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COP31 à Antalya : ce que l'Afrique va réclamer sur le financement de l'adaptation

Par Ibrahime StevePublié le •Société•0 vues
COP31 Afrique
COP31 Afrique
4 min de lecture

Inondations urbaines, saisons des pluies déréglées, érosion côtière : pour les pays africains, s'adapter au changement climatique n'est plus une option. Mais l'argent promis pour y parvenir reste flou. C'est l'enjeu que le continent veut placer au centre de la COP31, qui se tient du 9 au 20 novembre 2026 à Antalya.

COP31 : où, quand et qui préside

Selon Les Dépêches de Brazzaville, la Turquie accueille la conférence et en assure la présidence, tandis que l'Australie dirige les négociations. L'Afrique aura ensuite la main : la COP32 est attribuée à l'Éthiopie, en 2027.

Le continent arrive avec une ligne déjà affichée en septembre à New York, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, lors de la réunion du Comité des chefs d'État et de gouvernement africains sur le changement climatique (CAHOSCC), coordonné par le président kényan William Ruto. Les dirigeants y ont réclamé des financements d'adaptation accessibles, abordables et prévisibles, sans aggraver l'endettement.

La demande du Groupe africain des négociateurs

Fin octobre, le Ghana, qui préside cette année le Groupe africain des négociateurs (AGN), a écrit au secrétaire exécutif de l'ONU Climat, Simon Stiell, rapporte Climate Home News. Il demande l'ajout de trois points à l'ordre du jour de la COP31 :

  • le triplement du financement de l'adaptation ;
  • le commerce et le changement climatique ;
  • les modalités de financement du Fonds vert pour le climat.

Le président de l'AGN, Antwi-Boasiako Amoah, y écrit qu'un point dédié est nécessaire, selon le média spécialisé. Il souhaite aussi relancer une disposition adoptée à la COP19, en 2013, qui prévoyait d'évaluer régulièrement les besoins de financement des pays en développement. Selon lui, aucune évaluation de ce type n'a été faite depuis.

Un triplement promis, mais sans chiffres

À la COP30 de Belém, en 2025, les gouvernements se sont engagés à « au moins tripler » le financement de l'adaptation pour les pays en développement d'ici 2035. Mais l'accord ne précise ni l'année de référence, ni le montant, ni qui doit payer, ni comment les fonds seront versés, souligne Climate Home News.

Les pays les moins avancés, dont beaucoup sont africains, réclament 120 milliards de dollars par an dès 2030, soit cinq ans plus tôt que prévu. Ce montant triplerait un précédent objectif d'environ 40 milliards, attendu pour 2025 et qui n'a probablement pas été atteint. Leur négociateur principal sur la finance climat, Raju Pandit Chhetri, qualifie l'adaptation de dossier « sans domicile » dans les négociations, tout en jugeant difficile d'obtenir un point qui lui soit entièrement consacré.

Des pays riches réticents

La proposition africaine n'a pas encore reçu le soutien formel des autres groupes de pays en développement. Du côté des pays développés, l'Union européenne réaffirme l'objectif de triplement, mais l'inscrit dans le cadre du nouvel objectif collectif de financement adopté à Bakou en 2024. Lors des négociations intermédiaires de Bonn, en juin, l'UE, le Royaume-Uni et le Japon s'étaient opposés à ce que cet objectif soit rattaché à l'objectif mondial sur l'adaptation, estimant que la question du financement devait être discutée ailleurs, rappelle Climate Home News.

Pour Mattias Söderberg, de l'ONG DanChurchAid, la demande africaine va « à coup sûr » susciter le débat et pourrait mener à une bataille sur l'ordre du jour, a-t-il déclaré au média. Le contexte budgétaire n'aide pas : le Royaume-Uni ne versera que la moitié de sa promesse de 1,62 milliard de livres au Fonds vert pour la période en cours, et l'Allemagne comme la France ont réduit leur aide publique au développement.

Des subventions, pas des dettes

Sur le terrain, la société civile pousse dans le même sens. Le 25 septembre à Abidjan, la branche ivoirienne de l'Alliance panafricaine pour la justice climatique (Pacja) a réuni des organisations pour préparer la COP31, selon Fraternité Matin. Son coordinateur national, Dr Yoboué Durand, rappelle que le réseau compte « plus de 2 000 organisations membres réparties dans 54 pays africains ».

Les participants demandent des procédures plus simples, des fonds qui atteignent directement les communautés locales et davantage de dons. « Nous ne sommes pas favorables à des financements qui contribuent à endetter davantage les pays africains », ont résumé plusieurs intervenants. Leurs recommandations doivent être transmises au ministère ivoirien de l'Environnement.

Pourquoi cela compte au quotidien

L'adaptation, c'est le financement des digues, des systèmes d'alerte, des semences résistantes à la sécheresse ou du drainage des villes. Avec une population urbaine en forte croissance, comme le montrait notre article sur l'urbanisation en Afrique d'ici 2050, ces besoins vont augmenter. Le résultat des discussions d'Antalya dira si l'argent suivra.

Questions fréquentes

Quand et où se tient la COP31 ? Du 9 au 20 novembre 2026 à Antalya, en Turquie. La Turquie préside la conférence et l'Australie dirige les négociations.

Que demande l'Afrique ? Un point dédié à l'ordre du jour sur le triplement du financement de l'adaptation, ainsi que des discussions sur le commerce et sur le Fonds vert pour le climat. Le continent réclame des fonds sous forme de dons plutôt que de prêts.

Où aura lieu la COP32 ? En Éthiopie, en 2027.

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