Deux semaines après la mort de son premier patient, le Kenya compte désormais huit cas confirmés d'Ebola. Parmi eux figurent plusieurs soignants qui avaient pris en charge ce premier malade, arrivé de République démocratique du Congo (RDC). Les autorités se veulent rassurantes : aucune transmission communautaire n'a été détectée et le pays reste ouvert.
Comment le virus est arrivé au Kenya
Le premier patient est un Kenyan de 40 ans qui vivait en RDC. Selon l'Associated Press (AP), reprise par ABC News, il a voyagé depuis le Congo en passant par l'Ouganda, est arrivé au Kenya le 3 octobre et a été conduit à l'hôpital par un proche. Il est mort le 5 octobre à Nairobi. Le diagnostic d'Ebola a été confirmé le 6 octobre, d'après US News.
Le 17 octobre, le ministère de la Santé a annoncé quatre nouveaux cas, portant le total à sept : trois agents de santé qui avaient soigné le premier patient et un homme de sa famille, rapporte l'AP. Tous se trouvaient déjà en quarantaine lorsqu'ils ont été testés positifs, précise The Kenya Times.
Un huitième cas a ensuite été annoncé par le directeur général de la Santé, Patrick Amoth : une personne de 49 ans, placée en quarantaine, qui s'était occupée du premier malade. Selon lui, les six autres patients sont dans un état stable après traitement.
Les chiffres clés au Kenya
- 8 cas confirmés, dont le premier patient, décédé le 5 octobre ;
- au moins 3 soignants contaminés en s'occupant de lui ;
- 130 contacts identifiés, dont 128 placés en quarantaine ; les deux derniers sont toujours recherchés ;
- 21 jours : la durée de surveillance des personnes exposées.
Le ministère prévient que d'autres cas peuvent encore apparaître parmi les personnes déjà en quarantaine avant la fin de cette période de 21 jours. Il estime toutefois que le risque pour la population générale reste faible.
« Le Kenya reste ouvert »
Face aux rumeurs de confinement, le ministère de la Santé a démenti toute fermeture du pays. « Le Kenya reste ouvert, sans restriction sur les voyages, le commerce ou les rassemblements publics », a déclaré Patrick Amoth, cité par The Kenya Times.
Le pays a néanmoins renforcé le contrôle sanitaire à ses frontières et ouvert une ligne d'urgence pour toute personne ayant été en contact avec un malade ou présentant des symptômes. À l'aéroport principal de Nairobi, une porte est dédiée aux vols en provenance de dix pays au centre de l'épidémie, selon l'AP. Par ailleurs, la suspension des réunions et séminaires dans les hôtels, annoncée le 7 octobre, a été limitée au seul personnel du département d'État à la Santé publique.
La Tanzanie voisine a, elle aussi, durci ses contrôles aux frontières : déclaration sanitaire obligatoire et suivi de 21 jours pour les voyageurs venant de pays à haut risque.
En RDC, une épidémie qui s'étend
Le Kenya subit le contrecoup de l'épidémie qui frappe la RDC depuis mai, que Splash Media suit de près, notamment son extension au Nord-Ubangi. Selon l'AP, elle a fait au moins 4 000 morts, ce qui en fait la plus meurtrière de l'histoire du pays et celle qui progresse le plus vite jamais enregistrée. Elle touche désormais huit provinces et 66 zones de santé. L'Ituri reste l'épicentre, avec près des trois quarts des cas confirmés.
« Nous voyons des foyers d'Ebola globalement reculer, mais malheureusement, géographiquement, l'épidémie s'étend », a résumé à l'AP Mohamed Yakub Janabi, directeur régional de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l'Afrique, depuis Beni, dans l'est du Congo. Pour freiner la propagation, la province du Nord-Kivu interdit pendant une semaine, à partir de ce lundi 19 octobre, les entrées depuis l'Ituri et suspend les grands rassemblements.
Pourquoi cette souche inquiète
L'épidémie est causée par le virus Bundibugyo, une forme rare d'Ebola. Contrairement à la souche Zaïre, la plus connue, il n'existe pour lui aucun vaccin ni traitement homologué, rappelle l'AP. Le virus se transmet par contact direct avec les fluides corporels d'une personne malade (sang, vomissements) ou par des objets contaminés, comme le linge de lit ou les vêtements.
Pour l'Afrique de l'Est, l'enjeu est désormais régional. Nairobi est l'un des principaux carrefours aériens du continent, et la circulation entre la RDC, l'Ouganda, le Kenya et la Tanzanie est intense. La rapidité du traçage des contacts au Kenya sera déterminante pour éviter qu'un nouveau foyer ne s'installe hors du Congo.
FAQ
Combien de cas d'Ebola au Kenya ? Huit cas confirmés à ce jour, dont le premier patient, mort le 5 octobre 2026 à Nairobi après être arrivé de RDC.
Le Kenya a-t-il fermé ses frontières ? Non. Le ministère de la Santé affirme qu'il n'y a aucune restriction sur les voyages, le commerce ou les rassemblements, mais le contrôle sanitaire aux frontières et à l'aéroport de Nairobi a été renforcé.
Existe-t-il un vaccin contre cette souche ? Non. Le virus Bundibugyo, responsable de l'épidémie, n'a ni vaccin ni traitement homologué, selon l'AP.
