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Autoroute Abidjan-Lagos : le coût ramené entre 10 et 13 milliards de dollars

Par Ibrahime StevePublié le •Actualités•0 vues
autoroute Abidjan-Lagos
3 min de lecture

Le plus grand projet routier d'Afrique de l'Ouest pourrait coûter moins cher que prévu. Le vendredi 30 octobre 2026, la 23e réunion du comité ministériel de pilotage du corridor Abidjan-Lagos s'est tenue à Lomé, au siège de la Banque d'investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC), selon Afrikdepeche et le site officiel République togolaise.

Autour de la table : des représentants ministériels des pays concernés (le Bénin participant à distance), la Commission de la CEDEAO, la Banque africaine de développement (BAD) et l'Autorité de gestion du corridor (ALCoMA).

Un coût revu à la baisse

Le projet avait été initialement évalué à environ 15 milliards de dollars. La fourchette évoquée à Lomé se situe désormais entre 10 et 13 milliards de dollars, selon les options techniques et financières qui seront retenues, rapportent les deux sources.

Le ministre délégué togolais chargé des Travaux publics, Sani Yaya, espère que d'autres économies permettront de réduire encore la facture, selon République togolaise. Le détail des postes d'économie n'a pas été rendu public.

Un millier de kilomètres et cinq pays

Le corridor doit relier Abidjan à Lagos sur environ 1 000 km, en traversant la Côte d'Ivoire, le Ghana, le Togo, le Bénin et le Nigeria. Selon République togolaise, il s'agit d'une autoroute à péage de 4 à 6 voies, jusqu'à 8 voies dans la région de Lagos.

Ses promoteurs y voient un axe stratégique pour le commerce régional :

  • 8 ports côtiers desservis, selon le site officiel togolais ;
  • un accès amélioré pour les pays enclavés, comme le Mali, le Burkina Faso et le Niger ;
  • un maillon de la future route côtière Dakar-Abidjan-Lagos.

Le Togo veut éviter l'effet domino

Lomé a profité de la réunion pour avancer plusieurs propositions. La première vise à confier la libération des emprises, c'est-à-dire l'acquisition des terrains et l'indemnisation des riverains, à l'ALCoMA, avec un financement des bailleurs. L'objectif : éviter qu'un retard dans un seul pays bloque tout le chantier.

« Tant qu'une portion n'est pas construite, nous n'avons pas de corridor », a résumé Sani Yaya, selon République togolaise. Le Togo propose aussi un fonds commun pour mutualiser les recettes de péage entre les tronçons rentables et ceux qui le sont moins.

Il plaide enfin pour achever rapidement l'installation de l'ALCoMA, dont le siège doit être en Côte d'Ivoire, notamment le recrutement de son directeur général. Selon Afrikdepeche, les premiers organes de gouvernance de l'autorité, dont son conseil d'administration, ont déjà été mis en place.

Un calendrier qui reste à confirmer

Selon la BAD, citée par les deux sources, les travaux pourraient démarrer en 2027 pour une durée prévue de quatre ans, avec une mise en service autour de 2031. Ce calendrier reste soumis à la réalisation des étapes préparatoires.

La prudence est de mise : le projet est discuté depuis plus d'une décennie et a déjà connu plusieurs reports. Aucun montant de financement engagé n'a été communiqué à l'issue de la réunion de Lomé. Les échanges ont porté sur la mobilisation des ressources, les études techniques et les besoins de financement pour 2027.

Questions fréquentes

Combien va coûter l'autoroute Abidjan-Lagos ? Entre 10 et 13 milliards de dollars selon les dernières estimations évoquées à Lomé, contre environ 15 milliards initialement.

Quels pays traverse-t-elle ? La Côte d'Ivoire, le Ghana, le Togo, le Bénin et le Nigeria, sur environ 1 000 km.

Quand les travaux doivent-ils commencer ? En 2027 selon la BAD, pour une mise en service vers 2031, sous réserve des étapes préparatoires.

Qu'est-ce que l'ALCoMA ? L'Autorité de gestion du corridor Abidjan-Lagos, chargée de piloter le projet. Son siège doit être installé en Côte d'Ivoire.

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