À l'approche des fêtes de fin d'année, les salons de coiffure tournent à plein régime et les tresses, nattes et extensions reviennent en force. Deux enquêtes publiées en 2026 aux États-Unis invitent pourtant à regarder de plus près ce que contiennent les fibres posées sur le cuir chevelu pendant des semaines.
Ce qu'a trouvé l'étude du Silent Spring Institute
Le 11 février 2026, des chercheurs du Silent Spring Institute, un organisme à but non lucratif du Massachusetts spécialisé dans les causes environnementales du cancer, ont publié dans la revue Environment & Health l'analyse de 43 produits d'extensions capillaires. Les échantillons, synthétiques ou d'origine naturelle comme les cheveux humains, avaient été achetés dans des magasins de Houston, au Texas, et en ligne, précise Gizmodo.
Les principaux résultats, relayés par l'agence HealthDay :
- plus de 900 signatures chimiques détectées et 169 substances identifiées ;
- 48 substances figurant sur des listes officielles de produits dangereux, dont 12 classées par la Proposition 65 californienne comme cancérogènes ou toxiques pour la reproduction ;
- 17 substances liées au cancer du sein ;
- des retardateurs de flamme, des phtalates, des pesticides, du styrène et des organoétains, des composés à base d'étain utilisés pour stabiliser les plastiques.
Seuls deux produits sur 43 ne contenaient aucune substance dangereuse. Selon Gizmodo, il s'agissait de produits étiquetés « nontoxic » et « toxic-free ». HealthDay souligne à l'inverse que d'autres produits présentés comme « non toxiques » contenaient bien des substances préoccupantes : une mention sur l'emballage ne suffit donc pas.
« Nous avons été particulièrement surpris de trouver des organoétains », a déclaré l'autrice principale, Elissia Franklin, citée par HealthDay. Ces composés sont associés à des irritations cutanées, une plainte fréquente chez les utilisatrices d'extensions. Les sources divergent sur leur fréquence : « près de 10 % des échantillons » selon HealthDay, dix produits selon Gizmodo.
Le plomb détecté par Consumer Reports
Quelques jours plus tard, le 24 février 2026, l'association américaine de consommateurs Consumer Reports (CR) a publié une seconde enquête sur les mèches à tresser, après une première série de tests en 2025. Elle a analysé trois échantillons de 30 produits de 29 marques, soit 90 échantillons au total.
Du plomb a été détecté dans 29 produits sur 30. Tous contenaient des composés organiques volatils, dont l'acétone, irritante pour les voies respiratoires, ainsi que de faibles quantités de substances cancérogènes. Les mèches en cheveux humains présentaient des taux de plomb nettement plus élevés que les autres catégories. CR ne précise pas, dans son communiqué, les concentrations mesurées.
Pourquoi les femmes noires sont les plus exposées
Selon HealthDay, plus de 70 % des femmes noires américaines ont porté des extensions au cours de l'année écoulée, contre moins de 10 % des femmes d'autres groupes. « C'est une industrie qui a longtemps négligé la santé des femmes noires », a déclaré Elissia Franklin. Nous n'avons pas trouvé d'analyses équivalentes publiées sur les mèches vendues en Afrique.
Selon HealthDay, les substances peuvent passer par la peau, puisque les extensions restent au contact du cuir chevelu et de la nuque pendant des semaines, et être libérées dans l'air lors du coiffage à la chaleur, puis inhalées.
Les bons réflexes avant de se faire tresser
Les études ne permettent pas d'éviter totalement l'exposition, mais quelques précautions de bon sens découlent de leurs constats :
- se méfier des allégations : selon les deux enquêtes, des produits affichant des mentions de sécurité ou de qualité contenaient aussi des contaminants, parfois à des niveaux plus faibles ;
- limiter la chaleur sur les fibres synthétiques, qui favorise l'émission de substances dans l'air ;
- aérer les salons et les pièces où l'on coiffe ;
- surveiller son cuir chevelu : démangeaisons, rougeurs ou boutons persistants justifient de retirer les mèches.
Selon Gizmodo, les chercheurs ont observé qu'un prélavage des mèches synthétiques au vinaigre de cidre, un remède maison répandu, réduisait ou éliminait les composés à base d'étain. Ce résultat ne concerne pas les autres substances détectées.
En cas d'irritation, de démangeaisons persistantes ou de chute de cheveux, il est conseillé de consulter un dermatologue ou un professionnel de santé.
FAQ
Les mèches à tresser contiennent-elles des produits toxiques ? Une étude du Silent Spring Institute a détecté des substances dangereuses dans 41 produits d'extensions sur 43, et Consumer Reports a trouvé du plomb dans 29 produits de mèches sur 30.
Les mèches en cheveux naturels sont-elles plus sûres ? Pas forcément : selon Consumer Reports, les mèches en cheveux humains présentaient même des taux de plomb plus élevés que les autres.
Comment limiter les risques ? Se méfier des allégations « non toxique », limiter la chaleur, aérer et retirer les mèches en cas d'irritation, puis consulter un professionnel de santé.
