L'épidémie d'Ebola partie d'Afrique centrale atteint désormais l'Afrique de l'Ouest. Le Nigeria, pays le plus peuplé du continent, a annoncé le 20 octobre son premier cas confirmé, dans la capitale fédérale. L'annonce intervient alors que le Kenya compte déjà neuf malades et que les agences sanitaires parlent d'une flambée d'une ampleur inédite.
Une patiente arrivée d'Ouganda par avion
Selon l'Associated Press, reprise par KPBS, la patiente est une femme qui a voyagé depuis l'Ouganda. Ses premiers symptômes sont apparus le 7 octobre. Elle a été admise le 11 octobre dans un hôpital privé d'Abuja, où le diagnostic d'Ebola a ensuite été posé.
Les autorités ont identifié 44 contacts et ont commencé à les retrouver. « Nous faisons tout notre possible pour contenir ce cas en recherchant tous les contacts que la personne a pu avoir », a déclaré le ministre de la Santé, Muhammad Pate, cité par Al Jazeera et l'AP.
Le lieu exact de la contamination n'a pas été précisé. L'Ouganda avait signalé des cas plus tôt dans l'année, avant de se déclarer débarrassé du virus, rappelle Al Jazeera.
Abuja dit s'être préparé depuis juin
Le Nigeria n'est pas pris totalement au dépourvu. Selon l'AP, le pays a mis en place un groupe de travail sur Ebola dès juin, après le début de l'épidémie en République démocratique du Congo à la mi-mai. Il y a deux semaines, après la détection du virus au Kenya, le Centre nigérian de contrôle des maladies (NCDC) avait annoncé un renforcement de la surveillance.
Ses priorités, d'après l'AP, sont la détection précoce, l'isolement et le transfert des malades, le diagnostic en laboratoire, la prévention des infections, le suivi des contacts, la communication sur les risques et la protection des soignants.
Au sommet de l'État, le souvenir de 2014 reste vif. « Nous ne voulons pas que se répète ce qui s'est passé lors de la dernière épidémie, quand un porteur du virus est entré dans le pays », a déclaré Femi Gbajabiamila, directeur de cabinet du président Bola Tinubu, cité par l'AP.
Le précédent de 2014
Lors de la grande épidémie d'Afrique de l'Ouest de 2014-2016, qui a fait 11 000 morts dans la région, le Nigeria avait enregistré 20 cas. Le pays avait déclaré la fin de l'épidémie sur son sol au bout de trois mois, un succès souvent cité en exemple pour la rapidité du suivi des contacts.
Le défi est cette fois différent. Selon l'AP, l'épidémie actuelle est due à la souche Bundibugyo, rare, contre laquelle il n'existe ni vaccin homologué ni traitement spécifique, souligne Al Jazeera. Les autorités nigérianes n'ont toutefois pas encore précisé publiquement la souche en cause chez la patiente d'Abuja.
Une épidémie d'une ampleur inédite
Les chiffres de la flambée régionale sont lourds, avec de légères différences selon les sources :
- plus de 9 000 personnes infectées depuis mai, selon l'AP et Al Jazeera ;
- plus de 4 300 morts selon l'AP, « plus de 4 000 » en RDC selon Al Jazeera, qui cite le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) ;
- une létalité proche de 50 %, selon le directeur général de l'Africa CDC, Jean Kaseya ;
- neuf cas au Kenya, tous liés à un même foyer familial, selon le ministère kényan de la Santé.
« Nous faisons face à une menace extrêmement grave », a écrit Jean Kaseya sur X, ajoutant que cette épidémie de Bundibugyo est « déjà devenue la plus étendue géographiquement de l'histoire ». Selon l'AP, l'Organisation mondiale de la santé la décrit comme la plus rapide jamais enregistrée et estime qu'elle est en passe de dépasser celle de 2014-2016.
Au Kenya, le directeur général de la Santé, Patrick Amoth, a indiqué qu'il n'y avait « à ce jour aucune preuve de transmission en dehors de ce groupe ». Splash Media avait détaillé la progression du virus au Kenya.
Questions fréquentes
Combien de cas d'Ebola au Nigeria ? Un seul cas confirmé à ce stade, annoncé le 20 octobre 2026 à Abuja. Les 44 contacts identifiés sont en cours de suivi.
D'où vient la patiente ? Elle est arrivée d'Ouganda par avion. Le lieu où elle a été infectée n'a pas été communiqué.
Existe-t-il un vaccin contre la souche Bundibugyo ? Non. Selon Al Jazeera, il n'existe ni vaccin homologué ni traitement spécifique contre cette souche, ce qui complique la riposte.
Le Nigeria a-t-il déjà vaincu Ebola ? Oui. En 2014, le pays avait enregistré 20 cas et déclaré la fin de l'épidémie sur son territoire au bout de trois mois.
