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Mali : six mois après son enlèvement, Mountaga Tall reste introuvable, les ONG s'alarment

Par Ibrahime StevePublié le •Politique•0 vues
Mountaga Tall
Mountaga Tall
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Six mois après l'enlèvement de l'avocat et homme politique Mountaga Tall à Bamako, ni lui ni son fils n'ont réapparu. Le 3 novembre 2026, Amnesty International a demandé aux autorités de transition de révéler leur sort, quelques jours après un appel similaire de Human Rights Watch.

Ce que l'on sait de l'enlèvement

Mountaga Tall, avocat de 69 ans et figure de la démocratisation du Mali dans les années 1990, a été enlevé à son domicile de Bamako dans la nuit du 2 au 3 mai 2026. Selon Amnesty International, des hommes armés et cagoulés circulant dans des véhicules sans plaques d'immatriculation l'ont emmené. Un article de RFI, repris par PressAfrik, attribue cette opération à la Sécurité d'État. Les autorités maliennes ne l'ont pas confirmé.

Son fils aîné, Cheick Mamadou Tall, a disparu à son tour le 16 mai. D'après Amnesty, il aurait reçu un appel de son père lui demandant d'apporter des effets personnels. Il est parti les livrer et n'est jamais revenu.

Le contexte des attaques d'avril

L'enlèvement est survenu quelques jours après des attaques de groupes armés dans plusieurs régions du Mali. Le 1er mai, un tribunal militaire de Bamako avait annoncé une enquête sur les attaques du 25 avril et indiqué que plusieurs personnes, dont des responsables politiques et des militaires, avaient été arrêtées, rappelle Amnesty International.

Quelques jours après la disparition de Mountaga Tall, une vidéo a montré un ancien militaire l'accusant d'être impliqué dans ces attaques. Depuis, ni l'avocat ni son fils n'ont été inculpés ni présentés à un juge, selon l'ONG.

Quatre autres militants réapparus devant un juge

D'autres militants pro-démocratie arrêtés en mai ont, eux, refait surface. Youssouf Daba Diawara, Aboubacar Soumaré, Moussa « Abba » Djiré et Ibrahima Tamega ont été présentés à un juge le 20 octobre, selon RFI. Ils sont poursuivis pour « atteinte au crédit de l'État », « association de malfaiteurs » et « tentative de déstabilisation », sans que les faits précis soient connus.

Selon leurs proches, cités par RFI, ces quatre hommes sont amaigris, certains traumatisés, et n'avaient pas encore eu accès à un médecin.

Ce que demandent les ONG

Amnesty International réclame :

  • la révélation immédiate du sort et du lieu de détention des deux hommes ;
  • une preuve de vie et un accès à leur famille, à leurs avocats et à des médecins ;
  • leur présentation à un juge avec notification des charges, ou à défaut leur libération ;
  • une enquête indépendante et transparente sur leur disparition.

Human Rights Watch, dans un communiqué du 30 octobre cité par RFI, s'alarme : « Chaque jour qui passe sans nouvelles fait craindre pour leur sécurité. » L'ONG inscrit ces disparitions dans une répression plus large contre l'opposition, les médias et les voix dissidentes.

D'autres instances se sont déjà mobilisées : la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples dès le 16 mai, la Conférence internationale des barreaux le 26 mai, puis le Comité des Nations unies sur les disparitions forcées en juillet, selon Amnesty. Les avocats de la famille ont saisi la justice malienne.

Le silence des autorités

Depuis six mois, aucune information officielle n'a été communiquée sur le sort de Mountaga Tall, que ce soit par la justice malienne ou par un responsable politique ou sécuritaire, souligne RFI. Les demandes de clarification d'Amnesty sont restées sans réponse, selon l'ONG. Si les autorités de transition s'expriment sur le dossier, cet article sera mis à jour.

Qui est Mountaga Tall ?

Ancien ministre et dirigeant du Congrès national d'initiative démocratique (CNID), Mountaga Tall a contesté ces dernières années devant les tribunaux la dissolution des partis politiques décidée par les autorités militaires. Il a aussi défendu l'ancien Premier ministre Moussa Mara, détenu un an pour un message critique publié sur les réseaux sociaux, rappelle RFI.

Au pouvoir depuis plus de six ans sans élections, la junte a suspendu des médias, dissous des organisations de la société civile et aboli le multipartisme, selon Human Rights Watch.

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