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Crise de Moyale : plus de 50 000 Éthiopiens réfugiés au Kenya, l'ONU appelle à l'aide

Par Ibrahime StevePublié le •Actualités•0 vues
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Le chiffre a grimpé en quelques jours. Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), cité par le site éthiopien Borkena le 29 octobre, le nombre de personnes arrivées dans le comté kényan de Marsabit est passé de 36 000 en début de semaine à plus de 50 000. Ce 4 novembre, le média Addis Standard rapporte que les autorités kényanes, le HCR et la Croix-Rouge kényane ont commencé à enregistrer ces réfugiés, qui reçoivent un bracelet bleu portant un code d'identification unique.

La représentante du HCR au Kenya, Fatima Mohammed-Cole, souligne que ces chiffres évoluent encore, selon Borkena : les arrivées continuent et aucun bilan définitif n'a été publié.

Un drapeau à l'origine des violences

Moyale est une ville coupée en deux par la frontière entre l'Éthiopie et le Kenya, et l'un des principaux points de passage routiers entre les deux pays. Côté éthiopien, elle est administrée conjointement par deux États régionaux, l'Oromia et la région Somali, dont les limites et les compétences sont disputées de longue date entre communautés borana (oromo) et garre (somali).

Selon Addis Standard, la crise a démarré autour du 18 octobre, avec la levée du drapeau de l'État régional Somali et l'ouverture d'un bureau administratif dans la ville. D'après l'observatoire des conflits ACLED, cité par l'AFP et repris par Arab News, cette confrontation a coûté la vie à une adolescente de 13 ans. Les combats entre forces régionales ont ensuite éclaté le mardi 20 octobre, selon l'agence.

« Les combattants somalis tirent à l'arme lourde depuis de grands bâtiments de la ville, tandis que les forces de l'Oromia ripostent », a déclaré un habitant, Wako Ganale, à l'AFP (propos traduits de l'anglais). Au 24 octobre, ACLED recensait au moins cinq autres morts, un bilan que l'AFP n'a pas pu vérifier de façon indépendante. Aucun bilan consolidé n'a été rendu public depuis.

Les affrontements se sont étendus aux districts d'Arero et de Wachile, dans la zone Borana, selon Borkena. À la date du 24 octobre, le gouvernement fédéral du Premier ministre Abiy Ahmed n'avait pas réagi, indiquait l'AFP. Nous n'avons pas trouvé de déclaration officielle d'Addis-Abeba publiée depuis.

Côté kényan, des balles perdues et des écoles déplacées

Les violences débordent désormais la frontière. Le lundi 2 novembre, Amina Guchi, 65 ans, a été tuée devant les bureaux du comté à Moyale, touchée à la tête par ce qui serait une balle perdue tirée depuis l'Éthiopie, selon la police citée par le quotidien kényan The Star. Les circonstances exactes font l'objet d'une enquête.

La veille, une équipe de déminage de l'armée kényane avait fait exploser trois roquettes tombées côté kényan, dont l'une à l'école primaire de Sessi. Il n'y a pas eu de blessé, mais les cours ont été perturbés. Deux centres d'examen du KCSE, l'examen de fin d'études secondaires, ont été déplacés par précaution.

De quoi les réfugiés ont besoin

La plupart des personnes arrivées sont des femmes, des enfants et des personnes âgées. Certaines sont hébergées par des proches ou des familles d'accueil ; d'autres dorment dans des écoles, des églises ou des sites improvisés comme ceux de St. Mary's, Manyatta Burji et Sessi, selon Addis Standard. L'accueil se fait notamment dans les camps de Harhosa et d'OMC.

Selon The Star, les besoins sont les suivants :

  • la nourriture, priorité absolue ;
  • l'eau potable et l'assainissement ;
  • des abris d'urgence ;
  • l'accès aux soins.

Le HCR a déployé une équipe d'urgence et mobilise des secours pour près de 12 000 personnes. Quatre agences de l'ONU (HCR, UNICEF, OIM et Programme alimentaire mondial) demandent ensemble 8,9 millions de dollars pour soutenir jusqu'à 50 000 personnes pendant trois mois. La Croix-Rouge kényane distribue déjà des kits d'abri et des vivres.

Pourquoi cette crise compte au-delà de Moyale

Ce n'est pas la première flambée à Moyale : la ville avait déjà connu des violences meurtrières en 2018, que les autorités éthiopiennes avaient alors attribuées à la circulation d'armes illégales, selon Africanews. Le conflit actuel rappelle la fragilité du fédéralisme éthiopien, où des États régionaux disposant de leurs propres forces se disputent territoires et administration.

Pour le Kenya, l'afflux s'ajoute aux pressions humanitaires existantes dans le nord du pays. Et pour toute la Corne de l'Afrique, une instabilité durable sur cet axe routier entre Nairobi et Addis-Abeba pèserait sur les échanges et les déplacements de part et d'autre de la frontière.

Questions fréquentes

Pourquoi se bat-on à Moyale ? Les forces et milices liées aux États régionaux Oromia et Somali s'affrontent depuis le 20 octobre, après la levée du drapeau de la région Somali dans cette ville administrée conjointement, selon l'AFP et Addis Standard.

Combien de personnes ont fui au Kenya ? Plus de 50 000, selon le HCR. Le chiffre évolue encore et l'enregistrement officiel est en cours dans le comté de Marsabit.

Combien d'argent faut-il pour les aider ? Les agences de l'ONU demandent 8,9 millions de dollars pour couvrir trois mois d'aide à 50 000 personnes au maximum.

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