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Paranthropus boisei : au Kenya, des empreintes révèlent un cousin de l'humain plus grand

Par Ibrahime StevePublié le •Découvertes•0 vues
Homo erectus
Paranthropus boisei
4 min de lecture

Il y a environ 1,43 million d'années, sur une rive boueuse du lac Turkana, dans le nord du Kenya, un petit groupe a marché dans la même direction, laissant des traces dans la vase. Ces empreintes, figées depuis dans la roche, racontent aujourd'hui une histoire inédite sur l'un des cousins disparus de l'humanité : Paranthropus boisei.

L'étude, publiée fin juillet 2026 dans la revue scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), est menée par Kevin Hatala, anthropologue à l'université Chatham (Pittsburgh) et à l'Institut Max-Planck d'anthropologie évolutionniste, rapporte l'agence Reuters, reprise par CNBC Africa. Elle est cosignée notamment par Kay Behrensmeyer, paléontologue au Muséum national d'histoire naturelle de la Smithsonian, et Neil Roach, de l'université Harvard.

Une découverte de 1978, réexaminée

Les empreintes ne sont pas nouvelles. L'équipe de Kay Behrensmeyer les avait repérées dès 1978 sur le site baptisé GaJi10, sur la rive est du lac Turkana, et y est revenue à plusieurs reprises, précise Popular Science. Ce qui est nouveau, c'est l'analyse détaillée de ces traces.

Les chiffres clés de l'étude, selon les médias cités :

  • 21 empreintes fossiles laissées par 8 individus ;
  • un âge d'environ 1,43 million d'années, établi grâce aux cendres volcaniques présentes dans les roches environnantes ;
  • des individus probablement adultes et de sexe masculin, d'après la taille de leurs empreintes ;
  • d'autres traces sur le site : hippopotames, antilopes et oiseaux échassiers.

Les chercheurs attribuent les empreintes à Paranthropus boisei en se fondant sur la forme du pied et la démarche.

paranthropus boisei kenya

Plus grand qu'on ne le croyait

C'est le premier apport majeur de l'étude. « La taille des empreintes indique des corps de taille humaine, jusqu'à 6 pieds et environ 165 livres », a déclaré Kevin Hatala à Popular Science (propos traduits de l'anglais), soit environ 1,83 mètre et 75 kilos.

« On a longtemps pensé qu'ils étaient plus petits que Homo erectus, leur contemporain », a-t-il expliqué, selon Reuters (propos traduits de l'anglais). Or ces estimations les placent à peu près au même gabarit que Homo erectus, l'espèce de notre lignée qui vivait dans la même région à la même époque.

Paranthropus boisei était connu surtout pour son crâne massif, doté d'une crête osseuse où s'attachaient de puissants muscles masticateurs, et pour ses molaires environ trois fois plus grosses que les nôtres, rappelle Reuters. Son régime pouvait inclure des herbes, des carex, des noix et des graines. L'espèce est apparue il y a environ 2,3 millions d'années et s'est éteinte vers 1,2 million d'années, peut-être sous l'effet du changement climatique et de la concurrence avec Homo erectus.

Un groupe de mâles : que faisaient-ils là ?

Les huit individus semblent avoir marché ensemble, perpendiculairement à la rive, entrant et sortant d'une eau un peu plus profonde. Aucun enfant, aucune femelle apparemment. Que faisaient-ils ?

« Nous ne savons pas ce qu'ils faisaient réellement là », reconnaît Kay Behrensmeyer, citée par Reuters. Les hypothèses vont de la recherche de nourriture ou d'eau à une simple marche commune, en passant par une patrouille. « Une autre possibilité est qu'il s'agissait d'un groupe de mâles célibataires », avance Neil Roach, en comparant avec certains groupes de gorilles. Cela signifierait que les mâles se toléraient, au moins par moments.

Pour Kevin Hatala, ces hominines auraient pu vivre en grands groupes, où les mâles étaient en compétition pour les femelles tout en se tolérant parfois face aux dangers, rapporte le magazine Archaeology. Ces interprétations restent des hypothèses, que d'autres découvertes devront confirmer.

Deux espèces humaines sur la même rive

Le site raconte aussi une cohabitation. Une piste voisine contient à la fois des traces de Paranthropus boisei et d'Homo erectus, ce qui montre que les deux espèces partageaient le même habitat, souligne Popular Science. Une étude de 2024 sur d'autres empreintes avait déjà établi cette coexistence dans la région, rappelle Reuters.

« Nous ne pouvons pas dire comment les deux hominines interagissaient sur ces vasières, mais nous savons qu'ils étaient tous deux là à cette époque », résume Kay Behrensmeyer (Popular Science, propos traduits de l'anglais).

Pourquoi les empreintes sont précieuses

Les os fossiles renseignent sur l'anatomie, mais rarement sur les comportements. Les empreintes, elles, capturent un moment précis. « Ce qui rend les empreintes si particulières scientifiquement, c'est qu'elles préservent un instant », explique Kay Behrensmeyer.

La région du lac Turkana, au Kenya, est l'un des grands sites mondiaux de l'étude des origines humaines. Chaque nouvelle analyse y affine le portrait d'une époque où plusieurs espèces humaines partageaient l'Afrique de l'Est.

Lire aussi : Homo erectus : un crâne adulte de 2 millions d'années découvert en Afrique du Sud

Questions fréquentes

Qui était Paranthropus boisei ? Un hominine, c'est-à-dire un cousin éteint de notre lignée, qui a vécu en Afrique de l'Est entre environ 2,3 et 1,2 million d'années. Il était connu pour son crâne massif et ses très grosses molaires.

Où ont été trouvées ces empreintes ? Sur le site GaJi10, sur la rive est du lac Turkana, dans le nord du Kenya. Elles avaient été découvertes en 1978.

Paranthropus boisei est-il notre ancêtre ? Non. C'est une branche parallèle, contemporaine d'Homo erectus, qui s'est éteinte sans descendance connue.

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