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Qui sera le prochain premier ministre ivoirien ?

Publié le 08 janvier 2026Politique0 vues
Qui sera le prochain premier ministre ivoirien ?

Le couperet est tombé hier. Robert Beugré Mambé, premier ministre ivoirien a présenté sa démission mercredi 7 janvier 2026, suite aux élections législatives du 27 décembre. Le président Alassane Ouattara a accepté. Décrets signés. Rideau fermé. Après seulement 15 mois au pouvoir, l'ingénieur-prédicateur méthodiste rejoint la liste des Premiers ministres éphémères de l'ère Ouattara.

Depuis la Primature, personne ne voit vraiment la fin du mandat venir. Patrick Achi (2021-2023), Amadou Gon Coulibaly (décédé en 2020), Hamed Bakayoko (décédé en 2021)... La fonction est devenue un purgatoire politique où même les plus proches du président apprennent l'humilité. Brutalement.

Maintenant vient la grande question, celle qui embrase les groupes WhatsApp d'Abidjan à Yamoussoukro : Qui sera le prochain ?

La réponse officielle ? Silence radio.

Aucune annonce officielle sur le nom du futur Premier ministre n'a encore été faite, mais des consultations sont en cours au sein de la majorité présidentielle. En attendant, les ministres sortants continueront d'expédier les affaires courantes afin d'assurer la continuité de l'État.

Traduction : personne ne sait. Ou plutôt, seul ADO sait. Et il prend son temps.

Le mystère Ouattara : l'art de surprendre

Si l'histoire récente nous apprend quelque chose, c'est qu'Alassane Ouattara ne fait jamais ce que les "observateurs avertis" prédisent. Quand tout Abidjan misait sur la reconduction de Patrick Achi en 2023, il a sorti Robert Beugré Mambé du chapeau. Un gouverneur discret, technocrate rigoureux, plus habitué aux chantiers d'infrastructure qu'aux joutes politiques.

La surprise. Toujours la surprise.

Alors qui cette fois ? Les bookmakers n'existent pas encore sur la scène politique ivoirienne, mais si c'était le cas, les cotes seraient folles.

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Les prétendants invisibles pour le poste

Dans le théâtre du pouvoir ivoirien, plusieurs acteurs gravitent dans l'ombre. Certains noms circulent en chuchotements. D'autres occupent déjà des postes stratégiques qui pourraient servir de tremplin.

Tiémoko Meyliet Koné, l'actuel vice-président, est l'éléphant dans la pièce. À 76 ans, cet ancien gouverneur de la BCEAO incarne la technocratie sage. Proche d'Ouattara depuis un demi-siècle, il a été directeur de cabinet du Premier ministre Guillaume Soro de 2007 à 2010 avant de rejoindre la Banque centrale puis la vice-présidence en 2022. Un profil qui rassure les marchés, apaise les tensions, inspire confiance.

Mais la vice-présidence n'est-elle pas déjà un poste assez puissant ? Descendre à la Primature serait-il une promotion ou une rétrogradation déguisée ? La question reste ouverte.

Téné Birahima Ouattara, le ministre de la Défense et frère cadet du président, fait aussi partie du casting possible. Maire de Kong, président du conseil régional du Tchologo, il figurait parmi les poids lourds du RHDP mobilisés lors des législatives de décembre 2025. Un homme du sérail. Un fidèle parmi les fidèles. Mais nommer son propre frère Premier ministre serait-il un signal de force ou de repli dynastique ?

Patrick Achi, l'ancien Premier ministre ivoirien évincé en 2023, reste dans les mémoires. Certains parlent d'un "retour du fils prodigue". Pourquoi pas ? En politique ivoirienne, les secondes chances existent. Surtout quand le président vous fait confiance.

D'autres noms émergent des couloirs de la Présidence : Fidèle Sarassoro, directeur de cabinet d'Ouattara depuis cinq ans, technocrate onusien devenu député. Jeune. Compétent. Ambitieux. Ou encore des ministres qui ont fait leurs preuves dans leurs départements respectifs et attendent patiemment leur heure.

Ce que le poste exige vraiment

Mais au-delà des noms, des curricula et des connexions politiques, une question plus profonde se pose : Que signifie être Premier ministre en Côte d'Ivoire en 2026 ?

