Le président ghanéen John Dramani Mahama veut que les minerais bruts cessent de quitter le pays d'ici 2030. Il l'a annoncé le lundi 19 octobre 2026 à Accra, lors de la conférence Mining in Motion 2026, consacrée à l'avenir minier du continent, selon MyJoyOnline et ModernGhana.
« J'ai fixé un objectif clair : d'ici 2030, les minerais bruts ne devront plus quitter nos côtes », a déclaré le chef de l'État, cité par MyJoyOnline. Il a aussi annoncé plus de 200 millions de cedis pour réhabiliter des terres détruites par l'orpaillage illégal, appelé « galamsey » au Ghana.
Une interdiction progressive, minerai par minerai
Le Ghana ne compte pas fermer ses frontières aux minerais bruts du jour au lendemain. « Nous mènerons une interdiction progressive des exportations de minerais non transformés », a précisé John Mahama, selon Citi Newsroom.
Selon les deux médias, cette interdiction reposera sur trois outils :
- des mesures législatives ;
- des exigences propres à chaque minerai ;
- des calendriers de mise en œuvre rendus publics.
Les minerais cités sont la bauxite, le manganèse, le fer et le lithium. Les articles ne mentionnent pas l'or. Le Ghana interdit déjà l'exportation de ferraille et de métaux non ferreux, a rappelé le président.
Le message adressé aux investisseurs
Le chef de l'État a aussi adressé un avertissement aux compagnies minières. « Les investisseurs doivent comprendre les obligations de transformation liées à l'accès à nos ressources », a-t-il déclaré, selon Citi Newsroom.
L'objectif affiché est de développer la transformation locale, de soutenir l'industrialisation et de garder dans l'économie nationale une plus grande part de la valeur tirée des minerais. Selon GBC, la radio-télévision publique, le pays avance déjà sur la transformation du manganèse.
Aucun chiffre sur les volumes ou les recettes d'exportation concernés n'a été communiqué. Le calendrier détaillé, minerai par minerai, reste à publier.
200 millions de cedis contre les ravages du galamsey
Le second volet du discours concerne l'orpaillage illégal, un fléau qui pollue les cours d'eau et détruit les forêts du pays. « 200 millions de cedis ont été alloués à la réhabilitation de 5 000 acres de terres, à partir de l'année prochaine », a déclaré John Mahama, cité par ModernGhana.
Un point reste à clarifier : GBC parle de 5 000 hectares, et non d'acres. L'écart est important, puisqu'un hectare vaut environ 2,5 acres. Selon GBC, l'orpaillage illégal aurait détruit environ 12 000 hectares de terres.
Le président a donné plusieurs chiffres sur l'ampleur du phénomène et la riposte de l'État, selon ModernGhana :
- 48 des 288 réserves forestières du pays ont été touchées par l'orpaillage illégal ;
- 9 réserves, classées « zones rouges » car les forces de sécurité ne pouvaient pas y entrer, ont été libérées et sont en cours de préparation pour leur réhabilitation ;
- plus de 8 200 équipements ont été confisqués, dont 135 pelleteuses, et près de 200 armes à feu récupérées ;
- 6 060 pelleteuses ont été enregistrées et retenues dans les ports, et 2 059 ont été équipées de traceurs.
Selon la même source, le budget 2027 prévoit également 200 millions de cedis pour le comité interministériel de lutte contre l'orpaillage illégal (NICCIM) et les Blue Water Guards. L'article ne précise pas s'il s'agit des mêmes fonds que ceux annoncés pour la réhabilitation.
Une tendance de fond en Afrique de l'Ouest
Le Ghana n'est pas seul sur cette voie. Plusieurs pays de la région cherchent à transformer localement leurs ressources plutôt qu'à exporter des matières premières brutes. Au Burkina Faso, par exemple, la Raffinerie nationale d'or (RAFFINOR-BF) illustre cette ambition.
John Mahama a enfin indiqué que le Ghana comptait utiliser sa future présidence de l'Union africaine pour porter son « Accra Reset Agenda », un programme de reprise en main des ressources nationales, selon GBC.
Cette annonce intervient quelques jours après la présentation par le président d'un plan de 10 milliards de dollars sur cinq ans pour l'emploi, détaillé par Splash Media.
FAQ
Que prévoit le Ghana pour les minerais bruts ? Une interdiction progressive des exportations de minerais non transformés, avec l'objectif qu'aucun minerai brut ne quitte le pays d'ici 2030.
Quels minerais sont concernés ? La bauxite, le manganèse, le fer et le lithium sont cités. L'or n'est pas mentionné dans les déclarations rapportées.
Qu'est-ce que le galamsey ? C'est le nom donné au Ghana à l'orpaillage illégal à petite échelle. Il détruit des forêts, des terres agricoles et pollue les cours d'eau.
Les citations ont été traduites de l'anglais par la rédaction.
