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Guerres : les attaques contre l'eau ont triplé en cinq ans, alerte l'UNICEF

Par Ibrahime StevePublié le •Actualités•0 vues
attaques contre l'eau UNICEF
4 min de lecture

Le rapport « Water Under Fire » (volume 4), publié le jeudi 5 novembre 2026, couvre la période de janvier 2021 à juin 2026 et recense des attaques dans 23 pays et territoires, selon ONU Info. Le constat est net : les attaques ayant endommagé ou détruit des systèmes d'eau et d'assainissement en zone de conflit ont plus que triplé.

  • 2021 : moins de 45 incidents, dans 8 pays ;
  • 2025 : plus de 135 incidents, dans 15 pays.

Selon RFI, l'UNICEF observe que ces attaques deviennent plus fréquentes, plus variées et touchent des zones plus étendues. L'agence onusienne distingue sept catégories d'atteintes : frappes sur les stations de traitement, les canalisations et les puits, contamination des sources, ou encore blocage des pièces détachées et des produits chimiques nécessaires au traitement de l'eau.

Du Soudan à Gaza, des réseaux à terre

Le rapport s'appuie sur de nombreux exemples, dont plusieurs en Afrique :

  • Soudan : en mars 2024, une seule des 13 stations de traitement de l'eau de l'État de Khartoum fonctionnait pleinement (ONU Info, RFI) ;
  • Burkina Faso : plus de 145 points d'eau détruits lors d'attaques entre 2020 et 2025, privant environ 830 000 personnes d'approvisionnement, dont plus de la moitié d'enfants (RFI) ;
  • Tchad : l'OMS a relié une épidémie d'hépatite E dans les camps de réfugiés de l'Est à la mauvaise qualité de l'eau et de l'assainissement ; sur 2 092 cas suspects enregistrés entre janvier et avril 2024, la moitié concernait des enfants de 6 à 17 ans (RFI).

Hors d'Afrique, plus de 130 kilomètres de canalisations d'eaux usées ont été détruits dans la bande de Gaza depuis octobre 2023. Au Liban, l'ONU a recensé la mort de 14 employés de services d'eau pendant le conflit de 2024 (ONU Info).

Pas besoin de détruire un tuyau pour couper l'eau

Le rapport insiste sur un point souvent ignoré : l'approvisionnement peut s'arrêter même quand les canalisations et les pompes restent intactes. Il suffit de frapper le réseau électrique pour bloquer le traitement et la distribution. En Ukraine, près de 7 millions d'enfants étaient privés d'électricité, de chauffage et d'eau fiables en décembre 2022 en raison des dégâts sur les infrastructures énergétiques, selon RFI.

Ce constat résonne avec la guerre au Soudan, où les Forces de soutien rapide (FSR) frappent depuis le 22 octobre 2026 des dépôts de carburant et des centrales électriques, selon le Critical Threats Project.

Des enfants en première ligne

Sans eau potable, les hôpitaux ne peuvent plus stériliser leur matériel, accoucher les femmes en sécurité ou préparer le lait thérapeutique destiné aux enfants gravement malnutris, souligne ONU Info. Le rapport documente des cas d'enfants tués ou blessés en faisant la queue pour obtenir de l'eau, notamment à Gaza. Les femmes et les filles, souvent chargées de la corvée d'eau, s'exposent sur les longs trajets à des risques accrus, dont les violences sexuelles, et perdent des heures d'école.

Les attaques « privent les enfants d'eau potable et des services essentiels qui dépendent de l'eau pour fonctionner », a déclaré Catherine Russell, directrice générale de l'UNICEF, citée par ONU Info. « Les travailleurs humanitaires font de leur mieux pour maintenir l'eau en circulation malgré la multiplication des attaques », a-t-elle ajouté, avant de rappeler que « les réparations ne peuvent pas remplacer la protection de ces installations, exigée par le droit international humanitaire ».

Un financement très insuffisant

Dans les pays dotés d'une réponse humanitaire coordonnée pour l'eau, l'hygiène et l'assainissement, 137,9 millions de personnes ont besoin d'aide. Or seuls 26 % des fonds nécessaires pour 2026 ont été reçus, selon l'UNICEF.

L'agence appelle les parties aux conflits, les États membres et les bailleurs à :

  1. traiter les systèmes d'eau et d'assainissement comme essentiels à la survie des civils, en particulier des enfants ;
  2. collecter systématiquement des données sur ces attaques ;
  3. protéger les enfants, les communautés et les agents des secteurs de l'eau et de l'énergie ;
  4. garantir un accès sûr et sans entrave aux humanitaires et aux fournitures indispensables ;
  5. investir dans des services résistants aux conflits et soutenir les dispositifs locaux.

Ce que cela change pour l'Afrique

Avec le Soudan, le Burkina Faso ou le Tchad cités dans le rapport, le continent figure parmi les premières victimes de cette tendance. Dans des pays où l'accès à l'eau potable était déjà fragile avant les combats, chaque station détruite se traduit par des épidémies, de la malnutrition et des déplacements de population. Le sous-financement de l'aide, à 26 % des besoins, laisse peu de marge pour réparer.

Questions fréquentes

Que dit le rapport de l'UNICEF ? Que les attaques contre les systèmes d'eau et d'assainissement en zone de guerre ont plus que triplé entre 2021 et 2025, passant de moins de 45 à plus de 135 incidents.

Quels pays africains sont cités ? Notamment le Soudan, le Burkina Faso et le Tchad, parmi 23 pays et territoires couverts par le rapport.

Attaquer l'eau est-il interdit ? L'UNICEF rappelle que la protection de ces installations est exigée par le droit international humanitaire et appelle les belligérants à la respecter.

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