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Saqqarah : la tombe de Weni livre des outils en bronze, peut-être médicaux

Par Ibrahime StevePublié le •Découvertes•0 vues
tombe de Weni Saqqarah
4 min de lecture

La nécropole de Saqqarah n'a pas fini de livrer ses secrets. Le ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités a annoncé fin octobre 2026 la découverte de la tombe d'un dignitaire de l'Ancien Empire nommé Weni, à l'occasion d'une visite du ministre Sherif Fathy sur le chantier, rapporte le magazine Archaeology Magazine.

Une tombe au pied de la pyramide de Mérenrê

La découverte a été faite par une mission égyptienne du Conseil suprême des antiquités, dirigée par Amr El-Tibi, directeur du site archéologique de Saqqarah. Elle se situe dans le sud de Saqqarah, dans le cimetière du roi Mérenrê, au nord-ouest de sa pyramide.

Il s'agit d'un mastaba en briques crues, un type de tombeau rectangulaire, comportant plusieurs puits funéraires. L'un d'eux mène à la chambre funéraire de Weni, dont les inscriptions sont en relativement bon état. Selon le site espagnol La Brújula Verde, la tombe date de la VIe dynastie, à une époque où Mérenrê, fils de Pépi Ier, a régné une dizaine d'années vers 2280 avant notre ère. Ces datations restent approximatives.

Qui était Weni ?

Les murs de la tombe énumèrent ses titres, détaillés par Hisham El-Leithy, secrétaire général du Conseil suprême des antiquités. Les traductions varient selon les médias, mais plusieurs reviennent dans toutes les sources :

  • maire ;
  • prêtre sem, une fonction religieuse liée aux rites funéraires ;
  • trésorier du roi de Basse-Égypte (ou « de la maison du Nord ») ;
  • ami unique du roi, un titre honorifique de cour ;
  • seigneur de la ville d'Elkab, en Haute-Égypte, loin au sud de Saqqarah.

Selon La Brújula Verde, ce Weni est probablement différent de Weni l'Ancien, gouverneur d'Abydos connu pour son autobiographie.

Une première analyse du squelette indique que Weni est sans doute mort après 50 ans. Ses os montrent une maladie des gencives avancée et des signes de contraintes physiques répétées, selon Amr El-Tibi, cité par le site Middle East Observer. L'origine de ces lésions reste inconnue.

Des instruments en bronze qui intriguent

La trouvaille la plus commentée se trouvait dans le puits de Weni : plusieurs instruments en bronze. Mohamed Abdel-Badie, chef du secteur des antiquités égyptiennes, les juge « probablement médicaux » et souligne leur rareté dans un contexte funéraire, selon La Brújula Verde.

La prudence s'impose pourtant :

  • aucune inscription ne présente Weni comme médecin ;
  • des outils miniatures comparables ont été retrouvés dans des tombes de fonctionnaires aux métiers variés, et pourraient avoir une valeur symbolique ;
  • une analyse de l'alliage est prévue, et d'autres recherches seront nécessaires pour établir leur usage, selon les responsables cités par le Middle East Observer.

S'ils étaient bien médicaux, ces outils seraient environ 1 800 ans plus anciens qu'Hippocrate, le « père de la médecine » grec, relève La Brújula Verde.

Deux statuettes en prière et une prêtresse d'Hathor

Dans une petite pièce voûtée située juste au-dessus de la chambre funéraire, les archéologues ont découvert deux statuettes en bois représentées dans une posture d'adoration, une attitude jugée inhabituelle par le ministère. On ignore encore qui elles représentent.

Le même ensemble abritait une fausse porte dédiée à Sekhet-Nebti, une prêtresse d'Hathor, déesse de l'amour et de la musique. Son lien avec Weni n'est pas établi.

Des tombes « perdues » retrouvées par une mission tchèque

Fin octobre, Saqqarah a livré une autre nouvelle. Selon le site Archaeology Wiki, la mission de l'Institut tchèque d'égyptologie, dirigée par Miroslav Bárta, a relocalisé les tombes de Sabou et de Ptahshepses. Fouillées par Auguste Mariette entre 1858 et 1860, elles avaient ensuite disparu sous le sable.

  • La tombe de Sabou mesure environ 54 mètres sur 28, avec des façades imitant les palais royaux.
  • Celle de Ptahshepses couvre plus de 900 m² et abrite un sarcophage en calcaire. Sa momie, épargnée par les pillards de l'Antiquité, indique un décès après 60 ans. Ce haut fonctionnaire a servi quatre rois de la Ve dynastie et est considéré comme le premier non-royal à avoir épousé une princesse égyptienne, Khamaat, fille du roi Ouserkaf.

Saqqarah, un site inscrit à l'UNESCO

Saqqarah fait partie de la nécropole de Memphis, inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1979. Les autorités n'ont pas annoncé l'ouverture au public de la tombe de Weni, précise le Middle East Observer. Pour préparer une visite des sites égyptiens, consultez notre guide du voyage en Égypte.

Saqqarah

FAQ

Qui a découvert la tombe de Weni à Saqqarah ? Une mission égyptienne du Conseil suprême des antiquités, dirigée par Amr El-Tibi. La découverte a été annoncée fin octobre 2026.

Weni était-il médecin ? Rien ne le prouve : aucune inscription ne lui donne ce titre, et l'usage des outils en bronze reste à déterminer.

Peut-on visiter la tombe de Weni ? Pas pour l'instant : aucune ouverture au public n'a été annoncée.

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