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Midterms 2026 : ce que les élections américaines du 3 novembre changent pour l'Afrique

Par Ibrahime StevePublié le •Politique•0 vues
midterms 2026 Afrique
4 min de lecture

Donald Trump n'est pas candidat, mais ces élections de mi-mandat (« midterms ») font figure de référendum sur sa présidence. Et pour l'Afrique, l'enjeu est concret : c'est le Congrès qui vote le budget de l'aide, renouvelle les accords commerciaux et contrôle l'usage de la force militaire.

Ce qui est en jeu ce mardi

Selon Toute l'Europe, le scrutin concerne :

  • les 435 sièges de la Chambre des représentants, élus pour deux ans ;
  • 35 des 100 sièges du Sénat, dont deux élections partielles en Floride et dans l'Ohio ;
  • 39 postes de gouverneurs (36 États et trois territoires), ainsi que de nombreux élus locaux.

Les républicains contrôlent aujourd'hui les deux chambres : 218 sièges contre 214 à la Chambre, et 53 sièges sur 100 au Sénat. Les démocrates doivent gagner au moins quatre sièges au Sénat pour y devenir majoritaires ; à la Chambre, il leur en faut trois ou quatre selon les décomptes.

Que disent les sondages ?

Les enquêtes sont favorables à l'opposition, sans rien garantir. Un sondage Reuters/Ipsos réalisé du 16 au 19 octobre donnait 47 % d'intentions de vote démocrates pour la Chambre, contre 35 % aux républicains. Selon la moyenne de NBC News citée par l'agence ANI (The Tribune), la cote d'approbation de Donald Trump s'établit à 38 %, contre 60 % d'opinions défavorables.

Au Sénat, des sondages New York Times/Siena publiés à la veille du vote placent les démocrates en tête dans plusieurs États tenus par les républicains, comme le Maine, le Texas, l'Ohio ou le Kansas, et au coude-à-coude en Iowa. Ces mêmes enquêtes notent toutefois que les électeurs décidés au cours du dernier mois penchent pour les républicains. Autre inconnue : l'effet des nouvelles cartes électorales, redessinées depuis 2025 par plusieurs États républicains puis démocrates, qui ont rendu certaines circonscriptions très disputées, selon Toute l'Europe.

L'AGOA, premier dossier sur la table

Pour les exportateurs africains, le sujet le plus urgent est l'AGOA, la loi qui offre un accès sans droits de douane au marché américain pour plus de 1 800 produits. Après avoir expiré le 30 septembre 2025, elle a été prolongée d'un an seulement, de manière rétroactive, jusqu'au 31 décembre 2026, selon African Business. Elle comptait 32 pays bénéficiaires lors de son expiration.

Autrement dit, son sort se jouera dans les semaines qui suivent le scrutin : soit le Congrès sortant la renouvelle avant le 31 décembre, soit le nouveau Congrès, qui siégera début janvier 2027, héritera du dossier. Le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, a prévenu que l'AGOA « du XXIe siècle doit exiger davantage de nos partenaires commerciaux ». Le chercheur Landry Signé (Brookings) estimait, lui, qu'une prolongation si courte « entretient l'incertitude et décourage l'investissement de long terme ».

Aide, visas, expulsions : le rôle de contre-pouvoir

Dans un éditorial repris par AllAfrica, le quotidien nigérian Premium Times rappelle d'autres dossiers où le Congrès a pesé. Selon le journal, une tentative de récupérer des fonds non dépensés du programme anti-sida PEPFAR a échoué grâce à des défections républicaines. L'éditorial évoque aussi les restrictions de voyage ou les cautions de visa visant, selon lui, 36 des 54 pays africains, ainsi que les pressions exercées sur des États africains pour accueillir des personnes expulsées des États-Unis.

Le journal, qui assume une préférence pour une majorité démocrate, souligne enfin que les pouvoirs de guerre du Congrès encadrent les interventions militaires américaines, en citant les frappes menées dans le nord-ouest du Nigeria. Ces éléments relèvent d'une analyse éditoriale et sont présentés comme tels.

L'administration Trump présente pour sa part ses choix commerciaux comme une exigence de réciprocité, à l'image de la déclaration de Jamieson Greer citée plus haut ; une majorité républicaine lui permettrait de poursuivre cette ligne sans blocage parlementaire.

Ce qu'il faut surveiller pour l'Afrique et la diaspora

Une Chambre démocrate pourrait compliquer le vote des lois et du budget et multiplier les enquêtes parlementaires sur l'exécutif, note Toute l'Europe. Un Sénat démocrate pourrait bloquer certaines nominations. À l'inverse, des majorités républicaines consolidées laisseraient davantage de marge à la Maison-Blanche sur les droits de douane, l'aide et l'immigration.

Pour la diaspora africaine installée aux États-Unis, les questions de visas, de statut migratoire et de transferts d'argent dépendront aussi de l'équilibre qui sortira des urnes. Les premiers résultats sont attendus dans la nuit du 3 au 4 novembre (heure de l'Afrique de l'Ouest), mais certains sièges serrés pourraient prendre plusieurs jours à être départagés.

Questions fréquentes

Que sont les midterms ? Ce sont les élections organisées tous les deux ans, au milieu du mandat présidentiel. Elles renouvellent toute la Chambre des représentants, un tiers du Sénat et de nombreux gouverneurs.

L'AGOA est-elle menacée ? Elle reste en vigueur jusqu'au 31 décembre 2026. Son renouvellement dépendra du Congrès et des négociations avec la Maison-Blanche.

Quand connaîtra-t-on les résultats ? Les premières tendances tombent dans la nuit qui suit le vote du 3 novembre. Les courses les plus serrées peuvent nécessiter plusieurs jours de dépouillement.

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