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Pôle pénal économique et financier : le ministre de la Justice dément Jeune Afrique

Par Ibrahime StevePublié le •Politique•0 vues
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PPEF
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3 min de lecture

Le gouvernement ivoirien a répondu en moins de vingt-quatre heures. Dans son édition du vendredi 30 octobre 2026, Jeune Afrique a fait état d'un présumé réseau de corruption et d'extorsion au sein du Pôle pénal économique et financier (PPEF), la juridiction spécialisée d'Abidjan dans la délinquance financière. Dès le lendemain, le ministère de la Justice et des Droits de l'homme publiait un démenti, rapporte l'Agence ivoirienne de presse (AIP).

Ce dossier touche une institution au cœur de la lutte contre la criminalité financière en Côte d'Ivoire. Les faits allégués n'ont pas été établis par la justice, et les personnes évoquées bénéficient de la présomption d'innocence.

Ce que rapporte Jeune Afrique

Selon le résumé qu'en fait Connectionivoirienne, le magazine évoque un réseau qui aurait « monnayé des décisions judiciaires », qu'il s'agisse de condamnations ou de remises en liberté, dans des dossiers financiers.

Toujours selon ce compte rendu, l'affaire serait partie de services américains, alertés par des escroqueries visant des ressortissants des États-Unis dans des dossiers instruits par le PPEF. Ils auraient transmis des éléments aux autorités ivoiriennes. Une enquête de la gendarmerie aurait été ouverte, et un informateur gravitant autour du PPEF aurait été incarcéré le 27 octobre. Le nom d'un juge d'instruction serait apparu, ce qui « ne préjuge toutefois pas de sa responsabilité », précise Connectionivoirienne.

D'autres éléments sont évoqués, comme une perquisition dans une clinique de Cocody et des comptes bancaires à Dubaï, Genève et Maurice. Aucun de ces faits n'a été confirmé par une source officielle à ce stade.

Le démenti du garde des Sceaux

Dans un communiqué daté du samedi 31 octobre, le ministre de la Justice, Jean Sansan Kambilé, affirme que ces accusations « ne reposent sur aucun fondement », selon l'AIP. Il avance plusieurs arguments :

  • aucun service américain n'a saisi l'État ivoirien d'une telle affaire ;
  • aucune enquête de la gendarmerie ne vise des membres du PPEF sur la base d'informations du FBI ;
  • la présence d'agents du FBI au PPEF s'explique par une coopération judiciaire.

Selon le ministère, cette coopération prend la forme d'une « task force » réunissant enquêteurs du PPEF, procureurs américains et agents du FBI. Elle cible la sextorsion et le blanchiment d'argent, et aurait permis de juger et condamner à de lourdes peines des auteurs d'arnaques visant des victimes américaines, dont certaines se sont donné la mort.

Des questions encore ouvertes

Le communiqué salue aussi le rôle du PPEF dans la sortie de la Côte d'Ivoire de la liste grise du Groupe d'action financière (GAFI). Il ne répond toutefois pas en détail à tous les points rapportés par Jeune Afrique, relève Connectionivoirienne.

Le site cite notamment l'incarcération présumée d'un informateur le 27 octobre, la perquisition évoquée à Cocody ou l'audition envisagée d'un magistrat. Il souligne que cette absence de réponse ne confirme pas ces faits, mais laisse ouverte la possibilité d'une procédure distincte, sans lien avec les services américains. Une communication du parquet permettrait de clarifier la situation, estime le média.

Une institution sous les projecteurs

Le PPEF est chargé des affaires de corruption, de blanchiment et de cybercriminalité financière. Son action est régulièrement mise en avant par les autorités dans le cadre des engagements de la Côte d'Ivoire auprès du GAFI.

À ce stade, ni Jeune Afrique ni le ministère n'ont annoncé de suite judiciaire liée à ces publications, selon les sources consultées. Splash Media suivra l'évolution du dossier.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le PPEF ? Le Pôle pénal économique et financier est une juridiction spécialisée d'Abidjan qui traite les affaires de délinquance économique et financière, comme la corruption ou le blanchiment.

Que reproche Jeune Afrique au PPEF ? Le magazine évoque un présumé réseau de corruption et d'extorsion qui aurait monnayé des décisions judiciaires. Ces faits ne sont pas établis.

Que répond le gouvernement ? Le ministre de la Justice affirme que les accusations sont sans fondement et que la présence du FBI relève d'une coopération judiciaire contre la sextorsion et le blanchiment.

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