Première raffinerie nationale d’or du pays, elle dispose d’une capacité initiale annoncée de 164 tonnes par an, extensible à 515 tonnes. Le projet représente un investissement de plus de 11 milliards de FCFA et doit permettre au Burkina Faso de raffiner davantage de son or sur son propre territoire.
Cette inauguration constitue l’aboutissement d’un projet lancé près de trois ans auparavant. La première pierre de la raffinerie avait été posée le 23 novembre 2023, avec l’objectif affiché de réduire l’exportation de l’or brut, de conserver davantage de valeur ajoutée dans le pays et de renforcer le contrôle de la filière aurifère.
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Qu’est-ce que RAFFINOR-BF ?
RAFFINOR-BF est la Raffinerie Nationale d’Or du Burkina Faso. Implantée à Ouagadougou, elle constitue la première raffinerie nationale destinée à l’affinage de l’or au Burkina Faso.
Son rôle consiste notamment à traiter et affiner localement le métal précieux afin d’obtenir de l’or répondant à des standards élevés de pureté, plutôt que de dépendre systématiquement de raffineries situées à l’étranger.
RAFFINOR-BF vise notamment le raffinage et la transformation des métaux précieux, la fourniture de services aux exploitants miniers et le développement de la valeur ajoutée locale.
La société affiche également comme ambition de devenir une plateforme de référence pour les métaux précieux en Afrique de l’Ouest.
RAFFINOR-BF en chiffres
- Nom : Raffinerie Nationale d’Or du Burkina Faso
- Sigle : RAFFINOR-BF
- Inauguration : 28 septembre 2026
- Localisation : Ouagadougou, Burkina Faso
- Investissement : plus de 11 milliards FCFA
- Capacité initiale : 164 tonnes d’or par an
- Capacité prévue à terme : 515 tonnes par an
- Activité principale : affinage de l’or et des métaux précieux
Quand la Raffinerie Nationale d’Or du Burkina Faso a-t-elle été inaugurée ?
La Raffinerie Nationale d’Or du Burkina Faso a été inaugurée le lundi 28 septembre 2026 à Ouagadougou, par le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré.
L’événement intervient après plusieurs années de développement du projet.
La première pierre avait été posée le 23 novembre 2023. À cette époque, le projet prévoyait une capacité d’environ 400 kg d’or par jour, soit approximativement 150 tonnes par an.
La mise en service a finalement pris davantage de temps qu’initialement envisagé. Au 31 décembre 2024, l’unité de raffinage n’était pas encore opérationnelle en raison notamment de retards dans les travaux de construction et d’équipement.
L’inauguration de septembre 2026 marque donc le passage du projet à sa phase opérationnelle.
Quelle est la capacité de RAFFINOR-BF ?
La capacité initiale annoncée de RAFFINOR-BF est de :
164 tonnes d’or par an.
Les autorités prévoient ensuite une montée en puissance pouvant porter cette capacité à :
515 tonnes d’or par an.
Il s’agit d’une évolution par rapport au dimensionnement présenté au lancement du projet en 2023, qui faisait état d’une capacité d’environ 150 tonnes par an.
Cette différence traduit l’évolution du projet entre sa conception initiale et l’infrastructure finalement inaugurée.
Combien a coûté la raffinerie d’or du Burkina Faso ?
Selon les autorités burkinabè, RAFFINOR-BF représente un investissement global de plus de 11 milliards de FCFA.
Le financement a notamment été mobilisé par l’État burkinabè à travers la Société nationale des substances précieuses (SONASP), avec la participation du secteur privé national.
Le projet a évolué au cours de sa réalisation. Une estimation antérieure faisait notamment état d’environ 7 milliards FCFA hors valeur foncière pour le projet lancé en novembre 2023.
Le montant de plus de 11 milliards FCFA correspond au coût communiqué lors de l’inauguration de l’infrastructure en 2026.
Pourquoi le Burkina Faso a-t-il construit sa propre raffinerie d’or ?
L’objectif dépasse la seule création d’une nouvelle infrastructure industrielle.
La stratégie annoncée par les autorités repose principalement sur une idée : conserver davantage de la chaîne de valeur de l’or à l’intérieur du Burkina Faso.
Jusqu’ici, une partie du métal extrait devait être envoyée hors du pays pour être raffinée.
Dès le lancement du projet en 2023, les autorités expliquaient que la raffinerie devait notamment permettre de réduire l’exportation brute de l’or, augmenter les revenus publics et contribuer à lutter contre la fraude dans certaines composantes du secteur minier.
Lors de l’inauguration de RAFFINOR-BF, Ibrahim Traoré a réaffirmé cette orientation en défendant une transformation locale plus poussée des ressources naturelles et la maîtrise de la chaîne de valeur.
L’équation recherchée peut se résumer ainsi :
Extraction au Burkina Faso → Raffinage au Burkina Faso → Transformation et valorisation → Commercialisation → Davantage de valeur ajoutée conservée localement.
Quel rôle jouera RAFFINOR-BF pour l’or artisanal ?
C’est l’un des aspects stratégiques du projet.
