Dans le cadre de sa politique de modernisation urbaine et de lutte contre l’habitat précaire, le gouvernement ivoirien a annoncé un important décaissement de plus de 17 milliards de FCFA destiné au relogement de 3 124 ménages affectés par les opérations de déguerpissement dans le District Autonome d’Abidjan. Les Abidjanais, particulièrement les familles concernées, attendent désormais la concrétisation rapide de ces promesses pour tourner définitivement la page des déguerpissementst social des populations déguerpies.
Contexte des opérations de déguerpissement
Depuis janvier 2024, les autorités ont lancé une vaste campagne de déguerpissement dans plus de 176 sites précaires du Grand Abidjan. Ces opérations visaient principalement les zones à risques (inondations, éboulements, occupations illégales des berges et réserves foncières) afin de prévenir les drames récurrents pendant la saison des pluies et d’aménager des infrastructures modernes (routes, assainissement, espaces verts). Les quartiers emblématiques comme Boribana (Attécoubé) et Gesco (Yopougon) ont été particulièrement touchés. Des milliers de familles se sont retrouvées sans abri, suscitant des débats sur l’accompagnement humain de ces opérations. Le gouvernement avait déjà mis en place, dès mars 2024, des mesures d’urgence incluant une aide forfaitaire de 250 000 FCFA par ménage pour ces deux sites, pour un montant global d’environ 697 millions FCFA.
Un programme de recasement ambitieux sur les sites d’Anani et Adonkoi
Le nouveau volet annoncé porte sur la construction effective de 3 124 logements destinés à accueillir environ 16 500 personnes. Ces habitations seront érigées sur deux sites principaux :Anani (principal site retenu) ;
Adonkoi 1 à Anyama, où un terrain de 36 hectares a été mobilisé.
Le coût global du projet dépasse les 17 milliards de FCFA, couvrant la construction des logements, les travaux d’aménagement (voirie, électricité, eau potable, assainissement) et l’accompagnement des bénéficiaires. Ce programme s’inscrit dans une vision plus large de restructuration urbaine portée par le Ministre-Gouverneur du District Autonome d’Abidjan, Cissé Ibrahima Bacongo.
Réactions et portée sociale
Le Dr Okou Roméo, président du Cercle des Amis de Cissé Ibrahima Bacongo (CACIB), a salué cette initiative lors de la conférence de presse : « Ces mesures traduisent une volonté réelle d’apporter une réponse sociale durable tout en modernisant la ville. Elles permettront d’éviter la reconstitution de zones à risques et d’offrir un cadre de vie plus digne et sécurisé. »
Les autorités ont insisté sur la nécessité d’une collaboration étroite avec les populations concernées pour une mise en œuvre rapide et transparente. Un recensement biométrique avait été réalisé en amont afin d’identifier les ménages éligibles et d’éviter les doubles indemnisations.
Dans le cadre d’une politique globale de développement urbain
Cette opération s’aligne sur le Plan National de Développement (PND) et la vision du Président Alassane Ouattara de faire d’Abidjan une métropole moderne, attractive et résiliente. Elle intervient parallèlement à d’importants projets d’infrastructures (ponts, routes, assainissement du Gourou, etc.) et à la création d’une cellule dédiée à l’aménagement des quartiers précaires logée à la Primature.Cependant, des organisations de la société civile et Amnesty International ont régulièrement appelé à une indemnisation plus équitable et à une meilleure prise en compte des pertes matérielles et économiques des sinistrés. Le gouvernement assure que ce programme de grande envergure répond à ces préoccupations en privilégiant le relogement durable plutôt que des aides ponctuelles.
Perspectives
Le démarrage effectif des travaux de construction sur les sites d’Anani et Adonkoi est attendu dans les prochains mois. Ce projet devrait non seulement résoudre une partie du problème du relogement des déguerpis, mais aussi contribuer à désengorger le centre d’Abidjan et à promouvoir un urbanisme inclusif. Avec ce décaissement de plus de 17 milliards FCFA, l’État ivoirien démontre sa volonté de concilier impératifs de développement urbain et cohésion sociale. Les Abidjanais, particulièrement les familles concernées, attendent désormais la concrétisation rapide de ces promesses pour tourner définitivement la page des déguerpissements douloureux.