Au Kenya, la friperie (« mitumba » en swahili) habille une grande partie de la population. Mais tout ne peut pas entrer dans les balles importées. Le 21 octobre 2026, le Bureau kényan des normes (KEBS) a intercepté des sous-vêtements usagés lors d'une inspection, et en a profité pour rappeler les règles aux importateurs.
Ce qui s'est passé
Selon le site d'information Kenyans.co.ke, les agents du KEBS ont découvert des sous-vêtements usagés, dont l'importation est interdite, lors d'un contrôle mené le mercredi 21 octobre. L'organisme a indiqué qu'il poursuivrait sa campagne de contrôle pour protéger les consommateurs, avec une inspection « à 100 % » des cargaisons.
Plusieurs points restent flous. Le KEBS n'a pas communiqué la quantité saisie, le nom de l'importateur ni si une partie de la marchandise avait déjà atteint le marché, relève le média Mwakilishi. Le lieu exact de l'inspection n'a pas non plus été précisé.
Les articles interdits dans les balles de friperie
D'après les deux médias, la réglementation kényane exclut des importations de vêtements usagés :
- les sous-vêtements : slips, soutiens-gorge, caracos ;
- les chaussettes et bas ;
- les maillots de bain ;
- les vêtements de nuit : pyjamas, chemises de nuit ;
- les tenues hospitalières ;
- les serviettes de bain usagées.
Mwakilishi insiste sur un point : une balle majoritairement conforme ne suffit pas. Les articles interdits doivent être absents de toute la cargaison. Le média cite la norme KS EAS 356:2019, qui encadre l'inspection et l'acceptation des textiles usagés, et rappelle que la société d'inspection Cotecna exige des fournisseurs une déclaration attestant l'absence d'articles interdits.
Une interdiction qui ne date pas d'hier
Cette règle n'est pas nouvelle. Selon Kenyans.co.ke, la restriction sur les sous-vêtements usagés remonte au moins à 2004, quand le Parlement s'est saisi de la question et que le gouvernement a imposé l'interdiction. Les députés avaient alors évoqué des risques sanitaires, notamment des infections fongiques. L'objectif affiché reste l'hygiène et la santé publique pour les vêtements portés au contact du corps.
Les importateurs doivent par ailleurs s'enregistrer auprès du KEBS sur un portail en ligne, en fournissant les informations de leur entreprise, leur numéro fiscal (KRA PIN) et l'adresse de leur entrepôt.
Une filière essentielle pour les Kényans
La friperie n'est pas un marché marginal au Kenya. Pour la Mitumba Consortium Association of Kenya, citée par Mwakilishi, ce commerce fait vivre de nombreuses familles, permet d'acheter des vêtements abordables et favorise la réutilisation des textiles.
Les balles viennent de loin. Selon Kenyans.co.ke, la Chine a fourni plus de la moitié des cargaisons de mitumba du Kenya en 2023. Les autres fournisseurs incluent les États-Unis, le Canada, les Émirats arabes unis, le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Pologne, la Lituanie et l'Inde.
Les prix vont-ils augmenter ?
C'est la question que se posent vendeurs et clients. Le quotidien kényan People Daily, repris par Ghanamma, estime que les prix pourraient subir une pression si les importateurs supportent des coûts supplémentaires liés aux lots non conformes. Mais il souligne qu'il n'existe « aucune preuve confirmée » que cette saisie rendra les vêtements d'occasion plus chers.
Ce que cela dit de la mode de seconde main en Afrique
Du Kenya au Ghana, en passant par l'Afrique de l'Ouest francophone, la friperie fait partie du quotidien et inspire aussi une nouvelle génération de stylistes et de revendeurs. L'épisode kényan rappelle que ce commerce, très populaire, est aussi encadré par des normes d'hygiène que les importateurs doivent respecter, du port jusqu'à l'étal du marché.
FAQ
Qu'est-ce que le mitumba ? C'est le nom donné en swahili aux vêtements et chaussures d'occasion importés, vendus sur les marchés d'Afrique de l'Est.
Quels vêtements d'occasion sont interdits à l'importation au Kenya ? Les sous-vêtements, chaussettes, bas, maillots de bain, vêtements de nuit, tenues hospitalières et serviettes de bain usagés, selon les règles rappelées par le KEBS.
Pourquoi ces articles sont-ils interdits ? Pour des raisons d'hygiène et de santé publique. L'interdiction remonte au moins à 2004, selon Kenyans.co.ke.
