Depuis mai 2026, une épidémie d'Ebola due au virus Bundibugyo frappe la République démocratique du Congo (RDC) et l'Ouganda. Des cas ont depuis été signalés au Kenya et, plus récemment, au Nigeria. Voici ce qu'en dit l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Ebola Bundibugyo : de quoi parle-t-on ?
Ebola n'est pas un virus unique. L'OMS recense six espèces d'orthoebolavirus, dont trois ont déjà provoqué de grandes épidémies : le virus Ebola (le plus connu), le virus Soudan et le virus Bundibugyo. C'est ce dernier qui circule aujourd'hui, et la maladie qu'il provoque est appelée « maladie à virus Bundibugyo ».
La différence est importante : selon la fiche d'information de l'OMS, il n'existe à ce jour aucun vaccin ni traitement approuvé contre la maladie à virus Bundibugyo. Les vaccins homologués, comme l'Ervebo, ont été développés contre le virus Ebola proprement dit. L'OMS indique sur sa page consacrée à l'épidémie que des candidats vaccins et traitements sont en cours d'évaluation et qu'elle a publié des orientations sur l'usage possible de l'Ervebo.
Où en est l'épidémie ?
D'après le bulletin de l'OMS du 8 octobre 2026, qui porte sur les données arrêtées au 6 octobre, la RDC comptait :
- 8 728 cas confirmés, dont 4 205 décès ;
- un taux de létalité d'environ 48 % ;
- 64 zones de santé touchées dans sept provinces, surtout l'Ituri et le Nord-Kivu.
Le même bulletin signale le premier cas importé au Kenya, confirmé le 6 octobre chez un voyageur venu de RDC via l'Ouganda. L'OMS juge le risque « très élevé » en RDC, « élevé » pour les pays frontaliers et « faible » pour le reste de l'Afrique et le monde. Elle déconseille toute restriction des voyages ou du commerce. L'épidémie a été déclarée urgence de santé publique de portée internationale le 17 mai 2026.
La situation évolue vite. Splash Media a depuis rapporté de nouveaux cas au Kenya et un premier cas confirmé au Nigeria. Pour les derniers chiffres, consultez l'OMS et les ministères de la Santé.
Comment le virus se transmet-il ?
Selon l'OMS, les chauves-souris frugivores sont considérées comme les hôtes naturels du virus. L'être humain peut être contaminé de deux façons :
- par contact étroit avec le sang, les sécrétions ou les fluides corporels d'animaux infectés ;
- par contact direct avec le sang ou les fluides corporels d'une personne malade ou décédée, ou avec des objets et surfaces contaminés.
Point essentiel : une personne n'est pas contagieuse avant l'apparition des symptômes. Les soignants sont souvent exposés lorsque les mesures de protection ne sont pas strictement appliquées, et les rites funéraires impliquant un contact direct avec le corps peuvent aussi propager le virus.
Quels sont les symptômes ?
La période d'incubation va de 2 à 21 jours. D'après l'OMS, la maladie débute souvent brutalement par :
- de la fièvre et une grande fatigue ;
- des douleurs musculaires et des maux de tête ;
- un mal de gorge.
Suivent des vomissements, de la diarrhée, des douleurs abdominales et parfois une éruption cutanée. Contrairement à une idée répandue, les saignements sont moins fréquents qu'on ne le croit et surviennent plutôt tard. Les premiers signes ressemblent à ceux du paludisme, de la typhoïde ou de la méningite : seul un test en laboratoire permet de confirmer le diagnostic.
Le traitement : des soins précoces qui sauvent des vies
En l'absence de médicament spécifique contre le virus Bundibugyo, l'OMS souligne que des soins de soutien précoces améliorent la survie : réhydratation, traitement de la douleur, nutrition et prise en charge des infections associées, comme le paludisme. D'où l'importance de se rendre rapidement dans un centre de santé dès les premiers symptômes, après une exposition possible.
Comment se protéger ?
L'OMS recommande aux populations :
- d'éviter tout contact avec les chauves-souris frugivores, singes et grands singes, et de ne pas consommer leur viande crue ;
- d'éviter les contacts physiques étroits avec les personnes malades, en particulier avec leurs fluides corporels ;
- de soutenir l'isolement des malades dans les centres de traitement dédiés ;
- de recourir à des enterrements sûrs et dignes, organisés par les équipes formées ;
- de respecter une bonne hygiène, notamment le lavage des mains.
Les personnes ayant été en contact avec un malade sont suivies pendant 21 jours.
Que faire en cas de doute ?
Cet article a une vocation d'information générale et ne remplace pas un avis médical. Si vous présentez de la fièvre ou d'autres symptômes après avoir été en contact avec une personne malade ou après un séjour dans une zone touchée, contactez sans attendre un professionnel de santé ou les numéros d'urgence mis en place par le ministère de la Santé de votre pays. Évitez l'automédication et les remèdes non éprouvés.
FAQ
Existe-t-il un vaccin contre Ebola Bundibugyo ? Non. Selon l'OMS, aucun vaccin n'est approuvé contre la maladie à virus Bundibugyo. Des candidats sont à l'étude.
Une personne sans symptômes peut-elle transmettre Ebola ? Non. D'après l'OMS, une personne n'est pas contagieuse avant l'apparition des symptômes.
Combien de temps après une exposition les symptômes apparaissent-ils ? Entre 2 et 21 jours, selon l'OMS.
