Environ 29,2 millions d'électeurs inscrits sont appelés aux urnes ce mercredi 4 novembre 2026 en Afrique du Sud pour renouveler l'ensemble des conseils municipaux. C'est le premier scrutin local depuis la formation, en 2024, du gouvernement d'unité nationale (GNU), qui associe l'ANC du président Cyril Ramaphosa et l'Alliance démocratique (DA), son principal rival.
Le vote a déjà commencé pour une partie des électeurs : la Commission électorale indépendante (IEC) a approuvé 2 655 067 demandes de vote spécial, organisées les lundi 2 et mardi 3 novembre, soit une hausse de 131 % par rapport à 2021, selon l'agence gouvernementale SAnews. Parmi elles, 678 525 visites à domicile, destinées en grande majorité aux électeurs de 60 ans et plus.
Un scrutin aux dimensions nationales
Les Sud-Africains élisent les conseils des 8 métropoles et des 205 municipalités locales, ainsi qu'une partie des sièges des conseils de district. Au total, 10 526 sièges sont en jeu, dans 4 488 circonscriptions (wards), selon la synthèse de Wikipédia fondée sur les données de l'IEC. Les bureaux de vote ouvrent de 7 h à 21 h, heure locale.
Le mode de scrutin est mixte : dans les métropoles et les municipalités locales, la moitié des conseillers est élue au scrutin majoritaire dans les circonscriptions, l'autre moitié à la proportionnelle. Ce sont ensuite les conseils qui élisent les maires, d'où l'importance des négociations d'après-scrutin.
Ce que disent les sondages
Le dernier baromètre Pulse of the People de l'institut Ipsos, réalisé du 12 septembre au 13 octobre et publié le 31 octobre par The National, donne au niveau national :
- ANC : 30 % ;
- DA : 28 % ;
- MK (uMkhonto weSizwe, le parti de l'ancien président Jacob Zuma) : 12 % ;
- EFF (Combattants pour la liberté économique) : environ 10 % ;
- ActionSA et IFP : 4 % chacun.
En 2021, l'ANC avait obtenu environ 45,6 % des voix aux municipales, déjà son plus mauvais score à un scrutin local depuis la fin de l'apartheid. MK, créé fin 2023, se présente pour la première fois à un scrutin local. D'autres instituts publient des chiffres différents : un sondage cité par la Fondation Friedrich Naumann place par exemple la DA nettement devant l'ANC à Johannesburg. Ces enquêtes restent des estimations, et la participation sera décisive.
La bataille des métropoles
Selon Ipsos, la DA devance l'ANC à Johannesburg (30 % contre 27 %) et à Tshwane, la région de Pretoria (34 % contre 31 %). Elle reste largement en tête au Cap (51 %). À eThekwini (Durban), MK domine avec 47 %, devant la DA (21 %) et l'ANC (10 %). À Ekurhuleni, Buffalo City et Mangaung, l'institut voit l'ANC en tête, mais pas forcément majoritaire.
« La plupart des zones métropolitaines, sinon toutes, devraient nécessiter des gouvernements de coalition », a estimé Mari Harris, analyste politique d'Ipsos, citée par The National. Johannesburg, capitale économique du pays, n'a plus eu de majorité absolue depuis 2016, rappelle la Fondation Naumann. La DA y présente Helen Zille, figure historique du parti, comme candidate à la mairie.
Méfiance et services publics au cœur du vote
Le scrutin se joue largement sur la qualité des services municipaux et la gestion des finances locales. Toujours selon Ipsos, 68 % des électeurs inscrits estiment que « les politiciens ne sont pas dignes de confiance » et 53 % des électeurs potentiels disent qu'aucun parti ne représente leurs opinions. Pour Mari Harris, « les électeurs sont déçus, désabusés et frustrés » par la qualité des services.
La campagne a aussi été marquée par une bataille judiciaire : à la mi-octobre, la Cour constitutionnelle a ordonné à l'IEC de réintégrer 181 candidats de l'ANC, écartés après que le parti a manqué la date limite de dépôt des listes dans six municipalités, rapporte The Rio Times. Fin octobre, l'armée avait par ailleurs été déployée face à des violences xénophobes dans la région de Durban, comme l'a rapporté Splash Media.
Pourquoi l'Afrique regarde ce scrutin
L'Afrique du Sud est l'économie la plus industrialisée du continent et Johannesburg en est la principale place d'affaires. La stabilité de sa gestion municipale pèse sur l'accueil des investisseurs, mais aussi sur la vie de nombreux travailleurs venus d'autres pays du continent, notamment du Zimbabwe ou du Mozambique, souvent exposés aux discours anti-migrants en période électorale.
Un recul marqué de l'ANC pourrait par ailleurs fragiliser l'équilibre du GNU à Pretoria, à un an de la conférence élective du parti prévue en décembre 2027. Les résultats seront publiés au fil du dépouillement sur le site de l'IEC, et une période de tractations pour former des coalitions est attendue dans la foulée.
FAQ
Quand ont lieu les municipales en Afrique du Sud ? Le mercredi 4 novembre 2026, avec des votes spéciaux les 2 et 3 novembre.
Combien d'électeurs sont inscrits ? Environ 29,2 millions, soit 65 % des 44,9 millions de Sud-Africains en âge de voter, selon Ipsos.
Qui est favori ? Aucun parti n'est assuré d'une majorité nationale : Ipsos place l'ANC (30 %) et la DA (28 %) au coude-à-coude, et prévoit des coalitions dans la plupart des métropoles.
