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Sahara occidental : fin du mandat de la MINURSO après un double blocage à l'ONU

Par Ibrahime StevePublié le •Politique•0 vues
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La séance du 30 octobre devait renouveler le mandat de la MINURSO, créée en 1991 pour surveiller le cessez-le-feu entre le Maroc et le Front Polisario et préparer un référendum d'autodétermination qui n'a jamais eu lieu. Deux projets ont été mis aux voix, selon le compte rendu officiel de l'ONU.

Le projet des États-Unis (S/2026/868) a obtenu 11 voix pour, 3 abstentions et 1 voix contre, celle de la Russie, membre permanent : ce vote négatif vaut veto. D'après l'Associated Press, ce texte aurait mis fin à la mission de maintien de la paix le 30 avril 2027 pour la remplacer par une mission politique qui ne préparerait plus de référendum. Il affirmait qu'une « autonomie véritable sous souveraineté marocaine » était « la seule solution réalisable ».

Le projet russe (S/2026/870), qui proposait une simple reconduction jusqu'au 31 octobre 2027, n'a recueilli que 3 voix (Chine, Somalie, Russie), contre 1 voix contre (États-Unis) et 11 abstentions. Il n'atteignait pas les 9 voix nécessaires.

Ce que disent les parties

Les États-Unis. L'ambassadeur Mike Waltz a estimé que le veto russe empêchait des « étapes historiques vers la fin d'un conflit de 50 ans », selon l'AP. Washington dit vouloir continuer à travailler avec l'envoyé personnel du secrétaire général, Staffan de Mistura, et avec les deux parties.

La Russie. L'ambassadeur Vassily Nebenzia a qualifié son vote de « veto salvateur ». Il a jugé que le texte américain « aurait pu inverser tout le processus » et qu'il écartait une solution « juste, libre et équitable » fondée sur l'autodétermination, d'après l'ONU et l'AP.

Le Maroc. Dans un communiqué publié le 30 octobre et repris par LeBrief, le Cabinet royal parle d'« un pas significatif vers la clôture définitive du dossier du Sahara marocain aux Nations Unies ». Il estime que la présence de la mission « devrait cesser dans les prochains jours » et que le processus politique onusien « se trouve ainsi suspendu ». Rabat affirme rester « fermement attaché au cessez-le-feu ».

L'Algérie. Le ministère algérien des Affaires étrangères a exprimé, le 31 octobre, « le profond regret de l'Algérie » face au non-renouvellement, selon Algérie Patriotique. Alger reproche au texte américain d'« ériger le plan d'autonomie marocain en unique base de négociations » et estime qu'il « a vidé le droit à l'autodétermination de sa substance ».

Le Front Polisario. Son représentant à l'ONU, Sidi Omar, a remercié la Russie. Il a déclaré que le texte américain « aurait porté atteinte au libre exercice » du droit des Sahraouis à l'autodétermination, tout en se disant « pleinement engagé dans le processus de paix », selon l'AP.

Les autres membres du Conseil se sont aussi divisés. La France a soutenu le texte américain, mais a averti qu'une « fermeture brutale » de la mission serait « extrêmement préoccupante dans un contexte de reprise des tensions ». Le Royaume-Uni a exprimé son « immense déception » face au veto. La Chine, qui s'est abstenue sur le texte américain, a jugé que « le mandat de la mission ne devrait pas servir à exercer une pression politique ».

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Un vide juridique sur le terrain

Plusieurs questions restent ouvertes. Selon l'ONG Western Sahara Resource Watch, qui soutient l'autodétermination, l'expiration du mandat rend incertaine la base juridique des activités de la mission, dont la surveillance du cessez-le-feu et le déminage. L'organisation précise que cette expiration ne met pas automatiquement fin au processus politique mené par l'ONU.

Le calendrier du retrait des personnels, le sort des sites de la mission et une éventuelle nouvelle saisine du Conseil n'avaient pas été annoncés officiellement au moment de la rédaction. Le Maroc demande que le dossier soit retiré de l'ordre du jour du Conseil.

Contexte : un conflit de cinq décennies

Ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental est contrôlé en grande partie par le Maroc depuis 1975. Le Front Polisario, soutenu par l'Algérie, réclame un référendum incluant l'option de l'indépendance. L'ONU a obtenu un cessez-le-feu en 1991, mais le référendum n'a jamais été organisé, faute d'accord sur la liste des votants. En 2025, le Conseil avait déjà adopté une résolution qui faisait de la proposition marocaine d'autonomie la base des négociations, rappelle l'AP.

Ce que ça change pour l'Afrique

Le dossier touche directement l'Union africaine, dont la République arabe sahraouie démocratique (RASD) et le Maroc sont tous deux membres. Il pèse sur les relations entre Rabat et Alger, rompues depuis 2021, et donc sur l'intégration maghrébine. La fin d'une mission onusienne sans solution politique agréée pose aussi la question du rôle que l'UA pourrait jouer. Enfin, le vote illustre la rivalité entre Washington et Moscou au Conseil de sécurité, qui se joue de plus en plus sur des dossiers africains.

FAQ

Qu'est-ce que la MINURSO ? C'est la mission de l'ONU créée en 1991 pour surveiller le cessez-le-feu au Sahara occidental et organiser un référendum d'autodétermination, qui n'a jamais eu lieu.

Pourquoi son mandat n'a-t-il pas été renouvelé ? La Russie a mis son veto au projet américain, et le projet russe n'a obtenu que 3 voix sur les 9 nécessaires. Aucun texte n'a donc été adopté avant l'expiration du 31 octobre 2026.

Le cessez-le-feu est-il terminé ? Aucune partie n'a annoncé y renoncer. Le Maroc dit y rester « fermement attaché », mais la surveillance assurée par la mission onusienne devient incertaine.

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