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Soudan-Éthiopie : Khartoum accuse Addis-Abeba d'avoir abrité 162 attaques de drones

Par Ibrahime StevePublié le •Politique•0 vues
Soudan Éthiopie drones
4 min de lecture

Le gouvernement soudanais affirme que 162 attaques de drones lancées depuis le territoire éthiopien ont tué plus de 400 civils et 102 militaires. Ces accusations ont été présentées lors d'une conférence de presse à Khartoum fin octobre 2026, en présence de hauts responsables militaires, du renseignement et des ministères des Affaires étrangères et de l'Information, rapporte Radio Dabanga.

Ces chiffres n'ont pas été vérifiés de manière indépendante. L'Éthiopie, qui avait déjà rejeté des accusations similaires en mai, n'avait pas commenté ces nouvelles déclarations au moment de leur publication, selon l'agence Xinhua.

Ce qu'affirme Khartoum

Selon Radio Dabanga, les autorités soudanaises disent que les drones ont détruit des dizaines d'écoles, de stations-service, de centres de santé et d'hôpitaux. Les villes citées vont du Nil Bleu au Kordofan : Ed-Damazin, Sennar, Kosti, Rabak, El-Obeid, Bara ou encore Umm Rawaba.

Khartoum désigne des bases à Assosa et Bahir Dar, en Éthiopie, ainsi que des sites le long de la frontière. Les responsables soudanais évoquent des drones de fabrication chinoise et des drones turcs Bayraktar Akıncı et TB2, et affirment en avoir abattu plusieurs. Des données de vol, des images satellites et des débris ont été présentés à la presse, mais leur origine n'a pas pu être vérifiée.

Le sous-secrétaire aux Affaires étrangères, Muawiya Osman Khalid, a parlé d'« un développement dangereux qui pourrait compromettre la sécurité et la stabilité de la région », selon Xinhua. Il a ajouté que le Soudan se réservait « le droit de défendre sa sécurité par tous les moyens légitimes ».

Plus de 20 pays accusés

Le ministre de la Défense, Hassan Daoud Kabroun, est allé plus loin dans un entretien à l'agence officielle SUNA, cité par Radio Dabanga : selon lui, plus de 20 pays soutiennent les Forces de soutien rapide (FSR) en logistique, en mercenaires, en financement et en drones. Selon les comptes rendus disponibles, il n'a toutefois nommé que l'Éthiopie et les Émirats arabes unis.

Les Émirats rejettent depuis longtemps les accusations de soutien aux FSR. En mai, un responsable émirati non nommé avait qualifié ces accusations d'inventions à l'AFP, rapportait Al Jazeera.

La version éthiopienne

Il ne s'agit pas de la première passe d'armes. En mai 2026, Khartoum avait déjà accusé l'Éthiopie et les Émirats d'être derrière des frappes, notamment sur l'aéroport de Khartoum, et rappelé son ambassadeur à Addis-Abeba.

Le ministère éthiopien des Affaires étrangères avait alors rejeté des « accusations sans fondement », selon Al Jazeera. Addis-Abeba avait retourné l'accusation : l'armée soudanaise soutiendrait des éléments du Front populaire de libération du Tigré (TPLF) avec « des armes et un soutien financier », selon Radio Tamazuj. L'Éthiopie avait aussi appelé à une trêve humanitaire immédiate et à un processus politique « transparent, inclusif et dirigé par des civils » au Soudan.

Pourquoi c'est important pour l'Afrique

La guerre entre l'armée soudanaise et les FSR dure depuis avril 2023. L'ONU la décrit comme l'une des pires crises humanitaires au monde. Une confrontation ouverte entre le Soudan et l'Éthiopie, voisin le plus peuplé de la région, risquerait de déstabiliser toute la Corne de l'Afrique.

Les sujets de friction ne manquent pas : la région frontalière agricole d'Al-Fashaga, disputée depuis des années, et le Grand barrage de la Renaissance (GERD) sur le Nil Bleu, qui inquiète Khartoum et Le Caire. En mai, Alan Boswell, de l'International Crisis Group, avait averti sur Al Jazeera que ces accusations mutuelles étaient dangereuses et pouvaient aggraver les conflits internes des deux pays.

Pour l'Union africaine, dont le siège est à Addis-Abeba, et pour l'IGAD, l'enjeu est d'empêcher qu'une guerre civile ne se transforme en conflit régional. Pour l'instant, aucune médiation n'a permis d'obtenir un cessez-le-feu durable au Soudan.

FAQ

Que reproche le Soudan à l'Éthiopie ? Khartoum affirme que 162 attaques de drones ont été lancées depuis le territoire éthiopien, faisant plus de 400 morts civils et 102 militaires. Ces chiffres ne sont pas vérifiés.

Que répond l'Éthiopie ? Elle n'avait pas réagi à ces nouvelles accusations fin octobre. En mai, elle avait rejeté des accusations « sans fondement » et accusé l'armée soudanaise de soutenir le TPLF.

Qui se bat au Soudan ? L'armée soudanaise, dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhan, et les Forces de soutien rapide (FSR), depuis avril 2023.

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