Splash MediaACTUALITÉS
CULTURE & DÉCOUVERTES

Niger : Niamey donne 45 jours à la CNPC pour rapatrier 3 000 milliards de FCFA

Par Ibrahime StevePublié le •Actualités•0 vues
général Abdourahamane Tchiani
4 min de lecture

Le gouvernement nigérien hausse le ton face à ses partenaires pétroliers chinois. Mercredi 14 octobre 2026 au soir, à la télévision publique, le ministre des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, a annoncé que la China National Petroleum Corporation (CNPC), la société du pipeline WAPCO et la raffinerie SORAZ disposaient de 45 jours pour se conformer à une série de demandes, rapporte l'agence Anadolu.

Le ministre s'exprimait en tant que président du comité chargé des négociations sur le pétrole. Il a rencontré cette semaine les directions des trois sociétés, selon RFI, repris par AllAfrica.

Lire aussi : Guinée : l'ex-ministre de la Défense Mohamed Diané voit sa peine réduite en appel

Plus de 3 000 milliards de FCFA en jeu

Au cœur du différend : les recettes d'exportation du brut nigérien. Selon Niamey, plus de 3 000 milliards de FCFA, soit plus de 5 milliards de dollars d'après le ministre, n'ont pas été rapatriés au Niger depuis le début des exportations, il y a environ deux ans et demi. Le gouvernement affirme que ces fonds sont logés sur des comptes à l'étranger, notamment à Paris et à Hong Kong.

Les chiffres clés avancés par les autorités nigériennes :

  • plus de 3 000 milliards de FCFA de recettes d'exportation non rapatriées ;
  • 17,4 milliards de FCFA de manque à gagner pour le Trésor public ;
  • un taux de rapatriement de 6 % pour le Niger, contre plus de 70 % dans les autres pays de l'UEMOA, selon Anadolu ;
  • un délai de 45 jours pour se mettre en conformité.

Les règles de l'UEMOA imposent en principe le rapatriement des recettes d'exportation. D'après le Journal du Niger, les sociétés invoqueraient des dérogations contractuelles pour y échapper, une lecture que Niamey rejette.

Emplois, sous-traitance, raffinerie : d'autres griefs

Le rapatriement des devises n'est pas le seul point de friction. Le gouvernement réclame aussi le détail des contrats de sous-traitance locale. Il reproche aux sociétés de ne pas avoir transmis les plans de « nigérisation » du personnel, de ne pas avoir lancé les recrutements prévus ni réalisé les audits des ressources humaines, selon RFI.

Niamey pointe également la raffinerie de Zinder, la SORAZ, qui tournerait à 75 % de sa capacité alors que le pays connaît des tensions sur l'approvisionnement en carburant. Le Journal du Niger évoque au total sept manquements, dont des doutes sur la certification des réserves.

Un accord signé il y a cinq mois

Cette mise en demeure intervient cinq mois après un accord signé en mai 2026, qui avait mis fin à un an de différend entre Niamey et les sociétés chinoises, rappelle RFI. Le 18 mai, les autorités avaient annoncé une révision des contrats pétroliers, avec la promesse d'un contenu local renforcé et d'un meilleur partage de la valeur du brut, selon le Journal du Niger.

« Le Comité a notifié aux trois sociétés des demandes précises, assortie d'un délai de 45 jours », a déclaré Bakary Yaou Sangaré, cité par Anadolu. À l'issue de ce délai, « l'État tirera toutes les conséquences du respect et du non-respect de toutes ces demandes », a-t-il ajouté.

La réponse chinoise attendue

Aucune réaction de la CNPC n'avait été enregistrée le jeudi 15 octobre à la mi-journée, selon Anadolu. Les autorités nigériennes affirment de leur côté vouloir poursuivre le partenariat, souligne RFI.

Le pétrole est devenu une ressource stratégique pour Niamey depuis la mise en service de l'oléoduc qui relie les champs d'Agadem au port béninois de Sèmè. Les prochaines semaines diront si le dialogue l'emporte ou si le gouvernement passe aux sanctions, l'option évoquée par le Journal du Niger à l'expiration du délai.

Questions fréquentes

Quelles sociétés sont visées ? La CNPC, la société WAPCO, qui exploite l'oléoduc d'exportation, et la SORAZ, la raffinerie de Zinder.

Combien le Niger réclame-t-il ? Le gouvernement évoque plus de 3 000 milliards de FCFA de recettes d'exportation à rapatrier, soit plus de 5 milliards de dollars selon le ministre.

Que se passera-t-il après 45 jours ? Le ministre a prévenu que l'État « tirera toutes les conséquences » de la réponse des sociétés, sans préciser les mesures envisagées.

Fin de l’articleÀ lire ensuite
Votre lecture continue

À lire ensuite

Dans la même rubriqueEbola en RDC : l'épidémie gagne le Nord-Ubangi, aux portes de la CentrafriqueL'épidémie d'Ebola qui frappe la République démocratique du Congo depuis mai 2026 a atteint le Nord-Ubangi, huitième province touchée et frontalière de la…Actualités 4 minLire l’article