La 4e édition du Festival national de la cuisine ivoirienne s'est achevée le 17 octobre 2026 à Kong, dans la région du Tchologo. Bouaké a remporté la catégorie cuisine traditionnelle, Yamoussoukro la cuisine moderne, et le ministre du Tourisme a lancé un « Appel de Kong » pour sauver les saveurs du pays.
Bouaké, Yamoussoukro et San Pedro sur les podiums
Organisé par le ministère du Tourisme et des Loisirs, le festival a réuni à Kong les 16 et 17 octobre les finalistes des 13 régions touristiques du pays, chacune représentée par un candidat en cuisine traditionnelle et un autre en cuisine professionnelle, selon Afrikexpress. Un jury national de sept maîtres cuisiniers était chargé de les départager.
Les résultats, publiés par la RTI :
- Cuisine traditionnelle : 1er Bouaké, 2e Man, 3e San Pedro ;
- Cuisine moderne : 1er Yamoussoukro, 2e San Pedro, 3e Bouaké.
Selon la même source, l'enveloppe totale des prix s'élevait à 10,5 millions de francs CFA : 2 millions pour les premiers, 1 million pour les deuxièmes, 500 000 francs pour les troisièmes et 100 000 francs pour chacun des candidats classés de la 4e à la 13e place. Les médias consultés ne précisent pas, à ce stade, le nom des cuisiniers lauréats ni les plats primés.
L'« Appel de Kong » : filmer, transmettre, protéger
En clôture, le ministre du Tourisme et des Loisirs, Siandou Fofana, a lancé un appel en plusieurs points, rapporte la RTI. Il invite les Ivoiriens à utiliser leur smartphone pour faire connaître les plats authentiques menacés de disparition. Il encourage aussi les jeunes à « se décomplexer et à s'investir dans les métiers de la cuisine ».
« Venir à Kong, c'est venir en pèlerinage. On gagne le cœur par la table », a déclaré le ministre, selon la RTI et Linfodrome. Pour le quotidien, l'objectif est de faire de la cuisine ivoirienne un levier culturel, économique et diplomatique, le socle d'un « soft power » national.
Le maire de Kong, Abdrahamane Berté, a pour sa part qualifié la cuisine de « l'un des patrimoines les plus vivants » et sa préservation de « devoir de transmission », selon la RTI.
Trois chantiers lancés depuis Kong
Le festival a servi de rampe de lancement à trois projets, toujours d'après la RTI :
- un almanach de la cuisine ivoirienne, fondé sur des recherches anthropologiques ;
- un prototype de « Maquis gastronomique ivoirien », qui doit servir de vitrine à la cuisine locale ;
- une démarche vers une appellation d'origine contrôlée (AOC), un label qui protège un produit lié à un terroir.
Ces projets s'inscrivent dans un travail de codification des recettes engagé depuis trois ans. Lors du lancement de l'édition, le 13 août à Abidjan, les organisateurs évoquaient environ 120 fiches techniques en cours de validation, qui précisent ingrédients, quantités, modes de cuisson, présentation et normes d'hygiène, ainsi que 300 cuisiniers et restaurateurs formés, selon Afrikexpress et Koaci. La RTI parle, elle, d'un répertoire d'une cinquantaine de plats, dont 24 fiches techniques finalisées et 6 présentées à Kong. Les deux chiffres ne portent visiblement pas sur le même périmètre, et le ministère ne les a pas encore détaillés publiquement.
« Codifier, c'est protéger notre patrimoine culinaire et lui donner les armes pour conquérir les tables du monde », expliquait en août le commissaire général du festival, Dr Fagama Klo, directeur général du Tourisme et de l'Hôtellerie, cité par Afrikexpress.
La gastronomie au service du tourisme
Le festival s'inscrit dans la stratégie « Sublime Côte d'Ivoire », lancée en 2018, qui vise à faire du tourisme le troisième pilier de l'économie ivoirienne, rappelle Koaci. Après Agnibilékrou en 2023, San Pedro en 2024 et Bouaké en 2025, l'événement a choisi pour 2026 Kong, ville historique du nord du pays, sur le thème « Cuisine ivoirienne : patrimoine culturel et levier d'attractivité touristique ».
Au-delà de la compétition, le programme prévoyait un village du festival, un marché de produits du terroir, une cinquantaine d'exposants, des espaces maquis et restaurants, des spectacles et des soirées gastronomiques. Les organisateurs attendaient environ 5 000 participants ; aucun bilan de fréquentation n'avait été publié au moment de la rédaction.
FAQ
Qui a gagné le Festival de la cuisine ivoirienne 2026 ? Bouaké en cuisine traditionnelle et Yamoussoukro en cuisine moderne, selon la RTI.
Qu'est-ce que l'Appel de Kong ? Un appel lancé par le ministre Siandou Fofana pour valoriser les plats menacés de disparition, notamment grâce aux smartphones, et pousser les jeunes vers les métiers de la cuisine.
Où avait lieu l'édition précédente ? À Bouaké, en 2025.
