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Art rupestre : le premier pochoir d'Afrique australe découvert en Afrique du Sud

Par Ibrahime StevePublié le •Découvertes•0 vues
art rupestre
art rupestre Afrique du Sud
4 min de lecture

Elles mesurent à peine 9 centimètres et avaient échappé à tous les relevés précédents. Dans l'abri sous roche de La Rochelle, près de la petite ville de Carolina, dans la province du Mpumalanga (est de l'Afrique du Sud), deux silhouettes peintes en rouge viennent d'être identifiées comme le tout premier exemple d'art rupestre au pochoir connu en Afrique australe.

La découverte est décrite dans un article du South African Archaeological Bulletin, intitulé « First report of stencilled rock art in Mpumalanga, South Africa ». Ses auteurs sont David Pearce, professeur associé au Rock Art Research Institute de l'université du Witwatersrand (Johannesburg), et Kiah Johnson, de l'université de Cambridge. Elle a été relayée fin octobre 2026 par Archaeology News Online Magazine et par Archaeology Magazine.

Deux petites figures humaines « en négatif »

Les deux figures ressemblent à des personnages schématiques, presque des bonshommes en bâton. Ce qui les rend exceptionnelles, ce n'est pas leur sujet mais leur technique. Elles n'ont pas été dessinées au pinceau : elles apparaissent « en réserve », dans un nuage de peinture rouge.

D'après les auteurs, la peinture liquide a été soufflée ou projetée autour d'un gabarit posé contre la paroi, en une seule fois. Indice décisif : la couche de pigment est plus épaisse entre les deux silhouettes et s'estompe progressivement vers l'extérieur, sans contour net, ce qui exclut un tracé au pinceau. Pour mieux lire ces marques à peine visibles, l'équipe a utilisé DStretch, un logiciel de traitement d'image courant en archéologie rupestre, qui accentue les contrastes de couleurs.

« Pendant un moment, je n'étais pas vraiment sûr de ce que je regardais », a confié David Pearce, cité par Archaeology Magazine (traduction de Splash Media). Le chercheur compare la reconnaissance des figures à celle d'une illusion d'optique.

Un gabarit qui reste un mystère

Reste une énigme : quel objet a servi de pochoir ? Contrairement aux célèbres mains négatives des grottes ornées d'Europe ou d'Indonésie, les figures de La Rochelle n'ont pas été obtenues en plaquant une main contre la roche. Il s'agirait plutôt d'un objet fabriqué en forme de silhouette humaine.

Les auteurs avancent plusieurs pistes, sans pouvoir trancher : de la cire d'abeille, de l'argile, du bois ou du cuir.

Un site déjà connu, mais mal regardé

L'abri de La Rochelle n'était pas inconnu des archéologues. Il avait été documenté par Anna Steyn en 1995, puis par Mduduzi Maseko en 2020, sans que ces pochoirs ne soient signalés. Le site abrite par ailleurs des peintures réalisées au pinceau, plus classiques, représentant des bubales, des élands et des êtres d'apparence humaine. Dans cette région de falaises, les peintures rupestres sont rares, souligne Archaeology Magazine.

L'Afrique australe est pourtant l'une des régions du monde les plus riches en art rupestre. David Pearce insiste sur le caractère particulièrement détaillé et élaboré des peintures de la région. C'est ce qui rend l'absence quasi totale de pochoirs aussi intrigante.

Pourquoi si peu de pochoirs en Afrique australe ?

L'équipe propose une hypothèse : la technique du pochoir était peut-être plus répandue qu'on ne le pense, mais appliquée à d'autres supports que les parois rocheuses, comme le corps, les vêtements ou des structures en pierre. Des supports qui, contrairement aux parois des abris, ne laissent généralement aucune trace des siècles plus tard.

Si elle se confirme, cette piste obligerait à revoir l'idée que l'on se fait des pratiques artistiques des anciens peuples de la région. Elle invite aussi à réexaminer, avec des outils numériques, des sites déjà inventoriés.

Une date encore inconnue

L'âge des figures reste indéterminé. Aucune datation directe n'a été réalisée et les pochoirs ne recouvrent aucune autre peinture, et ne sont recouverts par aucune. Impossible donc de dire s'ils sont plus anciens, plus récents ou contemporains des autres œuvres de l'abri. Les sources consultées n'indiquent pas si une datation est prévue.

FAQ

Qu'est-ce que l'art rupestre au pochoir ? C'est une technique qui consiste à projeter ou souffler de la peinture autour d'un objet posé contre la roche. Une fois l'objet retiré, sa forme apparaît « en négatif ».

Où se trouve le site ? Dans l'abri sous roche de La Rochelle, près de Carolina, dans la province du Mpumalanga, en Afrique du Sud.

Quel âge ont ces peintures ? On l'ignore : elles n'ont pas encore été datées.

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