Le Ghana repart du sommet Russie-Afrique de Moscou avec une liste d'engagements bilatéraux. C'est le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, qui les a rendus publics le samedi 31 octobre 2026, dans une déclaration publiée sur X et reprise par la presse ghanéenne et par l'agence Reuters.
Ces annonces font suite à un entretien entre John Dramani Mahama et Vladimir Poutine, le 30 octobre, en marge du troisième sommet Russie-Afrique. À ce stade, elles reposent sur la version de la partie ghanéenne : les médias qui les rapportent ne citent pas de confirmation détaillée du Kremlin.
Six engagements annoncés par Accra
Selon le compte rendu publié par MyJoyOnline, Moscou s'est engagée sur six points :
- Nucléaire civil : travailler avec le Ghana à la construction d'une centrale nucléaire de 2 000 mégawatts, présentée comme un levier de sécurité énergétique et d'industrialisation.
- Défense : un nouvel accord de coopération militaire pour aider le Ghana à acquérir des équipements militaires stratégiques.
- Agriculture : une coopération renforcée pour accroître la production de céréales et faciliter l'accès aux engrais.
- Bourses d'études : davantage de bourses pour les étudiants ghanéens en Russie.
- Guerre en Ukraine : Vladimir Poutine aurait assuré que les Ghanéens ne seraient plus autorisés à participer au conflit.
- Commission conjointe : la relance de la Commission permanente de coopération conjointe, dont la prochaine réunion doit se tenir en Russie « dans les prochaines semaines ».
Un pacte de défense encore flou
Le volet militaire est celui qui suscite le plus de questions. Le quotidien Graphic Online cite Samuel Okudzeto Ablakwa évoquant « a new defence pact to acquire strategic military assets for the globally respected Ghana Armed Forces » (« un nouveau pacte de défense pour acquérir des équipements militaires stratégiques au profit des Forces armées ghanéennes »).
Aucun détail n'a toutefois été rendu public sur la nature de ces équipements, leur coût, le calendrier ou les modalités de financement. Les sources consultées ne mentionnent pas non plus de cérémonie de signature. Il faudra donc attendre la publication d'un texte ou des précisions officielles pour mesurer la portée réelle de cet accord.
Le projet nucléaire, un vieux rêve ghanéen
Le projet de centrale de 2 000 MW s'inscrit dans une ambition ancienne. Le Ghana cherche depuis plusieurs années à diversifier son mix électrique. Selon Reuters, le géant russe du nucléaire Rosatom avait indiqué, la veille de l'annonce, être en discussion avec quatre pays africains, dont le Ghana, sur de grands projets.
Le Ghana n'est pas le seul pays de la région à se tourner vers Moscou dans ce domaine. Pendant le même sommet, le Togo a signé avec Rosatom un mémorandum sur le nucléaire civil. Comme souvent pour ce type d'accord, il s'agit à ce stade d'une intention de coopération, et non d'un contrat de construction chiffré.
Ukraine : la question des recrutés ghanéens
L'engagement le plus sensible pour l'opinion ghanéenne concerne la guerre en Ukraine. D'après Graphic Online, environ 272 Ghanéens auraient été recrutés pour combattre aux côtés des forces russes, selon des autorités ukrainiennes citées lors d'une visite à Kyiv en février 2026. En août 2026, Samuel Okudzeto Ablakwa avait avancé un bilan de 62 morts et 15 disparus.
Selon le ministre, Vladimir Poutine a déclaré que les Ghanéens ne pourront plus participer à la guerre, qu'il s'agisse de recrutements irréguliers ou d'engagements volontaires. Cette affirmation n'a pas été confirmée de manière indépendante, et Moscou n'a pas détaillé comment cette interdiction serait appliquée.
Une relation ancienne remise en avant
Les deux pays entretiennent des relations diplomatiques depuis 1958, rappelle la déclaration ghanéenne. Accra souligne aussi que le Ghana figure parmi les pays africains qui envoient le plus d'étudiants en Russie.
Ce rapprochement intervient alors que plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest cherchent à diversifier leurs partenaires. Le Ghana, qui entretient des liens étroits avec les pays occidentaux et les institutions de Bretton Woods, devra concilier ces nouveaux engagements avec ses partenariats existants.
Questions fréquentes
Le Ghana va-t-il construire une centrale nucléaire avec la Russie ? La Russie a accepté de « travailler avec le Ghana » sur un projet de 2 000 MW, selon Accra. Aucun contrat, coût ni calendrier n'a été annoncé.
Que contient l'accord de défense Ghana-Russie ? Seul son objectif a été rendu public : aider le Ghana à acquérir des équipements militaires stratégiques. Le détail n'est pas connu.
Les Ghanéens pourront-ils encore combattre pour la Russie ? Selon le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Vladimir Poutine s'est engagé à ce que ce ne soit plus le cas. Cette déclaration n'a pas été confirmée par Moscou dans les sources consultées.
