaient dénoncé les sanctions et les pressions de la CEDEAO après les coups d'État survenus dans ces pays entre 2020 et 2023.

Des groupes de travail, mais pas encore de calendrier

La décision principale tient en une ligne : des groupes de travail thématiques conjoints vont mener les discussions techniques en vue d'un accord-cadre de coopération. Leurs conclusions seront soumises aux ministres avant la prochaine session ministérielle.

Plusieurs points restent cependant ouverts. Le communiqué ne précise ni les thèmes de ces groupes, ni leur composition, ni l'échéance visée pour l'accord. La date et le lieu de la prochaine réunion seront fixés « par voie diplomatique », indiquent les deux sources.

Une revue de presse régionale publiée par Impact.sn cite, parmi les pistes de dialogue, la libre circulation des personnes et des biens, la régulation douanière ou l'interconnexion énergétique. Ces thèmes n'apparaissent toutefois pas explicitement dans la déclaration conjointe publiée à l'issue de la rencontre.

Une rupture vieille de près de deux ans

Les trois États de l'AES, dirigés par des militaires, ont annoncé leur retrait de la CEDEAO en janvier 2024, devenu effectif en janvier 2025. Ils ont ensuite approfondi leur propre intégration : confédération, passeport commun, force militaire unifiée lancée à Bamako fin 2025.

Le dialogue n'avait pourtant jamais été totalement rompu. La rencontre de Dakar s'inscrit dans la continuité de consultations tenues le 22 mai 2025 à Bamako, rappellent les deux sources. Les trois pays avaient aussi réintégré le GIABA, l'organe régional de lutte contre le blanchiment rattaché à la CEDEAO, comme l'avait raconté Splash Media.

Ce qui est en jeu pour les populations

Pour les habitants de la région, l'enjeu est très concret : circulation des personnes, commerce transfrontalier, transit des marchandises vers les ports côtiers, coopération sécuritaire face aux groupes armés. Les trois pays de l'AES sont enclavés et dépendent en grande partie des corridors de Dakar, d'Abidjan, de Lomé ou de Cotonou.

Un accord-cadre permettrait de donner une base juridique stable à ces échanges, sans remettre en cause la sortie de l'AES de la CEDEAO. Reste à voir si les groupes de travail parviendront rapidement à des propositions concrètes : la prochaine session ministérielle, dont la date n'est pas connue, servira de premier test.

Questions fréquentes

Les pays de l'AES reviennent-ils dans la CEDEAO ? Non. La réunion de Dakar vise un accord-cadre de coopération entre deux organisations distinctes, pas une réintégration.

Quand l'accord-cadre sera-t-il signé ? Aucune échéance n'a été annoncée. Les groupes de travail doivent d'abord rendre leurs conclusions aux ministres.

Qui a coprésidé la réunion ? Le ministre sénégalais Cheikh Niang pour la CEDEAO et le ministre burkinabè Karamoko Jean-Marie Traoré pour l'AES.

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