Le Syndicat national de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique (SNESUP) a lancé un mot d'ordre de 120 heures de grève, soit cinq jours, du lundi 26 au vendredi 30 octobre, selon Mali24 et Madar. Le mouvement pourrait être prolongé faute d'accord.
Un mouvement très suivi
La grève touche la quasi-totalité des universités et établissements d'enseignement supérieur, notamment à Bamako, Ségou et Sikasso, rapporte RFI, reprise par allAfrica. Selon des sources syndicales, 80 à 100 % des personnels seraient en grève.
Des enseignants-chercheurs interrogés par RFI jugent ces chiffres soit crédibles, soit exagérés, mais confirment que le mouvement est très largement suivi. Le secrétaire général du SNESUP, Dr Oumar Coulinaly, précise qu'il concerne l'ensemble des institutions d'enseignement supérieur et de recherche, selon Mali24.
Les activités pédagogiques, académiques et administratives sont à l'arrêt. Des milliers d'étudiants se retrouvent dans l'incertitude, avec un risque de perturbation du calendrier universitaire.
Une prime attendue depuis près de dix ans
Au cœur du conflit se trouve la prime de recherche. Un décret adopté en 2017 la prévoit, mais son montant et ses modalités d'application n'ont jamais été fixés, selon RFI et Madar. Le syndicat réclame son paiement ainsi que les arriérés accumulés depuis.
Faute de financement, les enseignants doivent aujourd'hui « mettre la main à la poche » pour mener leurs recherches, explique à RFI Namamoudou Keita, secrétaire administratif du bureau exécutif national du SNESUP.
Selon Madar, les autorités avaient déjà accepté de revoir les grilles salariales et de payer certains arriérés. Mais la prime de recherche reste en suspens, malgré de nouvelles discussions en 2025 qui avaient conduit à suspendre une précédente grève.
Le gouvernement silencieux
Le syndicat affirme avoir interpellé ces derniers mois le gouvernement, le Conseil national de transition (CNT) et la présidence, sans résultat. Depuis le début de la grève, le ministère de l'Enseignement supérieur ne s'est pas exprimé publiquement et n'a, selon le syndicat, pris aucune initiative, rapporte RFI. Sollicité par la radio, il n'a pas répondu.
Le SNESUP se dit ouvert au dialogue avec le gouvernement, selon Madar. Il a aussi mis en garde contre toute tentative de contourner la grève en faisant appel à des enseignants non permanents, indique Mali24.
Un conflit récurrent
Ce n'est pas la première mobilisation des enseignants-chercheurs maliens. L'an dernier, ils avaient déjà observé plusieurs semaines de grève, et les négociations avec les autorités de transition n'avaient pas abouti, rappelle RFI.
L'issue du conflit dépend désormais de la réouverture de négociations entre le syndicat et le gouvernement. À la date de rédaction, aucune annonce n'a été faite sur une prolongation ou une levée du mot d'ordre après le 30 octobre.
FAQ
Qui est en grève ? Les enseignants-chercheurs, à l'appel du SNESUP, dans la quasi-totalité des universités et instituts du pays.
Que réclament-ils ? Le paiement d'une prime de recherche prévue par un texte de 2017, jamais appliquée, et des arriérés correspondants.
Combien de temps dure la grève ? Le préavis porte sur cinq jours, du 26 au 30 octobre 2026, avec une possible prolongation.
