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Sénégal : grève du Sames, les médecins dénoncent des réquisitions « illégales »

Par Ibrahime StevePublié le •Société•0 vues
grève Sames Sénégal
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Le bras de fer se durcit dans le secteur de la santé au Sénégal. Le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (Sames) a mené une grève nationale de 72 heures, du mercredi 28 au vendredi 30 octobre 2026, dans les structures sanitaires publiques. Selon Le Quotidien, les urgences devaient être assurées pendant le mouvement.

Lors d'une conférence de presse à Dakar le 29 octobre, les responsables du syndicat ont accusé les autorités de faire traîner les négociations, rapportent Sud Quotidien, repris par SenePlus, et EnQuête.

« 109 jours » sans réponse, selon le syndicat

Le Sames a déposé sa plateforme revendicative et un préavis de grève le 10 juillet 2026. Il affirme que trois rencontres avec les autorités n'ont rien donné. « Trois rencontres, trois mascarades », a résumé le Dr Ibrahima Sow, chargé de la presse du syndicat, cité par EnQuête. « Depuis 109 jours exactement, c'est le silence total, c'est le mépris, c'est le dilatoire », a-t-il ajouté.

Les principales revendications portent sur :

  • un statut spécial pour le corps médical ;
  • le recrutement des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes dès la fin de leur formation ;
  • un cadre réglementaire pour les promotions et la mobilité ;
  • la révision des textes sur la spécialisation, avec prise en charge des bourses, du logement et des primes ;
  • une pension de retraite équivalant à 80 % du dernier salaire ;
  • un régime indemnitaire aligné sur celui des corps de même niveau.

Le refus des réquisitions

Le point le plus sensible concerne les réquisitions de personnel, procédure qui permet à l'État d'obliger des agents à travailler pendant une grève. Le Sames affirme que des réquisitions ont été effectuées lors de la grève générale menée avec le Front syndical pour la défense du travail (FSDT), du 21 au 23 octobre. Le Dr Ibrahima Sow les qualifie de « sauvages, illégales et abusives ».

« Le SAMES ne reconnaîtra aucune réquisition qui ne respecte pas la procédure légale ! », a lancé le secrétaire général du syndicat, le Dr Diabel Dramé, cité par Sud Quotidien. Le syndicat dit qu'il tiendra pour responsables les chefs de service, directeurs et médecins-chefs qui appliqueraient de telles réquisitions. Le nombre de personnels réquisitionnés et les structures concernées n'ont pas été précisés.

Un licenciement au Coud au cœur de la colère

Le syndicat dénonce aussi le licenciement du secrétaire général de sa section au Centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud), qu'il considère comme une mesure antisyndicale. « Toucher à un secrétaire général de section, c'est toucher à tout le Sames », a déclaré le Dr Ibrahima Sow. Le Sames exige sa réintégration immédiate et annonce qu'il saisira des instances nationales et internationales.

Ce que dit le gouvernement

Les articles consultés ne rapportent pas de réaction officielle à cette grève de 72 heures. Le Quotidien évoque des propos prêtés au ministre de la Santé, qui aurait invité les médecins à chercher du travail à l'étranger. Le Sames les juge « odieux », mais cette déclaration n'a pas pu être vérifiée dans sa formulation exacte.

Avant la grève générale d'octobre, le ministre de la Santé, le Dr Ibrahima Sy, avait défendu son bilan et appelé les syndicats à poursuivre le dialogue, selon Seneweb. Il avait notamment cité 2 500 postes autorisés, l'intégration de 1 111 agents des programmes ISMEA et Teranga pour 7 milliards FCFA, et près de 90 rencontres avec les partenaires sociaux en deux ans.

Et maintenant ?

Le Sames n'a pas annoncé de nouvelle date de grève. Il prévoit des évaluations régulières du mouvement, et son bureau exécutif national décidera des suites. Le dossier s'ajoute aux tensions budgétaires du moment : la loi de finances rectificative 2026 reste bloquée à l'Assemblée nationale.

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