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OPay renonce à son introduction en bourse à New York : ce que l'on sait

Par Ibrahime StevePublié le •Tech•0 vues
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OPay introduction en bourse
4 min de lecture

La scène était prête. Le 29 octobre 2026, OPay avait fixé le prix de son introduction en bourse à New York ; le lendemain, ses dirigeants ont sonné la cloche d'ouverture du New York Stock Exchange (NYSE). Mais aucune action n'a changé de mains. Le samedi 31 octobre, la fintech née au Nigeria a annoncé qu'elle renonçait, « pour le moment », à son entrée en bourse. Retour sur un rendez-vous manqué qui devait faire d'OPay l'une des rares entreprises technologiques africaines cotées à Wall Street.

Une opération de 304 millions de dollars

Selon PYMNTS et Billionaires.Africa, OPay proposait 16 millions d'actions de dépôt américaines (ADS) au prix de 19 dollars, soit le bas de sa fourchette de 19 à 21 dollars. L'opération devait rapporter environ 304 millions de dollars et valoriser l'entreprise à un peu plus de 4 milliards de dollars, d'après le NYSE.

Les chiffres clés de l'opération avortée :

  • Prix fixé : 19 dollars par ADS (fourchette initiale : 19 à 21 dollars)
  • Montant visé : environ 304 millions de dollars
  • Valorisation : plus de 4 milliards de dollars, le double des 2 milliards retenus lors d'une levée de 400 millions de dollars en 2021
  • Symbole boursier prévu : OPAY
  • Banques : Citigroup, Deutsche Bank, JPMorgan, Standard Bank et China International Capital Corp

Toujours selon Billionaires.Africa, le titre n'a jamais ouvert le 30 octobre. En milieu d'après-midi, il était attendu entre 16,25 et 16,75 dollars, sous le prix d'introduction, avant que la cotation ne soit suspendue dans l'attente d'une annonce.

Une « enquête dans une juridiction étrangère »

Dans sa déclaration du samedi, OPay explique que l'affaire « concerne une enquête dans une juridiction étrangère » et que « ne pas poursuivre l'offre pour le moment serait la démarche la plus prudente ». L'entreprise ne nomme ni le pays, ni l'autorité, ni l'objet de l'enquête. Selon Bloomberg, cité par PYMNTS, elle juge cette juridiction sans importance pour ses activités principales.

OPay affirme que l'enquête « n'affecte pas les services » rendus à ses clients et que le report ne doit pas être lu comme un reflet de ses performances. La société se dit « confiante » dans une conclusion satisfaisante « dans un proche avenir ». Ses services au Nigeria, en Égypte, en Indonésie et au Pakistan fonctionnent normalement, assure-t-elle. À ce stade, l'identité de l'autorité concernée n'a été confirmée par aucune source.

Une fintech en forte croissance

Le paradoxe, c'est que les chiffres d'OPay sont bons. D'après les documents déposés auprès du régulateur boursier américain (SEC) et repris par Startup Fortune et Billionaires.Africa :

  • Chiffre d'affaires du premier semestre 2026 : 467,1 millions de dollars, contre 197,5 millions un an plus tôt
  • Bénéfice net du semestre : 90,9 millions de dollars, contre 21,7 millions
  • Utilisateurs actifs mensuels : environ 50,1 millions
  • Poids du Nigeria : 89,5 % du chiffre d'affaires du semestre

Startup Fortune souligne que le crédit est devenu la première source de revenus de l'entreprise, devant les paiements. Lancée au Nigeria en 2018, OPay est issue de l'activité africaine du navigateur Opera, présidé par le milliardaire chinois Yahui Zhou. Selon Startup Fortune, celui-ci détiendrait environ 21,3 % du capital, Opera environ 8,6 % et des entités de SoftBank environ 6,6 %.

Les investisseurs africains aussi en attente

Le retrait gèle aussi des engagements venus du continent. Stanbic Africa Holdings, filiale du sud-africain Standard Bank, devait acheter jusqu'à 200 millions de dollars d'actions nouvelles, selon Billionaires.Africa. Neuf investisseurs, dont Coronation Africa Frontiers Fund et Ninety One, avaient manifesté leur intérêt pour un total pouvant atteindre 270 millions de dollars. L'avenir de la cotation secondaire envisagée à la Bourse du Nigeria n'a pas été précisé.

Ce que cela change pour les utilisateurs

Pour les dizaines de millions de Nigérians qui utilisent OPay pour payer, épargner ou emprunter, rien ne change dans l'immédiat : l'entreprise répète que ses services fonctionnent normalement. Pour l'écosystème tech africain, en revanche, le signal est plus délicat. Une cotation réussie à New York aurait servi de vitrine aux fintechs du continent, qui cherchent des portes de sortie pour leurs investisseurs. L'épisode rappelle que la transparence réglementaire pèse autant que la croissance aux yeux des marchés.

FAQ

OPay est-il coté en bourse ? Non. Le prix avait été fixé, mais l'offre a été retirée avant toute transaction, le 31 octobre 2026.

Pourquoi l'introduction en bourse a-t-elle été suspendue ? OPay invoque une enquête menée par une autorité d'un pays étranger, qu'elle ne nomme pas. L'objet de cette enquête n'est pas connu.

Les comptes OPay sont-ils touchés ? Selon l'entreprise, non : tous ses services restent disponibles pour ses clients et partenaires.

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