Car soyons honnêtes. Le poste de Premier ministre ivoirien n'est pas celui d'un chef de gouvernement au sens classique du terme. C'est un rôle d'exécutant en chef. Un coordinateur. Un manager de projets présidentiels. Pas un décideur stratégique.

Robert Beugré Mambé avait pour mission de piloter la mise en œuvre des grands projets nationaux et des réformes économiques. C'est exactement ce que fera son successeur : exécuter la vision d'ADO. Point.

Le président Ouattara, 83 ans au compteur, règne en architecte minutieux sur son système. Il délègue l'opérationnel, mais garde fermement les manettes du pouvoir. Le Premier ministre gère le quotidien, absorbe les critiques, porte les dossiers épineux. Puis, quand les choses se compliquent, il démissionne — ou on lui demande de le faire.

La Primature, ce purgatoire dorée

Depuis 2011, la fonction de Premier ministre est devenue un exercice de funambulisme politique. Trop visible, vous agacez le président. Pas assez efficace, vous décevez les Ivoiriens. Trop populaire, vous devenez une menace. Trop terne, on vous oublie.

Amadou Gon Coulibaly, le dauphin désigné, est décédé en pleine campagne présidentielle 2020. Hamed Bakayoko, son successeur, est mort huit mois plus tard. Patrick Achi a tenu deux ans avant d'être remercié. Robert Beugré Mambé n'a même pas vu la fin de sa deuxième année.

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Le message est clair : la Primature ivoirienne n'est pas un trône. C'est un siège éjectable.

Alors qui voudra vraiment de ce fauteuil ? Qui acceptera de porter le costume trop lourd, les dossiers impossibles, les attentes démesurées ? Qui sera assez loyal pour obéir, assez compétent pour livrer, assez discret pour ne pas faire d'ombre ?

Le timing, ce détail capital

Il y a aussi la question du timing. Nous sommes en janvier 2026. Dans un peu plus de quatre ans, la Côte d'Ivoire connaîtra une nouvelle élection présidentielle. Alassane Ouattara aura alors 88 ans. Constitutionnellement, il ne pourra plus se représenter (du moins en théorie — l'histoire politique africaine regorge de surprises constitutionnelles).

La succession approche. Silencieusement, mais sûrement.

Nommer un Premier ministre maintenant, c'est envoyer un signal. Est-ce un manager de transition ? Un héritier politique en préparation ? Un bouclier tactique le temps de clarifier la succession ? Ou simplement un technicien compétent pour finir le mandat en beauté ?

Chaque choix raconte une histoire différente. Et ADO, maître du suspense politique, sait exactement quelle histoire il veut raconter.

L'attente, cette arme politique

Pour l'instant, le pays patiente. Les ministres expédient les affaires courantes. Les députés récemment élus s'installent dans leurs nouveaux bureaux. Les Ivoiriens, eux, observent avec ce mélange de curiosité et de résignation qu'inspire désormais la politique nationale.

Quand viendra l'annonce ? Dans une semaine ? Un mois ? Après des "consultations approfondies" avec les alliés politiques ? Après une énième surprise présidentielle qui déjouera tous les pronostics ?

Impossible à dire.

Mais une chose est certaine : le prochain Premier ministre ivoirien ne sera pas choisi par hasard. Ce sera un message. Une déclaration d'intention. Un signal politique codé que seuls les initiés sauront vraiment décrypter.

Ce que révèle vraiment ce vide

En attendant, ce moment de vacance dit beaucoup sur l'état de la démocratie ivoirienne. Un gouvernement en affaires courantes. Un président omniprésent. Un poste de Premier ministre vidé de son essence constitutionnelle et transformé en fonction administrative de haut niveau.

Certains y verront de la stabilité. D'autres, une hyperpersonnalisation du pouvoir. Les deux lectures coexistent. Comme souvent en Côte d'Ivoire, la vérité est dans les nuances, dans les non-dits, dans les espaces entre les décrets officiels.

Alors oui, nous ne savons pas encore qui sera le prochain Premier ministre ivoirien. Mais nous savons une chose : ce choix racontera autant sur l'avenir de la Côte d'Ivoire que sur son présent.

Le fauteuil est vide. Les candidats invisibles attendent leur tour. Le président, lui, prend son temps.

Bienvenue dans le théâtre politique ivoirien, où les actes se jouent en coulisses et les spectateurs découvrent les résultats une fois le rideau levé.

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