Les autorités burkinabè veulent que la raffinerie puisse traiter non seulement l’or provenant de la production minière industrielle, mais également celui issu de la production artisanale.
Cette ambition s’inscrit dans une politique plus large de réorganisation du commerce de l’or.
En février 2024, le Burkina Faso avait notamment suspendu l’exportation de l’or et d’autres substances précieuses provenant de la production artisanale et semi-mécanisée. Les détenteurs d’or destiné à l’exportation avaient alors été invités à se rapprocher de la SONASP pour son rachat.
La raffinerie peut ainsi devenir l’un des maillons d’un système dans lequel une plus grande partie de l’or produit ou collecté au Burkina Faso est achetée, contrôlée, raffinée et valorisée localement.
RAFFINOR-BF peut-elle raffiner tout l’or produit au Burkina Faso ?
C’est en tout cas l’ambition annoncée par les autorités.
Le gouvernement souhaite permettre à RAFFINOR-BF de traiter l’intégralité de la production aurifère nationale, industrielle comme artisanale, et à terme de positionner le pays comme un centre régional d’affinage.
La capacité théorique de l’usine ne signifie toutefois pas automatiquement que l’intégralité de l’or produit dans le pays y sera immédiatement raffinée.
Les volumes effectivement traités dépendront notamment de l’approvisionnement de l’usine, de sa montée en charge et de l’organisation commerciale et réglementaire de la filière.
Cette distinction entre capacité industrielle et production effectivement raffinée sera importante pour évaluer les résultats de RAFFINOR-BF dans les prochaines années.
Pourquoi RAFFINOR-BF est stratégique pour le Burkina Faso
Le véritable enjeu de la raffinerie est celui de la transformation locale des matières premières.
Un pays producteur peut exporter une matière première relativement peu transformée ou chercher à maîtriser progressivement les étapes situées en aval de la chaîne de valeur.
Avec RAFFINOR-BF, le Burkina Faso choisit clairement la seconde stratégie.
Le projet peut permettre au pays de développer localement des compétences dans l’analyse, l’affinage, la métallurgie, la traçabilité et la transformation des métaux précieux.
La raffinerie comprend également plusieurs installations complémentaires, dont un laboratoire d’analyses, une fonderie, une unité de bijouterie et des espaces sécurisés de stockage.
L’enjeu ne se limite donc potentiellement pas au lingot d’or.
Il concerne la constitution progressive d’un écosystème industriel autour de l’or.
Le Burkina Faso veut faire de RAFFINOR-BF un hub ouest-africain
L’ambition dépasse les frontières nationales.
Les autorités souhaitent positionner le Burkina Faso comme un pôle de référence pour l’affinage de l’or en Afrique de l’Ouest.
RAFFINOR-BF affiche elle-même l’ambition de devenir une plateforme majeure pour l’or et les métaux précieux dans la région.
Avec une capacité maximale annoncée de 515 tonnes par an, le modèle économique de long terme pourrait donc ne pas dépendre uniquement de l’or extrait au Burkina Faso.
La capacité du pays à attirer des volumes provenant d’autres marchés ouest-africains pourrait devenir l’un des indicateurs permettant de mesurer la réussite régionale du projet.
RAFFINOR-BF : les questions essentielles
Qu’est-ce que RAFFINOR-BF ?
RAFFINOR-BF est la Raffinerie Nationale d’Or du Burkina Faso et la première raffinerie nationale d’or du pays.
Où se trouve RAFFINOR-BF ?
La raffinerie est implantée à Ouagadougou, au Burkina Faso.
Quand RAFFINOR-BF a-t-elle été inaugurée ?
Elle a été officiellement inaugurée le 28 septembre 2026.
Quelle est la capacité de RAFFINOR-BF ?
Sa capacité initiale annoncée est de 164 tonnes d’or par an, avec une extension prévue jusqu’à 515 tonnes par an.
Combien a coûté RAFFINOR-BF ?
Les autorités burkinabè annoncent un investissement de plus de 11 milliards FCFA.
À quoi sert la raffinerie ?
Elle doit permettre de raffiner davantage d’or au Burkina Faso, développer la transformation locale, renforcer le contrôle de la filière et conserver davantage de valeur ajoutée dans le pays.
Une nouvelle étape pour l’industrie aurifère burkinabè
L’inauguration de RAFFINOR-BF ne signifie pas à elle seule que le Burkina Faso maîtrise désormais toute sa chaîne de valeur aurifère.
Elle lui donne en revanche une infrastructure qui lui manquait.
Après la pose de la première pierre en novembre 2023 et les retards constatés par la suite, l’ouverture de la Raffinerie Nationale d’Or en septembre 2026 fait entrer le projet dans une phase beaucoup plus décisive : celle de l’exploitation réelle.
Les prochains indicateurs à surveiller seront donc moins la capacité théorique de RAFFINOR-BF que les volumes réellement raffinés, la part de l’or burkinabè traitée localement, les revenus générés, le développement des activités en aval et la capacité de la raffinerie à attirer des volumes régionaux.
Si ces objectifs se concrétisent, RAFFINOR-BF pourrait devenir bien plus qu’une raffinerie : l’un des piliers de la stratégie burkinabè de transformation locale de ses ressources minières.
