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Chômage des jeunes au Gabon : 30,5 %, la Banque mondiale pointe la formation

Par Ibrahime StevePublié le •Société•0 vues
chômage des jeunes
Taux de chômage
chômage des jeunes au Gabon
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Au Gabon, près d'un jeune sur trois cherche un emploi sans en trouver. C'est l'un des constats de la Note de conjoncture économique du Gabon 2026 de la Banque mondiale, présentée le 27 octobre à Libreville. Son message central : le pays ne manque pas seulement d'emplois, il forme mal ses jeunes à ceux qui existent.

Des chiffres qui inquiètent

La note, publiée par la Banque mondiale, s'appuie notamment sur l'Enquête nationale sur l'emploi et le chômage (ENEC) de 2024. Les principaux indicateurs :

  • Chômage des 15-35 ans : 30,5 %
  • Chômage de l'ensemble de la population active : 17,4 % en 2024
  • Chômage des diplômés de l'université : 25,4 %
  • Salariés surqualifiés pour leur poste : 55,4 %
  • Élèves de 4e année du primaire maîtrisant le minimum en lecture et en mathématiques : 10,1 %

Le diplôme ne protège donc plus vraiment. Un diplômé du supérieur sur quatre est au chômage, et plus de la moitié des salariés occupent un poste qui ne correspond pas à leur niveau d'études.

Une croissance qui ne crée pas assez d'emplois

L'économie gabonaise n'est pourtant pas à l'arrêt. Selon Gabonreview, le PIB a progressé de 3,2 % en 2025 (estimation préliminaire), après 3,4 % en 2024. La pauvreté a reculé de 33,4 % en 2017 à 28,7 % en 2024, soit environ 729 000 personnes sous le seuil national.

Mais cette croissance reste portée par l'investissement public et par le pétrole, qui représente près de 60 % des exportations. La production pétrolière a reculé de 2,9 %. Résultat : l'activité progresse sans absorber le flot de jeunes qui arrivent chaque année sur le marché du travail.

Lors de la présentation, Sylvain Kakou, représentant résident du Groupe de la Banque mondiale, a résumé le problème : il existe selon lui « un décalage entre la formation, les besoins du marché du travail et la création d'emplois », rapporte Gabonreview.

L'école au cœur du problème

Pour la Banque mondiale, tout commence dès le primaire. Lorsqu'à peine un élève sur dix maîtrise les bases en lecture et en calcul, la suite du parcours scolaire en pâtit. Selon Gabonactu, environ 10 % des jeunes seulement s'orientent vers l'enseignement technique et la formation professionnelle, alors que ces filières répondent souvent mieux aux besoins des entreprises.

Le Gabon n'est pas un cas isolé. Selon le rapport Global Employment Trends for Youth 2026 de l'Organisation internationale du travail, cité par Lebrief, 21,6 % des jeunes d'Afrique subsaharienne n'étaient ni en emploi, ni en études, ni en formation en 2025.

Les pistes de la Banque mondiale

La note formule quatre grandes recommandations :

  • Renforcer les compétences de base : meilleure formation des enseignants, matériel pédagogique, accès au préscolaire, filières scientifiques de qualité.
  • Orienter l'enseignement technique vers la demande : associer le secteur privé à la conception des programmes et à l'apprentissage.
  • Structurer l'écosystème des compétences : une stratégie nationale et un cadre national des qualifications.
  • Mieux mesurer : un système d'information sur l'éducation et sur le marché du travail.

La Banque mondiale cite aussi des secteurs porteurs : bois, tourisme, transformation minière, construction, numérique et agriculture.

Le budget 2027 en ligne de mire

Côté gouvernement, plusieurs ministres assistaient à la présentation. Le ministre délégué auprès du ministre de l'Économie, Marc Abeghe, a lié l'enjeu à la dette : « Chaque franc économisé sur le cours de notre dette est un franc que nous pourrons consacrer à nos écoles », a-t-il déclaré, selon Gabonreview. Reste à voir comment ces orientations se traduiront dans le budget 2027.

FAQ

Quel est le taux de chômage des jeunes au Gabon ? 30,5 % chez les 15-35 ans, selon la Banque mondiale, à partir des données de l'enquête nationale de 2024.

Les diplômés sont-ils épargnés ? Non : 25,4 % des diplômés de l'université sont au chômage, et 55,4 % des salariés sont surqualifiés pour leur poste.

Que recommande la Banque mondiale ? Investir dans les apprentissages de base, rapprocher l'enseignement technique des entreprises et se doter d'une stratégie nationale des compétences.

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