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Sénégal : la commission des finances rejette une seconde fois la LFR 2026

Par Ibrahime StevePublié le •Politique•0 vues
LFR 2026 Sénégal
3 min de lecture

Le texte avait déjà été rejeté une première fois en commission, puis renvoyé en commission lors de la plénière du 27 octobre. Le nouvel examen n'a pas suffi : la commission a écarté le projet ainsi que les deux amendements du gouvernement, rapportent Ndarinfo et Madar, qui cite Dakaractu. Le détail des votes n'a pas été communiqué.

Un premier rejet, puis un renvoi en commission

Selon Ndarinfo, la commission avait rejeté une première fois le texte le 23 octobre 2026. Lors de la séance plénière du 27 octobre, le ministre de l'Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, avait obtenu son renvoi en commission en application de l'article 84 du règlement intérieur de l'Assemblée.

Le Pastef détient 130 des 165 sièges de l'Assemblée, selon Ndarinfo. Ses députés réclament une meilleure protection de l'investissement social et du pouvoir d'achat, un contrôle accru des fonds spéciaux, plus de transparence sur la dette, ainsi que la publication des rapports d'audit de l'Inspection générale des finances et du cabinet Forvis Mazars.

Les chiffres qui font débat

Le projet de LFR prévoit un déficit de 1 735,2 milliards de FCFA, soit 7,6 % du PIB. Les députés contestent aussi, selon Ndarinfo :

  • la hausse des subventions à l'énergie, qui passeraient de 250 à 790,3 milliards de FCFA ;
  • une coupe de 555 milliards de FCFA dans les dépenses d'investissement ;
  • des recettes estimées à 5 848,7 milliards de FCFA.

Dans une réponse de 29 pages datée du 29 octobre, le ministère des Finances a défendu ses arbitrages, rapporte Le Soleil, repris par allAfrica. Le gouvernement présente le plafond de déficit comme « une autorisation maximale » et non comme une prévision d'exécution, en invoquant des recettes incertaines en fin d'année et la volatilité des prix du pétrole.

L'argument de la crise énergétique

Sur les 790,3 milliards prévus pour l'énergie, 718,3 milliards iraient au Fonds spécial de soutien au secteur de l'énergie et 72 milliards au CERP, selon Le Soleil. Sans ces crédits, le pays « risque une pénurie en carburant ainsi que des délestages répétitifs », a averti le gouvernement, cité par Madar.

L'exécutif fait aussi valoir les arriérés de paiement. Sur un stock de 2 494,9 milliards de FCFA recensé fin 2024, 538,6 milliards ont été réglés en 2025. Il reste 1 956,3 milliards, dont 988,5 milliards de dossiers jugés irréguliers ou incomplets, qui ne seront pas payés avant vérification.

Les transferts sociaux sont fixés à 70 milliards de FCFA. Le nombre de ménages bénéficiant des bourses de sécurité familiale passerait de 355 013 à 469 497.

Quelle suite pour le texte ?

Aucune date n'a été annoncée pour un nouvel examen en plénière. Le gouvernement prévient qu'un retard d'adoption pourrait faire glisser vers 2027 certains appuis budgétaires et financements extérieurs. Selon Ndarinfo, la LFR conditionne aussi un programme du FMI de 2,2 milliards de dollars, qui doit encore être approuvé par le conseil d'administration du Fonds.

Le mercredi 28 octobre, le président Bassirou Diomaye Faye a demandé au Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lô, de prendre « toutes les dispositions juridiques idoines » pour mettre en œuvre les projets prévus, au nom de la « continuité des pouvoirs publics », selon Ndarinfo.

FAQ

Qu'est-ce qu'une loi de finances rectificative ? C'est un texte qui modifie, en cours d'année, le budget voté dans la loi de finances initiale.

Le rejet en commission est-il définitif ? Non. Il s'agit d'un avis de commission ; c'est l'Assemblée réunie en plénière qui vote la loi.

Pourquoi le gouvernement insiste-t-il ? Il met en avant le risque de pénuries de carburant et de délestages, ainsi que le report de financements extérieurs vers 2027.

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