La chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a condamné, le jeudi 15 octobre 2026 à Conakry, l'ancien ministre de la Défense Mohamed Diané à quatre ans et huit mois de prison. Il écope aussi d'une amende de 3 milliards de francs guinéens, soit environ 300 000 euros, selon RFI,.
Figure de la présidence d'Alpha Condé, dont il a été le ministre de la Défense de 2015 à 2021, Mohamed Diané voit ainsi sa peine allégée par rapport à la première instance. Le parquet spécial a aussitôt annoncé un pourvoi en cassation.
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Une peine réduite en appel
En décembre 2024, la CRIEF l'avait condamné en première instance à cinq ans de prison et à une amende de 5 milliards de francs guinéens, rappelle RFI. En appel, les juges ont réduit la peine de prison de quatre mois et l'amende de 2 milliards.
Le volet civil reste lourd : l'État guinéen obtient 300 milliards de francs guinéens de dommages et intérêts, selon RFI et Guinee360. La cour a par ailleurs écarté certaines confiscations visant des biens appartenant à des tiers et à des proches de l'ancien ministre.
Acquitté du détournement de deniers publics
Les juges ont maintenu la culpabilité de Mohamed Diané pour enrichissement illicite et blanchiment de capitaux. Ils l'ont en revanche acquitté du chef de détournement de deniers publics, un point central du dossier.
Selon sa défense, citée par Guinee360, l'ancien ministre est détenu depuis le 6 avril 2022. Toujours d'après le décompte de ses avocats, il ne lui resterait qu'environ un mois et demi de détention à purger. Ce calcul n'a pas été confirmé par la juridiction.
Le parquet se pourvoit en cassation
Le procureur spécial près la CRIEF, Alphonse Charles Wright, n'a pas tardé à réagir. « Le parquet relève formellement pourvoi » contre l'arrêt, a-t-il déclaré, selon Guinee360. Il a précisé que ce recours devant la Cour suprême visait les motifs juridiques de la décision, et non la personne de l'accusé, avant d'ajouter que « la bataille avec le parquet n'est pas terminée ».
Le parquet conteste notamment l'abandon du détournement de deniers publics et l'appréciation de certains faits liés à des marchés publics.
« Le verre à moitié plein » pour la défense
Du côté de la défense, le ton est plus mesuré. Me Sidiki Bereté, avocat de Mohamed Diané, voit dans l'arrêt « le verre à moitié plein ». Il souligne que l'accusation de détournement de deniers publics « est tombée, ça a été démontré ». La défense doit encore se concerter avant de décider d'un éventuel recours.
L'agent judiciaire de l'État, Me Pépé Antoine Lamah, a indiqué que l'État « prend acte de cet arrêt » et qu'il rendra compte aux autorités compétentes avant de se prononcer sur la suite.
La CRIEF, juridiction des dossiers de l'ère Condé
Créée en 2021, après la prise du pouvoir par les militaires, la CRIEF est chargée de juger les infractions économiques et financières. Elle a vu passer de nombreux anciens responsables du régime d'Alpha Condé. Le dossier Diané porte sur la gestion de fonds publics durant cette période.
Le pourvoi du parquet ouvre une nouvelle étape devant la Cour suprême, dont le calendrier n'a pas été communiqué.
Questions fréquentes
Qui est Mohamed Diané ? Il a été ministre de la Défense de la Guinée de 2015 à 2021, sous la présidence d'Alpha Condé.
De quoi a-t-il été reconnu coupable en appel ? D'enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux. Il a été acquitté du détournement de deniers publics.
Va-t-il sortir de prison ? Selon sa défense, il ne lui resterait qu'environ un mois et demi à purger, mais le pourvoi en cassation du parquet laisse le dossier ouvert.
