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Énergie solaire en Afrique : l'AIE relève de 54 % ses prévisions, portée par les toits

Par Ibrahime StevePublié le •Société•0 vues
énergie solaire en Afrique
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Panneaux sur les toits des maisons, des boutiques et des petites usines : en Afrique subsaharienne, la transition énergétique se fait de plus en plus par le bas. C'est le principal enseignement, pour le continent, du rapport annuel Renewables 2026 de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), publié le 6 novembre 2026.

L'agence prévoit désormais que la région ajoute plus de 120 gigawatts (GW) de capacités renouvelables entre 2026 et 2031, rapporte GreentechLead. Cela reviendrait à presque doubler le parc renouvelable actuel de l'Afrique subsaharienne. C'est 33 GW de plus que dans la précédente édition, soit une révision à la hausse de 54 %, précise l'Agence Ecofin.

Le solaire domine, et il s'installe sur les toits

Selon les chiffres de l'AIE relayés par ces deux médias, le solaire photovoltaïque représenterait plus de 80 % des nouvelles capacités, soit plus de 96 GW. L'éolien terrestre ajouterait environ 10 GW et l'hydroélectricité environ 9 GW.

Surtout, près des deux tiers des nouvelles capacités solaires viendraient du solaire « distribué » : les installations sur les toits et les systèmes hors réseau, chez les particuliers, les commerces et les entreprises. C'est ce segment qui explique l'essentiel de la révision : l'AIE a relevé de 42 GW sa prévision pour le solaire distribué.

La raison est connue de tous ceux qui vivent avec les délestages. L'AIE cite, selon Ecofin, une électricité de réseau peu fiable et des pénuries persistantes. Face aux coupures et au coût des groupes électrogènes, de plus en plus de foyers et d'entreprises produisent leur propre courant.

Les grands projets, eux, reculent

Le tableau n'est pas uniformément positif. L'AIE a abaissé de près de 7 GW sa prévision pour les grandes centrales solaires raccordées au réseau, et de 2 GW celle de l'hydroélectricité. En cause, selon Ecofin : un accès limité au financement et des infrastructures de réseau insuffisantes.

Centrale Solaire Afrique

GreentechLead cite aussi d'autres freins : les goulots d'étranglement du transport d'électricité, la faiblesse des recettes des compagnies d'électricité et le manque de financements en monnaie locale. Dans un scénario « accéléré », où les gouvernements investiraient davantage dans les réseaux et réformeraient les appels d'offres et le financement, la région pourrait ajouter 46 % de capacités en plus.

Deux pays concentrent l'essentiel

La croissance reste très concentrée. L'Afrique du Sud et le Nigeria fourniraient plus de 40 % des nouvelles capacités, selon GreentechLead, suivis du Kenya, de l'Éthiopie et de l'Angola. Le Nigeria, l'Afrique du Sud et le Kenya mèneraient aussi le déploiement du solaire distribué.

Le Nigeria pourrait même devenir un petit producteur : sa capacité d'assemblage de modules solaires atteindrait environ 500 mégawatts par an en 2026, puis plus de 1 GW en 2031. L'Angola et l'Éthiopie représenteraient la moitié des nouvelles capacités hydroélectriques.

Les pays d'Afrique francophone ne sont pas cités nommément dans les synthèses du rapport consultées par Splash Media. Mais la dynamique du solaire sur les toits, portée par les coupures de courant, concerne aussi de nombreuses villes d'Afrique de l'Ouest et centrale.

Ce que cela change dans le mix électrique

D'après Ecofin, la part du solaire dans la production d'électricité de l'Afrique subsaharienne passerait d'environ 3 % aujourd'hui à 11 % en 2031. L'éolien atteindrait 7 %, et l'hydroélectricité fournirait encore près d'un tiers de l'électricité.

Ces projections s'appuient sur une base encore modeste. Selon les données de l'Agence internationale pour les énergies renouvelables (Irena) citées par Ecofin, l'Afrique a ajouté en 2025 un record de 11,3 GW de capacités renouvelables. C'est seulement 1,6 % des 693 GW installés dans le monde cette année-là. Le continent totalisait alors environ 82,4 GW de capacités renouvelables.

À l'échelle mondiale, l'AIE prévoit près de 4 800 GW de nouvelles capacités renouvelables entre 2026 et 2031, soit près de 60 % de plus que sur les six années précédentes.

Un enjeu social autant qu'énergétique

Derrière ces gigawatts, il y a des réalités très concrètes : des commerçants qui peuvent garder leur marchandise au frais, des élèves qui révisent le soir, des centres de santé qui conservent leurs vaccins. Mais le solaire sur les toits a un coût d'entrée. Il profite d'abord à ceux qui peuvent investir dans des panneaux et des batteries.

C'est tout l'enjeu des prochaines années : faire en sorte que cette transition « par le bas » ne creuse pas l'écart entre les ménages qui peuvent s'équiper et ceux qui restent dépendants d'un réseau défaillant.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le solaire distribué ? Ce sont les installations solaires de petite et moyenne taille, posées sur les toits ou fonctionnant hors réseau, chez les particuliers, les commerces ou les entreprises, par opposition aux grandes centrales.

Combien de renouvelables l'Afrique subsaharienne va-t-elle installer d'ici 2031 ? Plus de 120 GW entre 2026 et 2031, selon la prévision principale de l'AIE rapportée par GreentechLead, dont plus de 80 % de solaire.

Pourquoi les grandes centrales solaires progressent-elles moins vite ? Selon l'AIE, citée par Ecofin, à cause d'un accès limité au financement et de réseaux électriques insuffisants.

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