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AGOA : les États-Unis excluent l'Afrique du Sud et le Rwanda à partir de janvier 2027

Par Ibrahime StevePublié le •Actualités•0 vues
AGOA
Cyril Ramaphosa & Donald Trump
4 min de lecture

Les États-Unis vont retirer l'Afrique du Sud et le Rwanda de l'AGOA, la loi qui permet à de nombreux pays d'Afrique subsaharienne d'exporter de nombreux produits vers le marché américain sans droits de douane. L'annonce a été faite le lundi 2 novembre 2026 par le représentant américain au Commerce (USTR), Jamieson Greer, dans un communiqué officiel. La sortie prendra effet le 1er janvier 2027.

Selon ce texte, le président Donald Trump a notifié au Congrès et aux deux gouvernements son intention de mettre fin à leur éligibilité, estimant que leurs pratiques sont « incompatibles » avec les critères du programme.

Ce que Washington reproche à Pretoria et Kigali

La décision fait suite à l'examen annuel de l'éligibilité des pays bénéficiaires, mené par l'USTR. Les griefs ne sont pas les mêmes pour les deux pays :

  • Afrique du Sud : des « barrières qui affaiblissent le commerce et l'investissement américains », la corruption et des pratiques jugées contraires aux intérêts de sécurité nationale et de politique étrangère des États-Unis, selon l'USTR.
  • Rwanda : des barrières au commerce et à l'investissement, des inquiétudes sur l'État de droit, le pluralisme politique, les droits des travailleurs et les droits humains, ainsi que des menaces pour la sécurité nationale et la politique étrangère américaines.

Pour le Rwanda, la mesure intervient environ une semaine après des sanctions du Trésor américain contre le ministère rwandais de la Défense, accusé de soutenir les rebelles du M23 dans l'est de la République démocratique du Congo, rapportent eNCA et le site ghanéen 3News. Kigali dément ce soutien.

Avec l'Afrique du Sud, les relations se sont aussi tendues ces derniers mois. Washington a notamment accusé Pretoria de discriminations envers les Afrikaners blancs, ce que le gouvernement sud-africain rejette, rappelle eNCA.

AGOA

Les réactions en Afrique du Sud et au Rwanda

Un peu plus d'une semaine avant l'annonce, le président Cyril Ramaphosa avait appelé le pays à se « préparer » à une issue défavorable, selon eNCA. D'après le Mail & Guardian, cité par 3News, Donald Trump avait adressé le 28 octobre une lettre à Cyril Ramaphosa lui donnant un préavis de 60 jours.

Le ministère sud-africain du Commerce, de l'Industrie et de la Concurrence affirme avoir proposé des concessions allant au-delà de celles consenties en 2015, et juge « regrettable » que Washington ait soulevé de nouveaux points absents des négociations engagées en 2025, rapporte 3News. Le ministre du Commerce, Parks Tau, a assuré que l'économie resterait stable et que le pays chercherait d'autres marchés, selon eNCA. Les producteurs d'agrumes du Cap-Occidental et du Cap-Nord redoutent, eux, des pertes d'emplois.

Côté rwandais, aucune réaction officielle à la décision sur l'AGOA n'a été trouvée au moment de la rédaction. Avant les sanctions américaines, le ministre des Affaires étrangères Olivier Nduhungirehe avait déclaré à l'AFP que le Rwanda ne devait pas « servir éternellement de bouc émissaire » pour ce qui se passe au Congo, selon eNCA.

L'ambassadeur américain en Afrique du Sud, Leo Brent Bozell III, a qualifié sur X ce résultat de « prévisible et évitable », selon 3News. Jamieson Greer affirme de son côté que l'administration Trump travaille à aider les partenaires africains à remplir les critères, ce qui laisse la porte ouverte à un retour.

Cyril Ramaphosa

Combien pèse l'AGOA pour l'Afrique du Sud

L'Afrique du Sud est le premier bénéficiaire du programme. Selon les chiffres cités par 3News, ses exportations au titre de l'AGOA sont tombées à environ 1,7 milliard de dollars en 2025, contre 4 milliards en 2024 : elles ne représentaient plus qu'environ un dixième de ses ventes aux États-Unis, contre 28 % l'année précédente.

L'AGOA lui-même a connu une année agitée. La loi a expiré le 30 septembre 2025, avant d'être rétablie en février 2026 avec effet rétroactif, puis prolongée jusqu'au 31 décembre 2028 par le Congrès, selon 3News. Mais la loi ne fait que fixer la durée du programme : c'est le président américain qui décide chaque année quels pays y ont droit, avec un préavis de 60 jours au Congrès et au pays concerné, rappelle eNCA.

Ce que ça change pour le reste du continent

Pour les autres pays africains, la décision sonne comme un avertissement. L'éligibilité à l'AGOA n'est pas acquise : elle dépend chaque année de critères économiques, mais aussi politiques et diplomatiques, appréciés par Washington.

Le Ghana, lui, reste éligible cette année, y compris pour le textile et l'habillement, d'après 3News. Selon la même source, sans l'AGOA, les exportations ghanéennes seraient soumises à un droit de douane américain de 15 %, hors produits agricoles exemptés comme le cacao et le thon.

Pour l'Afrique du Sud, l'enjeu est désormais de limiter la casse avant le 1er janvier 2027. Le gouvernement a annoncé un accompagnement des entreprises touchées au cas par cas.

FAQ

Qu'est-ce que l'AGOA ? L'African Growth and Opportunity Act est une loi américaine qui accorde aux pays d'Afrique subsaharienne éligibles un accès sans droits de douane au marché américain pour de nombreux produits.

Quand l'Afrique du Sud et le Rwanda perdront-ils l'AGOA ? Le 1er janvier 2027, selon l'USTR.

Peuvent-ils revenir dans le programme ? Oui en théorie : l'éligibilité est réexaminée chaque année, et l'USTR dit vouloir aider les pays africains à remplir les critères.

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