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Orpaillage en Guinée : des milliers de Burkinabè refluent vers le Mali

Par Ibrahime StevePublié le •Société•0 vues
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Orpaillage illégal
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Burkinabè expulsés de Guinée
3 min de lecture

Les opérations menées par la Guinée contre l'orpaillage clandestin ont des conséquences au-delà de ses frontières. Des milliers d'orpailleurs burkinabè quittent les zones aurifères guinéennes et transitent par le Mali pour rentrer chez eux, rapporte le Journal du Faso. Le gouvernement burkinabè a annoncé l'envoi d'une délégation ministérielle à Bamako le mercredi 4 novembre 2026.

Des Maliens sont aussi concernés. Plus de 450 orpailleurs burkinabè et maliens ayant quitté la Guinée sont arrivés à Yanfolila, dans le sud du Mali, selon Studio Tamani. Le média ne précise pas la répartition entre les deux nationalités.

Ce que fait la Guinée depuis fin octobre

Depuis le 29 octobre 2026, les autorités guinéennes ont suspendu l'orpaillage artisanal et mené des opérations de sécurisation dans plusieurs zones minières, dont Kouremalé, Djatéla et Bouré-Kourda, indiquent le Journal du Faso et KOACI. Selon le Journal du Faso, ces opérations ont conduit à la destruction de matériel utilisé par les orpailleurs.

Conakry met en avant le renforcement des contrôles administratifs sur le séjour des étrangers et la lutte contre l'exploitation illégale. Studio Tamani rapporte que les autorités guinéennes justifient la suspension par « la dégradation de l'environnement et les atteintes portées aux cours d'eau ».

Le 2 novembre, un communiqué conjoint de cinq ministres guinéens a par ailleurs interdit l'orpaillage anarchique dans la région de Siguiri, avec des contrôles d'identité sur les sites, comme Splash Media l'a détaillé.

Expulsions ou départs forcés ? Les termes diffèrent

Les médias ne décrivent pas la situation de la même manière. KOACI et Studio Tamani parlent de ressortissants « expulsés ». Le Journal du Faso souligne en revanche qu'aucun ordre d'expulsion visant explicitement une nationalité n'a été annoncé : c'est la perte de leurs moyens de subsistance qui aurait poussé de nombreux travailleurs burkinabè à partir.

Les autorités guinéennes n'avaient pas, à notre connaissance, communiqué de bilan chiffré des départs au moment de la rédaction de cet article.

Ouagadougou organise le retour

Le gouvernement burkinabè veut assurer un retour « dans la dignité et la décence », selon le Journal du Faso, et « dans des conditions dignes et sécurisées », selon KOACI. La mission envoyée à Bamako a trois tâches :

  • identifier les ressortissants ;
  • évaluer les besoins immédiats en hébergement et en soins ;
  • organiser le transport vers le Burkina Faso.

Le Mali est au centre du dispositif, car les routes terrestres entre la Guinée et le Burkina Faso le traversent. Dès le soir du 3 novembre, des familles chargées de bagages, à pied ou en tricycle, se dirigeaient vers les services consulaires burkinabè à Bamako, près de l'ancien hôtel Sheraton, pour demander de l'aide et des documents de voyage, rapporte le Journal du Faso.

Mahamadou Sana
Sidwaya

Combien de personnes sont concernées ?

Le chiffre exact reste inconnu. La communauté burkinabè en Guinée est estimée à 45 000 personnes, selon le Journal du Faso, mais le nombre de personnes arrivées au Mali n'a pas été établi. Ni le nombre total de rapatriés ni le calendrier n'ont été communiqués, précise KOACI.

Ouagadougou appelle au calme et met en garde contre les rumeurs et les tentatives de manipulation qui circulent sur les réseaux sociaux.

Un enjeu régional autour de l'or

L'épisode concerne trois pays voisins dirigés par des pouvoirs militaires. Le Burkina Faso et le Mali sont membres de l'Alliance des États du Sahel (AES), dont la Guinée ne fait pas partie. Aucune réaction officielle de Conakry à la mission burkinabè n'avait été rapportée par les médias consultés.

En toile de fond, plusieurs pays de la région cherchent à reprendre le contrôle de la filière aurifère. La Guinée vient d'inaugurer Nimba Gold, sa première raffinerie d'or, et le Burkina Faso dispose de sa raffinerie nationale. Pour les orpailleurs, souvent sans autre source de revenus, ces politiques ont un coût immédiat.

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