Pour la troisième fois, la Russie convie les dirigeants africains à un sommet. Après Sotchi en 2019 et Saint-Pétersbourg en 2023, c'est Moscou qui accueille, les 28 et 29 octobre, le troisième sommet Russie-Afrique, organisé avec un Forum économique et humanitaire. Des chefs d'État ont déjà pris la route, mais la liste complète des participants n'a pas été publiée.
Un sommet coprésidé par Vladimir Poutine et l'Union africaine
Les dates ont été fixées le 7 juillet à Addis-Abeba, lors de consultations entre le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, et le président de la Commission de l'Union africaine, Mahamoud Ali Youssouf, selon une déclaration commune relayée par l'agence TASS. Les deux parties y disaient leur « confiance » dans le fait que le sommet donnerait « un nouvel élan » aux relations entre la Russie et l'Afrique.
La séance plénière du 29 octobre sera coprésidée par Vladimir Poutine et le président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l'Union africaine, a annoncé la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, selon un article publié le 22 octobre. « Nous avons pratiquement atteint la phase finale des préparatifs », a-t-elle déclaré.
Un détail mérite d'être noté : des communiqués antérieurs du Forum de partenariat Russie-Afrique annonçaient un sommet organisé sur le sol africain, rappelle News Ghana. Le choix de Moscou n'a pas été expliqué publiquement.
Au menu : commerce, nucléaire civil et paiements
Selon les informations diffusées par les organisateurs et reprises par la presse, l'ordre du jour couvre :
- le commerce, l'investissement et la sécurité ;
- l'énergie nucléaire civile ;
- des systèmes de paiement indépendants ;
- la sécurité alimentaire ;
- le numérique et l'intelligence artificielle.
Le principal document attendu est un plan d'action Russie-Afrique pour 2027-2029, qui doit succéder à celui de 2023-2026. L'ambassadeur de Russie au Togo, Igor Evdokimov, a cité l'énergie, l'agriculture, le numérique, l'IA et les mécanismes de paiement parmi ses priorités, selon Togo First. Une cérémonie de signature d'accords intergouvernementaux et de contrats commerciaux est prévue, sans que leur nombre ait été annoncé.
Qui sera à Moscou ?
C'est la grande inconnue. À la mi-juillet, « plus de 30 pays » avaient donné leur accord, selon Anatoli Bachkine, directeur du département Afrique subsaharienne du ministère russe des Affaires étrangères, cité par TASS et La Nouvelle Tribune. Maria Zakharova affirme désormais que la plupart des délégations africaines ont confirmé leur venue, mais le Kremlin n'a pas publié de liste officielle.
Quelques départs sont connus. Le président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa a quitté Harare le 24 octobre et participera en tant que président du Marché commun de l'Afrique orientale et australe (Comesa), fonction reprise le 22 octobre au Kényan William Ruto, rapporte The Zambian Observer. William Ruto doit lui-même conduire la délégation kényane, selon le quotidien The Standard.
Le niveau de participation sera scruté. En 2019, à Sotchi, les 54 pays africains étaient représentés, dont 45 par un chef d'État ou de gouvernement. En 2023, à Saint-Pétersbourg, 48 pays avaient envoyé une délégation, mais seulement 17 chefs d'État ou de gouvernement avaient fait le déplacement, selon les chiffres repris par The Standard et pressbee.
Deux lectures opposées de la participation
Côté russe, on accuse l'Occident de pressions. Maria Zakharova a affirmé en septembre que des gouvernements occidentaux poussaient les États africains au boycott, et Sergueï Lavrov a accusé la France de chercher à dissuader des dirigeants africains de venir, selon pressbee. Ces accusations n'ont pas fait l'objet de réponse officielle que nous ayons pu retrouver.
Les promesses du passé sont aussi examinées. En 2019, des accords d'une valeur annoncée d'environ 12,5 milliards de dollars avaient été présentés à Sotchi. Mais plusieurs projets n'ont pas vu le jour : le groupe Uralchem a abandonné en juin 2023 une usine d'urée d'un milliard de dollars en Angola, et aucune preuve vérifiable ne montre que la raffinerie annoncée au Maroc a été construite, selon le bilan dressé par The Standard à partir des données de la Cnuced.
Au Kenya, les familles de recrues veulent être entendues
Le sommet ravive aussi un dossier sensible. Au Kenya, des familles de citoyens recrutés dans l'armée russe pour combattre en Ukraine demandent leur rapatriement, y compris pour ceux dont les contrats ont expiré. Leur porte-parole, Peter Gitau Kamau, estime que « le président est celui qui a le pouvoir et le droit de rencontrer son homologue russe », selon The Standard. L'ambassade du Kenya à Moscou assure de son côté soulever le recrutement irrégulier par les canaux diplomatiques. On ignore si le sujet sera abordé au sommet.
Ce que ça change pour l'Afrique
Pour les pays africains, l'enjeu est concret : énergie, engrais, céréales, formation et financement. Le sommet dira si Moscou peut transformer des relations politiques en échanges et en investissements réels, et combien de dirigeants jugent utile de faire le voyage, dans un contexte de guerre en Ukraine et de concurrence entre partenaires du continent.
FAQ
Quand et où a lieu le sommet Russie-Afrique 2026 ? À Moscou, les 28 et 29 octobre 2026. La séance plénière du 29 octobre est coprésidée par Vladimir Poutine et Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l'Union africaine.
Combien de pays africains participent ? Aucune liste officielle n'a été publiée. Moscou annonçait plus de 30 pays en juillet et affirme que la plupart des délégations ont confirmé.
Que doit adopter le sommet ? Un plan d'action Russie-Afrique pour 2027-2029, ainsi que des accords intergouvernementaux et des contrats commerciaux.
